Hier dans la journée jeudi, plusieurs femmes du quartier « Gare Bu Ndaw » de Touba , arborant des brassards rouges – symbole de leur colère et du sang versé –, ont organisé un rassemblement pour interpeller les autorités. Au-delà du drame individuel de Fatma Diagne, ces manifestantes ont tenu à élargir le débat, évoquant des « supplices » récurrents vécus dans diverses structures de santé de Touba. Sans verser dans la généralisation, elles ont dénoncé des conditions de prise en charge qu’elles jugent indignes, appelant à des enquêtes approfondies sur les pratiques dans la région.
Depuis, la justice s’est saisie de l’affaire et plusieurs auditions sont en cours. Il nous a été de savoir qu’un élément de la banque de sang de l’hôpital Fawzeini a déjà été entendu par les enquêteurs. En effet, les proches de Fatma Diagne formulent de graves accusations à son encontre, lui reprochant d’avoir voulu vendre le sang censé sauver la patiente. Jusqu’à présent, aucune information officielle n’a filtré à l’issue de cet interrogatoire, les enquêteurs restant discrets sur les éventuelles charges retenues. Autrement dit, rien n’atteste encore que les accusations étaient justifiées.
Ce jeudi également, la rédaction de DakarActu s’est rendue sur place, devant les locaux de la clinique Bakline. Sur le terrain, aucun signe particulier d’agitation n’était à signaler, si ce n’est l’absence de la directrice de l’établissement. Selon des sources concordantes, cette dernière serait en voyage hors du pays , la France , nous souffle-t-on, à l’oreille .
Notons qu’il y a quelques jours, dans une précédente synthèse, les conclusions d’une enquête journalistique menée par nos soins étaient plutôt favorables à la structure médicale. Les usagers que nous avions alors interpellés faisaient l’éloge d’un service très professionnel et d’un personnel particulièrement attentif aux besoins des malades. Un constat qui contraste aujourd’hui avec les accusations graves proférées par la famille et la colère exprimée par les manifestantes.
Entre le témoignage accablant des membres de la famille de la victime qui martelèrent que Fatma a été vidée de son sang lorsqu’elle était à Bakline , les investigations judiciaires en cours et la version toujours attendue de la clinique, ce dossier promet encore de nombreux rebondissements. DakarActu suivra de près la suite des auditions et les éventuelles mesures conservatoires qui pourraient être prises à l’encontre des personnels mis en cause. La vérité judiciaire, dans cette affaire aussi tragique que sensible, devra émerger au milieu des émotions et des contradictions.
Affaire à suivre ….