Total Return Swap (TRS) : Le ministère des Finances sort de sa réserve et défend ses choix


Le ministère des Finances et du Budget a publié ce mardi 24 mars 2026 un communiqué de presse en réponse à un article paru dans la presse internationale, remettant en cause le recours par le Sénégal à des instruments financiers de type Total Return Swap (TRS). Dans ce texte en onze points, le département dirigé par le ministre des Finances récuse toute irrégularité et réaffirme la pleine transparence des opérations incriminées.
 
Le ministère explique d’abord que le recours aux TRS s’inscrit dans une stratégie délibérée de diversification des sources de financement, dans un contexte mondial de resserrement des conditions d’accès aux marchés de capitaux. L’objectif affiché est d’élargir la base des investisseurs au sein du marché financier régional de l’UEMOA, en attirant des acteurs étrangers dont les exigences d’accès au change imposent des montages financiers spécifiques. Le ministère souligne que ces structurations ont été conçues de manière à maîtriser le risque pour l’État.
 
Sur le plan des conditions financières, le département se montre particulièrement défensif. Le taux net supporté dans le cadre de ces opérations était d’environ 7,1 %, un niveau qu’il présente comme nettement plus avantageux que les rendements observés sur les marchés des eurobonds en 2025 lesquels oscillaient entre 11 % et 12 % sur les obligations libellées en euros à diverses échéances. L’argument de l’économie budgétaire est ainsi placé au cœur de la justification gouvernementale.
 
D’un point de vue opérationnel, sept adjudications ont été réalisées entre avril et novembre 2025 sur le marché des titres publics, conformément au calendrier d’émission et à la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT). Ces opérations ont bénéficié, selon le ministère, des autorisations parlementaires issues des lois de finances de l’exercice la loi de finances initiale 2025, ainsi que ses deux lois rectificatives. Les résultats de chaque adjudication ont par ailleurs été rendus publics, conformément aux règles de transparence du marché.
 
Pour répondre aux accusations implicites de dissimulation, le ministère rappelle que le ministre des Finances s’était lui-même exprimé devant l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025, évoquant explicitement le recours aux TRS. Il ajoute que cet instrument figurait également dans le rapport économique et financier annexé à la loi de finances initiale 2026, accessible en ligne. Sur le plan multilatéral, le Fonds monétaire international (FMI) a été tenu informé en continu, à travers plusieurs échanges écrits et réunions portant sur le détail des mobilisations de financements.
 
Quant à l’affectation des fonds levés, le communiqué est sans ambiguïté : les montants mobilisés ont exclusivement servi à couvrir les besoins du plan de financement 2025 et ne sauraient être confondus avec le financement de l’exercice 2026. Le ministère précise d’ailleurs que l’échéance eurobond mentionnée dans l’article de la presse internationale a bien été honorée en mars 2026, dans le cadre du plan de financement de l’année en cours.
 
Le ministère des Finances et du Budget réaffirme l’attachement du gouvernement sénégalais à une gestion prudente, transparente et responsable de la dette publique, et annonce la poursuite d’un dialogue régulier et constructif avec les partenaires techniques et financiers internationaux.
Mardi 24 Mars 2026
Dakaractu