Trafic de visas : atteint de la maladie de Parkinson, Ch. Sarr et ses 2 co-accusés encourent 2 ans d’emprisonnement ferme.

Poursuivi pour faux et usage de faux sur des documents administratifs, escroquerie, Ch. Sarr et El H. I. Gaye ont été attraits, ce 24 juin, devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar. Ils ont été traduits devant la barre des flagrants délits avec A. A. Fall poursuivi pour complicité de faux et usage de faux.


Trafic de visas : atteint de la maladie de Parkinson, Ch. Sarr et ses 2 co-accusés encourent 2 ans d’emprisonnement ferme.
D’emblée, des exceptions ont été soulevées sur le déroulement de la procédure. À en croire la défense, la forme de la procédure a été violée. Pour les avocats, la durée légale de garde à vue de El H. I. Gaye a été largement dépassée.

« Le sieur El Hadji Ibra Gaye a été détenu plus de 96 heures. Ses droits ont été violés et cela entache la procédure », a déclaré Me Ngom qui a invité la Cour à annuler la procédure.

Dans ses observations, le parquet a relevé la prolongation confirmée par écrit. Pour le procureur, les délais de garde à vue ont été, effectivement, respectés à la suite de quoi, il a appelé au rejet de la demande d’annulation de la procédure. Le juge a suivi ses observations en rejetant la demande de la défense.

Devant la barre, les prévenus ont été interrogés sur leurs actes.

« J’avais un relevé bancaire, un titre de voyage, une assurance, un acte administratif, un contrat de location, une autorisation de construire, un acte de non redevance. Tous les documents m’ont été remis par Ch. Sarr et El H. I Gaye en 2018. C’est Ch. Sarr qui m’a trouvé un rendez-vous à l’ambassade de la France et quand j’ai déposé, on m’a accordé le visa. », a déclaré A. A. Fall

Interpellé sur la fausseté des données du relevé bancaire qu’il avait en sa possession, le mis en cause en complicité de faux n’a pas nié, mais explique qu’il s’agit bel et bien de son compte bancaire. 

« Après que j’ai eu le visa, j’ai donné 800.000 Fcfa à Ch. Sarr et 40.000Fcfa à El H. I. Gaye. », a-t-il dit au juge.

Pour sa part, El H. I Gaye a livré sa part de vérité dans cette histoire. « Quand les enquêteurs ont effectué une perquisition chez moi, ils ont trouvé des chéquiers, un certificat de mariage, des titres de voyage, un dossier de demande de visa avec différents noms, des passeports, des billets d’avion, des assurances de voyage. On m’a arrêté à Fass », a-t-il soutenu.
Appelé à s’expliquer sur son intention de vouloir déchirer les documents trouvés en sa possession lors de son arrestation, le sieur Gaye a cherché vainement à se défendre.
« Je n’ai jamais essayé de déchirer les documents en ma possession. Il s’agissait d’une facture de commerce, d'un contrat de location, des réservations d’hôtel, des assurances de voyage », a-t-il confié.

Ch. Sarr, un récidiviste des mêmes faits pour lesquels ils est poursuivi et qui se dit avoir été dans le passé un démarcheur de visa, s’est pour sa part, expliqué devant le juge. Atteint de la maladie de Parkinson, le mis en cause tremblotait et s’expliquait difficilement face au juge.

« Les enquêteurs ont trouvé chez moi des documents administratifs, des documents de voyage, des copies de passeports et visas, des cartes de commerçant, des cartes import export, etc... », a-t-il soutenu. Selon lui, il a arrêté le montage de dossier depuis son incarcération en 2020.
« J’ai arrêté les démarches de visas depuis 2019. C’est mon passé qui vient me rattraper. Les documents trouvés chez moi m’ont été remis pour des demandes de visas. On m’a jugé en 2020 et depuis j’avais arrêté », a expliqué le sieur Sarr.

Dans son réquisitoire, le procureur a souligné la culpabilité des prévenus. Il a requis une peine de 2 ans dont 6 mois ferme contre A. A. Fall et 2 ans ferme contre Ch. Sarr et El H. I. Gaye pour les délits retenus contre eux.

La défense a fondé sa plaidoirie sur des faits dépassés. Pour elle, il s’agit pour ces faits d’un procès de l’histoire. « Ch. Sarr vous l’a dit. Il a reconnu avoir confectionné des documents administratifs mais soutient avoir arrêté depuis 2018. Vous le voyez, il est malade et sa santé ne lui permet pas de poursuivre de son activité. Il est atteint physiquement et moralement. Je vous demande de lui faire une application extrêmement bienveillante de la loi pour lui permettre de se soigner car sa maladie est incompatible avec la détention carcérale », a soutenu l’avocat de Ch. Sarr.

La défense de El H. I. Gaye a été assurée par Me Ngom qui a dressé un portrait innocent de son client.

« El H. I. Gaye n’a jamais demandé le plus petit franc à seul des candidats à l’émigration qui se présentaient devant lui. Il est vendeur de pièces détachées et voyage un peu partout pour trouver des marchandises, mon client a voulu tout simplement aider. Regardez tous les documents trouvés en sa possession, ils sont tous authentiques », a expliqué l’avocat.

Pour ce dernier, El H. Gaye n’est pas un délinquant car c’est la première fois qu’il se présente devant une juridiction. La robe noire a invité le tribunal à relaxer les prévenus. Quant à A. A. Fall, son avocat a simplement demandé de le renvoyer des fins de la poursuite.

L’affaire est mise en délibéré au 1 juillet prochain…
Vendredi 24 Juin 2022
Dakaractu



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