Troisième vague du coronavirus au Sénégal : Qu’est-ce qui explique la tendance baissière de ces derniers jours ?

L’arrivée du variant Delta au Sénégal a fait prendre conscience à tous ceux qui croyaient que le coronavirus était à l’article de la mort. Cette souche, qui a été signalée pour la première fois en Inde, a montré qu’il n’était pas fait du même bois que le virus apparu à Wuhan. Les chiffres consultés par Dakaractu le montrent à suffisance. Du 30 juin au 17 août, le Sénégal, c’est-à-dire un mois 17 jours, le Sénégal a déclaré 27 874 cas positifs à la Covid-19. C’est à peu près le même nombre enregistré entre le 2 mars 2020 et le 4 février 2021 (11 mois). Pendant cette période, les contaminations s’élevaient à 27 733.


Delta contamine 27 000 personnes en 47 jours

Cette contagiosité impressionnante du variant Delta a été rapportée par des scientifiques sénégalais qui, dès l’entame de la troisième vague ont informé que la proportion était d’un tiers des nouvelles contaminations. Un pourcentage qui a pris l’ascenseur quelques jours après pour atteindre 7/10. Une tendance suivie par la létalité puisqu’entre le 30 juin et le 17 août, le coronavirus a été la cause officielle de 459 décès, c’est-à-dire une moyenne de 9 morts par jour dans cet intervalle qui a été celui des records. En effet, le pic de contamination journalière a été atteint dans cette période avec 1 722 cas positifs le 18 juillet. Même constat pour les décès qui sont allés jusqu’à 31 en 24 heures.

Cette augmentation vertigineuse des contaminations accompagnée de dizaines de décès par jour a installé la peur panique dans la population. Comme dans chaque chose malheur est bon, la campagne de vaccination qui trainait le pas a reçu un coup de fouet. Réticents au début en raison des « faknews » véhiculés sur les vaccins anti-covid, beaucoup de sénégalais ont vite fait de changer d’avis. Les chiffres du ministère de la Santé consultés à Dakaractu en témoignent. Ces 47 derniers jours, le nombre de personnes vaccinées est de 592 694 alors que ceux qui ont reçu au moins une dose sont dénombrés à 1 118 086 à la date du 17 août. Concrètement, cela signifie plus de personnes vaccinées en un peu plus d’un mois qu’en 150 jours.

« Succès » de la campagne de vaccination, mais... 

Pour autant, peut-on attribuer la tendance baissière en cours à ce « succès » de la campagne de vaccination ? Depuis le 14 août, la maladie semble en recul avec des cas positifs qui ne dépassent pas 200 par jour. Ce mardi 17 août, le point quotidien du ministère de la Santé fait état de 148 nouvelles infections sur 1 979 tests effectués. Mais il serait tôt pour tirer des conclusions.

Interrogé par Dakaractu, le Dr Abdoulaye Kébé Dia, titulaire d'un PHD en Science de la Santé, estime qu’on ne peut pas exclure la vaccination de cet état de fait. Cependant, il n’est pas pour une exagération de l’impact de la vaccination. À l’en croire, le taux de pénétration de la vaccination au Sénégal ne milite pas en faveur d’une aussi rapide atteinte de l’immunité collective dû aux doses de Sinopharm, d’Astrazeneca et de Jonhson et Jonhson administrées. 
Au lancement de la campagne de vaccination en février 2021, l’objectif était d’atteindre au moins 20% de la population, à savoir 3 millions de personnes. À ce jour, un peu plus d’un million de personnes ont été vaccinées.

Expression de l'immunité collective  

Si l’immunité collective recherchée dans la vaccination n’est pas atteinte, elle le serait par contre des œuvres de la circulation du virus au sein de la population. C’est la conviction du Dr Kébé Dia. « Je dirai plutôt qu’on est en train d’atteindre une immunité collective. Quand la majorité d’une population est protégée contre une maladie, on dit qu’il y a immunité collective. Ça veut dire que le virus n’a plus de possibilité de contaminer beaucoup de personnes », explique le scientifique sénégalais établi aux États-Unis qui suit de très près l’évolution de la maladie au Sénégal. « Il faut que les gens comprennent qu’avec vaccination ou pas, on accédera à l’immunité collective. Le virus va circuler, ce qui fait que les organismes seront affectés, les faibles vont tomber malades, les plus faibles vont décéder tandis que les autres vont acquérir une immunité », poursuit le Dr Abdoulaye Kébé Dia. Qui ajoute un troisième facteur à cette baisse de cas de Covid-19. « C’est la conscience individuelle et collective », décèle-t-il. La rapidité de contagion du virus et sa virulence ont réveillé ceux qui étaient dans un profond sommeil ou dans le déni de la pandémie. Mais selon le Dr Kébé Dia, il ne faut pas se rendormir au risque de faire face à une autre vague plus sévère et non moins dévastatrice..  
Mardi 17 Août 2021
Dakaractu



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