TOUBA - La problématique de l'enseignement coranique dans les daaras.. Internat ou méthode classique ?


Le Daara Alimoul Khabir, créé en 1960 par Serigne Fallou Mbaye 'Kuruss'', a la particularité de connaître les deux types d'enseignement coranique. En effet, d'une part les élèves sont logés dans un internat où ils sont nourris et blanchis et d'autre part , les ndongo-daaras sont envoyés mendier à des heures précises pour manger. L'expérience est jugée bénéfique, à tous le niveaux, confie Serigne Moustapha Mbaye, maître coranique de l'école située au quartier héliport et construit par un ancien pensionnaire à hauteur de 100 millions de francs. ''C'est en effet un don d'un ancien élève du nom de Serigne Modou Bousso Dieng, aujourd'hui bien connu dans le milieu de la politique. D'ailleurs, son fils Serigne Khadim Dieng fait partie des enfants qui sont fêtés pour avoir réussi à connaître par cœur le Coran. Les autres daaras respectivement installés à Sourah et à Touba Hlm sont des dérivés du Daara originel baptisé par mon ancêtre ' Daara Alimoul Khabir '' et compte environ 200 élèves ''.


Réunis à Darou Khoudoss pour mettre à l'épreuve des ndongos issus de daaras différents et vérifier leur degré de maîtrise du livre Saint, un débat s'est installé quant à l'urgence ou non de privilègier les internats au détriment de la méthode classique où l'enfant est envoyé mendier. Certains enseignants interrogés diront trouver des vertus exceptionnelles à la mendicité que sont le courage, la longanimité, la souplesse d'esprit, la débrouillardise... D'autres lui trouveront des vices dont, principalement,  le fait d'envoyer l'enfant à l'emporte-pièce tendre la main et lui inoculer, par la même occasion,  ce virus de savoir vivre sans états-d'âme aux crochets des autres, même devenus majeurs. La formule Internat sera plébiscitée du fait qu'il permet à l'enfant de mieux se concentrer sur les enseignements-apprentissages et de ne pas se frotter avec le diable au dehors.

L'occasion a aussi été saisie pour demander aux mères de famille de ne pas avoir peur de se séparer de leurs enfants. La plaidoirie sera portée par Sokhna Ngoné Dieng, épouse du Chef religieux doublé d'homme politique. ''  Nous avons tendance à être réticente, nous femmes. Malheureusement, en refusant, nous privons à notre progéniture de connaître le plus beau texte au monde et sans aucune doute le plus utile. Les daaras, en plus de leur enseigner le Coran, leur inculquent une éducation exceptionnelle.  Personnellement, tous mes enfants sont dans les daaras, garçons comme filles ''.

Au parloir, le public se plaira d'écouter 6 enfants parcourir les versets du livre Saint de l'Islam d'une voix tremblotante car façonnée par la pression exercée sur eux par une assistante venue massive.
Vendredi 17 Août 2018
Dakaractu




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