Tafsir Thioye contestant toute demande émanant de la commission des finances : « On ne peut pas prendre l'Assemblée nationale comme le siège d'un parti politique »


Le député non-inscrit Tafsir Thioye accuse le groupe parlementaire Pastef d'engager l'Assemblée nationale et la commission des Finances sans mandat. Interrogé ce mardi sur la demande de renvoi en commission formulée par le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, il se dit optimiste quant à l'issue des discussions entre l'Exécutif et le Parlement. Il dénonce toutefois « la violation continue des lois du pays » et la « vassalisation » des institutions. « On ne peut pas prendre une institution comme l'Assemblée nationale comme le siège d'un parti politique. Je pèse mes mots », a-t-il déclaré. Selon lui, c'est depuis les travaux en commission que le groupe parlementaire prend des décisions engageant l'Assemblée et la commission des Finances. « Personne, je dis bien personne, ne peut engager l'Assemblée nationale », insiste-t-il, rappelant qu'elle délibère en plénière et que ses délibérations sont exécutées par le Bureau.
Le député affirme que les discussions menées jusqu'ici l'ont été sur la base du groupe parlementaire, et non de la commission des Finances, qui n'aurait jamais mandaté son président ni le groupe pour négocier. Il qualifie ces échanges de « purement informels » et juge la situation « dangereuse ». Il estime aussi que le report de deux jours est lui aussi informel et échappe au Bureau.
 
Il revient sur la démarche de ce mardi. D'après lui, on indique que le président de la commission des Finances a demandé au ministre que les discussions se poursuivent, puis un communiqué est publié pour affirmer que l'Assemblée nationale a formulé cette demande, alors que les membres n'en auraient pas été informés. « Ce n'est pas possible », tranche-t-il. Il conteste également le communiqué publié la veille, qu'il ne considère pas comme celui des députés, mais « peut-être de quelqu'un qui voudrait parler en leur nom ». « Il n'en a pas le droit. Même le président ne peut pas engager l'Assemblée nationale sur ces questions », ajoute-t-il.
 
Le député en appelle au président de l'Assemblée nationale et à l'ensemble des députés : « On ne doit pas jouer avec l'institution parlementaire. Si certains ont des problèmes politiques, qu'ils les règlent ailleurs. » Il juge « désolant » de vouloir engager une institution de la République sur des questions qui ne la concernent pas, et affirme que la demande faite au nom de la commission des Finances n'émane pas de celle-ci. Sur la procédure, le député reconnaît que le ministre peut demander le renvoi du texte en commission, en vertu de l'article 84. Mais il juge « erronées » les raisons qui sous-tendent cette demande. « Vous pouvez avoir la majorité, j'en conviens, mais discutez-en ailleurs, sans engager l'Assemblée nationale », lance-t-il.
 
Évoquant les divergences au sein de l'hémicycle, Tafsir Thioye annonce qu'il y reviendra en plénière. Il rappelle avoir déjà exprimé sa position en commission : selon lui, le groupe parlementaire ne peut pas aujourd'hui se dédire, ce qui s'apparenterait à de la transhumance, les positions actuelles contredisant celles d'hier. Il cite en exemple sa propre demande de renvoi du texte, concernant l'introduction de la dette bancaire dans le budget, qui avait été refusée par le groupe. « Aujourd'hui, ce sont ces mêmes arguments qui sont utilisés par le groupe », déplore-t-il.
Mardi 27 Octobre 2026
Dakaractu