Touba : persuadée que son bébé n’était pas celui de son mari, une jeune femme étouffe son nouveau-né pour cacher une relation avec un guérisseur de 76 ans

Une jeune mariée de 24 ans a été condamnée après avoir reconnu avoir tué son nouveau-né, conçu à la suite d’une relation avec un guérisseur âgé de 76 ans. Selon L’Observateur, la jeune femme voulait dissimuler la naissance à son époux, tandis que le guérisseur prétendait avoir prescrit le rapport sexuel dans le cadre d’un prétendu rituel contre un mauvais sort.


Un nouveau-né mort présenté à l’hôpital
 
Les faits remontent au 23 mai 2024. Ce jour-là, K. Fall, âgée de 24 ans et récemment mariée, se présente à l’hôpital Ndamatou de Touba, accompagnée de son époux.
 
Elle souffre d’une rétention placentaire. Dans ses bras se trouve un nouveau-né de sexe masculin, déjà décédé.
 
Le personnel soignant remarque plusieurs éléments suspects sur le corps du bébé : une ecchymose au nez, un écoulement sanguin, des lésions au niveau du crâne, une pâleur des extrémités et un cordon ombilical non clampé.
 
Un agent de police détaché auprès de l’établissement hospitalier est aussitôt alerté.
 
La mère placée en garde à vue
 
Interpellée, K. Fall est conduite dans les locaux de la police puis placée en garde à vue. Son mari soutient qu’il ignorait totalement la grossesse.
 
Il explique aux enquêteurs n’avoir appris que son épouse était enceinte qu’un mois après leur mariage. Il affirme également n’avoir jamais douté de sa paternité.
 
Le jour de l’accouchement, la jeune femme l’aurait appelé pour lui annoncer qu’elle avait avorté. Elle lui aurait également demandé de ne pas revenir immédiatement à la maison afin que la situation soit gérée avec l’aide de proches.
 
Ce n’est qu’en rentrant qu’il découvre le corps du nourrisson placé dans un ustensile.
 
Des aveux glaçants devant les enquêteurs
 
Face aux policiers, la jeune femme finit par reconnaître avoir volontairement ôté la vie à son bébé.
 
Selon les propos rapportés par L’Observateur, elle explique qu’elle était convaincue que l’enfant n’était pas celui de son époux. Elle aurait alors décidé de l’éliminer afin de cacher la vérité.
 
Elle affirme avoir bloqué la respiration du nouveau-né avec ses mains. Les blessures constatées sur la tête seraient, selon sa version, liées à une chute survenue pendant l’accouchement, effectué seule et en position debout.
 
Un guérisseur de 76 ans désigné comme le père
 
Au cours de son audition, K. Fall désigne A. Diop, un guérisseur âgé de 76 ans, comme étant le père biologique de l’enfant.
 
Dans un premier temps, elle affirme avoir subi un rapport sexuel imposé. Elle revient ensuite sur cette déclaration et reconnaît avoir consenti à la relation.
 
Ce revirement permet aux enquêteurs de mieux comprendre la relation complexe entretenue entre la jeune femme et le guérisseur.
 
Un prétendu rituel contre un mauvais sort
 
Interpellé, A. Diop commence par nier tout rapport sexuel avec la jeune femme. Il finit cependant par reconnaître une relation intime.
 
Le guérisseur prétend avoir détecté un mauvais sort empêchant K. Fall de trouver un mari. Pour la « soigner », il lui aurait proposé un étrange rituel.
 
Selon son récit, une poudre devait être appliquée sur les parties intimes de la jeune femme et sur celles d’un partenaire avant un rapport sexuel. Le guérisseur affirme que K. Fall serait revenue vers lui pour lui demander de jouer lui-même le rôle du partenaire.
 
Le rituel aurait également impliqué un caméléon mort et un linceul prélevé dans un cimetière de Touba-Bakhya, le tout accompagné de versets coraniques.
 
Le procureur réclame la réclusion criminelle à perpétuité
 
Devant la Chambre criminelle de Diourbel, le procureur a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre K. Fall.
 
Le représentant du ministère public a insisté sur la mauvaise foi de l’accusée ainsi que sur le caractère planifié de l’infanticide.
 
Contre A. Diop, le parquet a demandé cinq années de prison ferme pour charlatanisme.
 
Six ans de prison pour la jeune mère
 
L’avocat de K. Fall a plaidé l’acquittement, estimant qu’un doute subsistait sur l’intention réelle de sa cliente de tuer le nouveau-né.
 
À l’issue du délibéré, la Chambre criminelle de Diourbel a condamné K. Fall à six années de réclusion criminelle pour infanticide.
 
Le guérisseur A. Diop a été condamné à deux années de prison ferme et à une amende de 100 000 FCFA pour charlatanisme. Les peines prononcées sont inférieures aux réquisitions du parquet.
 
 
 
 
Mercredi 5 Aout 2026
Dakaractu