Transition juste des systèmes alimentaires : les acteurs plaident pour la revitalisation des exploitations familiales


Un atelier de partage consacré à la transition juste des systèmes alimentaires au Sénégal s’est tenu ce mardi 27 octobre 2026 à Dakar. La rencontre a réuni des acteurs de l’agriculture, de l’élevage, du pastoralisme et de la société civile autour des défis liés aux changements climatiques et à la souveraineté alimentaire. L’objectif est de dégager des pistes d’action pour renforcer la capacité du Sénégal à nourrir durablement sa population.

Prenant part aux échanges, Malik Ndom, vice-président du conseil d’administration d’Action solidaire internationale (ASI), a insisté sur la fragilité du système alimentaire sénégalais, fortement affecté par les effets des changements climatiques. Selon lui, ces bouleversements compromettent les acquis en matière de sécurité alimentaire et fragilisent les exploitations familiales.

« Nous polluons moins, mais nous subissons plus », a-t-il déclaré, soulignant que les conséquences du dérèglement climatique touchent l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire, de la production à la commercialisation.

Face à cette situation, il estime nécessaire de renforcer la concertation avec les autorités, notamment les ministères chargés de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, afin d’identifier des solutions adaptées aux réalités du pays. Il préconise également de valoriser les mécanismes d’adaptation endogènes utilisés par les générations précédentes pour faire face aux aléas climatiques.

L’un des principaux enjeux soulevés lors de cet atelier concerne la revitalisation des exploitations familiales, longtemps considérées comme un pilier de l’alimentation des ménages sénégalais. Malik Ndom a notamment évoqué les difficultés liées à l’accès au foncier, aux inondations, à la dégradation des sols ainsi qu’au coût élevé des intrants agricoles.

Ces contraintes réduisent les capacités de production des familles et les rendent davantage dépendantes des marchés, eux-mêmes affectés par les perturbations climatiques. Pour le responsable d’ASI, il devient donc indispensable de redonner aux exploitations familiales les moyens de contribuer pleinement à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Dans cette perspective, il a évoqué les possibilités offertes par la législation agro-sylvo-pastorale et halieutique pour améliorer le système alimentaire national.

L’atelier a également mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche globale, intégrant non seulement l’agriculture, mais aussi l’élevage, le pastoralisme et la pêche. La protection animale et le rôle des animaux de trait dans les activités agricoles ont également été évoqués parmi les dimensions à prendre en compte.

Au-delà des échanges, cette rencontre vise à élaborer une feuille de route et des propositions de plaidoyer à porter auprès des décideurs, notamment dans la perspective des prochaines conférences internationales sur le climat. L’ambition est de prolonger les discussions avec le gouvernement afin de mettre en œuvre des recommandations susceptibles de renforcer durablement les systèmes alimentaires au Sénégal.
Mercredi 28 Octobre 2026
Idy Sow