Qui a droit à l'eau, qui la gère et qui garantit l'accès des éleveurs ? C'est la question de fond posée par l'atelier régional sur la tenure de l'eau dans le pastoralisme, qui s'est tenu pendant deux jours avec la FAO, le CILSS et l'appui de la coopération espagnole. Les travaux visent à porter la voix de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel dans l'élaboration de directives mondiales sur l'accès équitable à l'eau, en tenant compte notamment du genre.
Pour le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr Sylvain Nafiba Ouédraogo, le pastoralisme assure la sécurité alimentaire et la résilience de l'élevage. Il implique des déplacements de troupeaux vers le fourrage et l'eau, donc des questions foncières, sources de conflits croissants entre usagers. « Ce ne sont pas des populations en marge de nos pays, ils ont des droits », a-t-il insisté, estimant que le dispositif actuel doit être adapté s'il ne répond pas aux besoins. Face à ceux qui jugent les réunions trop nombreuses, il s'est dit confiant : avec la présence des acteurs de terrain, les propositions validées serviront à orienter les politiques nationales.
Le représentant de la FAO, Patrick Bahal'Okwibale, a, pour sa part, rappelé que l'organisation s'intéresse d'abord à la connaissance de la ressource, à travers les données et les systèmes d'information, puis à sa gouvernance. Les participants débattront des 12 éléments qui encadrent la tenure de l'eau, afin d'évaluer leur application dans la sous-région et de nourrir le dialogue mondial. Côté sénégalais, le Colonel El Hadji Maodo Ba, Secrétaire permanent du CONACILSS Sénégal, a souligné qu'une loi existe déjà pour accompagner les initiatives locales d'accès à l'eau.