Trump renonce à sa plainte contre le fisc américain dans des conditions troubles


Donald Trump a renoncé à sa plainte de 10 milliards de dollars contre le service des impôts américain, l’Internal Revenue Service (IRS), selon un document judiciaire déposé lundi.

La plainte de Trump visant l’IRS a été retirée sans que les modalités de ce retrait aient été communiquées, notamment sur la question de savoir si les parties sont parvenues à un accord. La Maison-Blanche n’a pas répondu aux demandes de commentaires formulées par Reuters.

Trump se venge depuis son retour au pouvoir

Trump, ses fils adultes Donald Trump Jr. et Eric Trump, ainsi que la Trump Organization, ont intenté un procès contre l’IRS en janvier, soutenant que l’administration aurait dû prendre davantage de mesures pour empêcher un ancien sous-traitant de divulguer leurs déclarations fiscales aux médias pendant le premier mandat du président.

Trump affirme depuis longtemps que ses adversaires politiques ont fait de l’administration américaine une arme utilisée contre lui, d’où son recours à la justice pour obtenir réparation et indemnisation depuis son retour à la Maison-Blanche l’année dernière.

Charles Littlejohn au cœur de l’affaire

Cette affaire trouve son origine dans la divulgation, par Charles Littlejohn, ancien sous-traitant de l’IRS, des déclarations fiscales de Trump à divers médias, notamment le New York Times et ProPublica, en 2019 et 2020. Ces déclarations ont révélé que Trump n’avait payé que peu ou pas d’impôt sur le revenu pendant de nombreuses années, comme l’a rapporté le Times en 2020.

En 2023, le parquet a inculpé Littlejohn pour avoir divulgué aux médias les déclarations fiscales de Trump et de milliers d’autres Américains fortunés, affirmant qu’il agissait dans un but politique. Littlejohn a par la suite plaidé coupable de divulgation abusive et un juge l’a condamné à cinq ans de prison. Trump a intenté cette action en justice à titre personnel, et non en sa qualité officielle de président.

Un président qui poursuit sa propre administration?

Le litige opposant le président à l’IRS a soulevé des questions juridiques inédites, notamment en matière de conflits d’intérêts, quant à savoir si un président peut poursuivre son propre gouvernement. En vertu de la Constitution américaine, les tribunaux fédéraux ne peuvent connaître que des litiges réels opposant des parties ayant des intérêts contradictoires quant à l’issue de l’affaire.

La juge Kathleen Williams, de la Cour fédérale de district de Miami, chargée de l’affaire Trump, a écrit le mois dernier qu’il n’était pas certain que les parties au litige soient “véritablement opposées l’une à l’autre”. Elle avait fixé une audience au 27 mai afin d’entendre les arguments visant à déterminer si elle devait classer l’affaire pour ce motif.

Lundi 18 Mai 2026
7sur7.be