Trafic de drogue : L’aide-infirmier, G. Demba tombe avec 50 kg de chanvre indien qu’il aurait cultivés pour une commande à Dakar.

Aide-Infirmier, Gilbert Demba né en 1986 et habitant le village de Kafountine dans le département de Bignona, risque de passer les 10 prochaines années en prison si le réquisitoire du procureur général est suivi dans le procès pour trafic de drogue tenu ce 2 février, devant la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar. Attrait à la barre, le mis en cause est poursuivi pour détention, culture et trafic de chanvre indien.


Marié et père de 4 enfants, le prévenu a voulu écouler une commande de 50 kg de chanvre indien qu’il aurait transportés depuis Kafountine pour les livrer au frère de la nommée Amy Diop demeurant aux Parcelles Assainies, a révélé le procès verbal d’enquête. Il a été interpellé à la suite d’un renseignement anonyme.
Devant la barre, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés et joue la carte de l’ignorance.

« On m’a arrêté dans la soirée du 26 décembre 2018. Ma sœur qui vit à la cité Soprim était malade, ma mère m’a appelé pour me demander de rallier Dakar afin de l’assister pour un déplacement vers Ziguinchor. J’ai effectué le voyage à bord du bus interurbain Kafountine - Dakar. On est arrivé vers 00h à Dakar mais le bus a fait l’objet d’un contrôle policier après que les hommes de tenue ont droité le véhicule avant de nous intimer l’ordre de rester sur nos sièges respectifs. Lorsque les policiers ont interpellé 2 jeunes qui sont descendus avec du bus, un autre qui était assis à côté de moi a subitement pris la fuite, c’est là qu’un des policiers est venu m’interroger », a expliqué Gilbert devant la barre. Il poursuit en confiant que celui-ci voulait le contraindre à lui donner les raisons qui ont poussé le jeune garçon à partir.

« Le policier est venu vers moi pour me demander les raisons de la fuite de l’individu ce que j’ignorais. Il m’a menacé avant de m’amener à la police pour me forcer à parler ce que j’ai fait, mais les enquêteurs ont fini par me faire subir des bastonnades et m’ont fait signer également sous le coup de la force le procès verbal d’enquête », s’est-il justifié.

Interpellé sur la détention, la culture et le trafic de chanvre indien retrouvé par les hommes de tenue, il niera en être le propriétaire. « Je n’ai jamais évolué dans le trafic de drogue. Je ne reconnais même pas la couleur de cette herbe qui tue. Je n’avais que mon classeur qui contenait mes diplômes, sinon je ne suis pas capable d’identifier du chanvre indien et j’ignorais la personne qui avait pris la fuite dans le bus. J’étais juste assis côte à côte avec lui, mais je ne le connais pas », a-t-il soutenu pour chercher à se tirer d’affaire.

Pour le maitre des poursuites, 16,5 kg de chanvre de la variété dite ‘’verte’’ ont été trouvés par devers l’accusé. Il a révélé qu’il a été mentionné dans le Pv d’enquête que c’était la première fois que Gilbert Demba s’attelait au trafic de drogue, mais aussi à sa culture car ayant des charges familiales à honorer selon ses déclarations  à la police.

Le procureur a, notamment, fondé sa réquisition sur les informations reçues par les enquêteurs qui l’ont directement interpellé dès son arrivée à Dakar. 
« Le prévenu fait preuve de mauvaise foi. Ce qui est constant est que cette drogue a été trouvée par devers lui. Il cherchait à faire, devant la barre, un revirement à 180 degrés. Il ressort des éléments d’enquête que Gilbert avait donné rendez-vous à son client à la poste de Thiaroye avant de changer de lieu de rencontre. C’est suite à une commande qu’il a transporté la drogue », a insisté le magistrat. Il a requis 10 ans de réclusion criminelle contre lui.

La défense quant à elle, a attiré l’attention de la cour sur l’absence de preuve imputant la culpabilité à son client.

« Les circonstances dans lesquelles il a été arrêté et entendu laissent à désirer. À la barre, il vous dit que le sac qui contenait la drogue ne lui appartient pas. On se rend compte, finalement, que les déclarations tenues devant le magistrat instructeur sont à peu près conformes à celles tenues ici devant la barre. Dans ce dossier, l’accusation souffre », a déclaré un de ses conseils. Il a plaidé pour son acquittement.
Une avocate qui s’est constituée également pour la défense de Gilbert Demba a posé l’interrogation sur la matérialité des faits et a invité la cour à étudier davantage le dossier.

« Non seulement, il n’y a pas d’élément matériel mais il n’y a aucune preuve. De simples déclarations contenues dans le Pv de police ne constituent pas de preuves, celles-là ne comptent qu’à titre de renseignements », a soutenu l’avocate. Elle a également sollicité l’acquittement de Gilbert Demba.

L’affaire a été mise en délibéré au 16 février prochain pour le verdict final…
Jeudi 3 Février 2022
Dakaractu




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