Touba : 18,488 millions FCfa manquants, un an de prison ferme requis contre une gérante de transfert d’argent

Ndiabou Diallo, gérante d’un point de transfert d’argent à Touba, est poursuivie pour abus de confiance portant sur 18,488 millions de FCfa. Selon L’Observateur, elle reconnaît l’existence du déficit mais explique ses difficultés par les retards de certains clients. Le parquet réclame un an de prison ferme, tandis que la partie civile demande plus de 28 millions de FCfa.


Une relation d’affaires qui semblait fondée sur la confiance s’est terminée devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel.
Selon L’Observateur, Ndiabou Diallo, gérante d’un point de transfert d’argent à Touba, est poursuivie pour abus de confiance au préjudice de Mame Aminata Lo.
Les deux femmes avaient été mises en relation par une connaissance commune. Dans le cadre de leur partenariat, Mame Aminata Lo apportait régulièrement à la gérante les liquidités nécessaires à son activité de transfert d’argent.
Les montants pouvaient atteindre six millions de FCfa quotidiennement sous forme de crédits UV. Ndiabou Diallo devait restituer les fonds avant minuit afin de permettre à sa partenaire de disposer du même crédit dès le lendemain.
À l’approche du Grand Magal de Touba, la mécanique se serait toutefois grippée. Entre le 13 et le 20 juillet 2026, Mame Aminata Lo a continué à approvisionner la gérante. Souffrant à cette période, elle ne se serait rendu compte que tardivement du non-respect des engagements convenus.
Interpellée, Ndiabou Diallo a reconnu un déficit de 18,488 millions de FCfa, tout en indiquant ne pas être en mesure de rembourser immédiatement.
Devant les enquêteurs puis à la barre, elle a reconnu avoir reçu au total 48 millions de FCfa de Mame Aminata Lo, mais affirme ne plus se souvenir du montant exact qu’elle aurait déjà restitué.
La prévenue explique le déficit par le comportement de certains clients qui, durant la période du Magal, auraient tardé à lui reverser des sommes qu’ils lui devaient.
Elle affirme également que son état de santé, au moment de son arrestation, ne lui aurait pas permis de réunir l’ensemble des justificatifs nécessaires.
La partie civile réclame cependant davantage que la seule somme manquante. Elle demande le remboursement des 18,488 millions de FCfa ainsi que 10 millions de dommages et intérêts, soit un total de 28,488 millions.
Le procureur Papa Khalil Fall n’a pas été convaincu par les explications de la gérante. Il considère que les éléments du dossier établissent l’existence du déficit et a requis sa condamnation pour abus de confiance à un an de prison ferme.
La défense, conduite par Me Serigne Diongue, a plaidé la relaxe. L’avocat estime que les conditions légales de l’abus de confiance ne sont pas réunies et conteste également la qualification évoquée par le parquet autour d’une « escroquerie à la carambouille ».
Le tribunal a renvoyé le prononcé du jugement au jeudi 10 septembre.
Samedi 5 Septembre 2026
Dakaractu