Tension en République Centrafricaine : l’ONU appelle au respect des droits humains et à la fin de leur violation.


En République Centrafricaine, la situation est alarmante : les droits de l'homme n'ont cessé d'être violés et cela s'est considérablement aggravé surtout au courant de l'année dernière. Plusieurs groupes armés ont tenté, avec violence, de perturber les élections. Face à ces actes, les forces de défense et de sécurité du pays ont lancé des opérations militaires pour reprendre le contrôle de certains territoires.
 
Dans un rapport publié par l'ONU, conjointement avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), l'institution internationale décrit la situation sur la période de juillet 2020 à juin 2021.

"Durant cette période, la division des droits de l’homme (DDH) de la MINUSCA a enregistré 526 cas de violation et d’abus des droits de l’homme et du droit international humanitaire à travers le pays. Ces violations ont fait au moins 1221 victimes, dont 144 personnes civiles ou hors de combat, qui ont été tuées par les parties au conflit et parmi les violations et abus recensés des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des actes de torture et de mauvais traitements, des arrestations et détentions arbitraires, le recours disproportionné et inutile à la force, des violences sexuelles liées au conflit et des violations graves aux droits de l’enfant, notamment leur recrutement par les parties au conflit", a noté le rapport.

Il indique par ailleurs, que les attaques et les menaces d’attaque ont poussé des milliers de civils à fuir leur domicile. Le rapport incrime également la CPC d'être le principal responsable des incidents recensés.

"En effet une coalition de groupes armés, connue sous le nom de CPC (Coalition des Patriotes pour le Changement), est responsable de plus de la moitié des incidents recensés (54 %).  

Elle a tué et enlevé des civils, lancé des attaques contre des casques bleus de l’ONU, pillé des locaux d’organisations humanitaires, menaçant leur personnel, et incendié des bureaux de vote.

Le 19 mars, dans la préfecture de la Ouaka, un groupe armé affilié à cette même coalition a tué trois commerçants, après les avoir ligotés et torturés. Leurs corps ont été retrouvés avec leurs cartes d’électeur attachées autour de leur cou. 

Les Forces armées centrafricaines (FACA), les Forces de sécurité intérieure (FSI) et d’autres personnels de sécurité, notamment des instructeurs russes déployés dans le cadre d’un accord entre le Gouvernement de la République centrafricaine et celui de la Fédération de Russie, et des compagnies militaires privées opérant dans le pays, sont aussi responsables de 46 % des incidents confirmés", soulignera également le rapport...

Selon les informations publiées par le rapport de l'Onu, "des preuves crédibles recueillies par la DDH de la MINUSCA indiquent que des instructeurs russes ont été impliqués dans des formations militaires et ont participé activement à des opérations militaires, notamment en arrêtant des suspects et en commettant des traitements inhumains et des actes de torture sur certains d’entre eux.

À plusieurs reprises et dans divers lieux, ils ont également été impliqués dans des exécutions extrajudiciaires. La DDH a également confirmé une augmentation du nombre d’attaques sur les membres de la communauté musulmane par les FACA, les FSI et autres personnels de sécurité entre février et juin 2021. D’autres informations recueillies indiquent que des personnes musulmanes continuent d’être prises pour cible en raison de leur affiliation présumée avec les groupes armés. 

Les casques bleus de la MINUSCA ont essuyé une vingtaine d’attaques à la fois de la part de groupes armés et des FACA. Durant cette période, sept casques bleus ont perdu la vie lors d’attaques perpétrées par des groupes armés. 
Mercredi 4 Août 2021
Dakaractu



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