Transparence du processus électoral, mandat présidentiel, manœuvres politiciennes : Sept partis appellent à la création d’un front uni de l’opposition

Pour contrer ce qu’ils appellent activité massive de fraude sur le système dans le cadre de la révision des listes électorales, pousser le président Macky Sall à respecter l’engagement de réduire son mandat de sept à cinq ans, mais aussi et sur- tout contrer certaines manœuvres politiciennes à l’Assemblée nationale, le Fsd-Bj, Rewmi, l’Ucs, Aj-Pads, Bokk Gis-Gis, l’Urd et le Pds ont appelé à la création d’un front uni de l’opposition qui ne manquera pas de regrouper des organisations de la société civile.


 «Nous en appelons à l'opposition sénégalaise toute entière, à la société civile et à tous les patriotes de tous les bords politiques et aux sans partis, pour une mobilisation sans faille afin que les élections qui s'annoncent ne soient pas des moments de confiscation de la volonté du peuple souverain». Telle est la position dégagée par le Front pour le socialisme et la démocratie Bennoo Jubël (Fsd-Bj), l’Union des centristes du Sénégal (Ucs), le Rewmi, la Convergence démocratique Bokk Gis-Gis, le Parti africain pour démocratie et le socialisme (Aj-Pads), le Parti démocratique sénégalais et l’Union pour le renouveau démocratique (Urd) qui ont appelé à la création d’un front uni de l’opposition pour la transparence du processus électoral, le mandat présidentiel et les manœuvres politiciennes. 
En effet, sur la route menant à des échéances électorales importantes qui vont se tenir dans les mois à venir, Mamadou Diop Decroix et Cie ont tenu à tirer la sonnette d’alarme. «De multiples cas de fraudes sont déjà décelés, notamment la mise en mouvement, sur l’étendue du territoire et à l’étranger, de commissions d’instruction de la carte nationale d’identité installées dans les permanences et les officines de l’Alliance pour la république (Apr), à l’insu des populations et de l’opposition, faits avérés et dénoncés par l’organe de contrôle et de supervision des élections, en l’occurrence la Commission électorale nationale autonome (Cena)», ont-ils fait savoir hier. 
Avant d’ajouter : «Cette situation, corrélée à la volonté tout aussi avérée du Président de renier ses engagements de réduction du mandat (engagement pris avant la présidentielle et réitérée au lendemain de son élection) fait qu'il est devenu urgent pour tous les citoyens de redoubler de vigilance pour continuer à être les garants de notre démocratie qui nous a valu d’énormes sacrifices». 
Mieux, signalent ces partis d’opposition : «Les manœuvres politiciennes à l'assemblée nationale, les multiples atteintes à la liberté du citoyen, les convocations intempestives devant le juge de journalistes, de membres de la société civile et des politiques dont certains croupissent déjà dans les prisons, sont le signe d'une volonté manifeste du pouvoir de museler tous les acteurs du jeu démocratique qui ne lui sont pas favorables».

«Le Sénégal est encore une démocratie fragile à protéger des dérives autocratiques»

Poursuivant, Mamadou Diop Decroix, Cheikh Bamba Dièye, Idrissa Seck, Oumar Sarr, Pape Diop, Abdoulaye Baldé et Djibo Kâ de faire savoir que «le Sénégal est encore une démocratie fragile à protéger des dérives autocratiques». À les en croire, «aujourd'hui, la fraude électorale a radicalement changé de forme. Le bourrage des urnes et les votes multiples sont dépassés». Pour eux, «désormais la fraude s’opère en amont puisqu’elle consiste à faciliter l'accès aux commissions d'instruction de la carte nationale d’identité aux responsables, militants et sympathisants de l’Apr dans une stratégie pensée et coordonnée sachant que des millions de ces cartes arrivent à expiration avant les élections et qu’elles sont nécessaires pour s’inscrire sur la liste électorale et pour voter le jour du scrutin».
Une occasion pour défendre que «force est de constater qu'il est plus facile de conquérir des acquis démocratiques que de les conserver ou de les préserver». Ils ont terminé en soulignant que «l'État « apériste » met tout en œuvre pour conserver ses privilèges au mépris de nos libertés individuelles et démocratiques. Les ruptures promises ont été jetées aux oubliettes, les fondements de la République sont sapés, les institutions affaiblies, la dignité humaine bafouée». 
Mercredi 22 Juillet 2015
Dakaractu




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