THESE EN MASTER D’ETUDES DIPLOMATIQUES SUPERIEURES : Mention «très bien» pour Mouth Bane dans ses recherches sur le crime organisé

Samedi 18 novembre 2017, notre confrère Mamadou Mouth Bane, directeur de publication du quotidien «Dakar Times», a fait sa soutenance pour l’obtention d’un Master en Etudes diplomatiques supérieures (EDS). La soutenance a eu pour cadre le Centre d’Etudes diplomatiques et stratégiques (CEDS) de Dakar sur le thème : «Crimes organisés dans le Sahel : Utilisation du numérique et politique de prévention».


Le journaliste Mamadou Mouth Bane, qui vient de finir deux années de recherches et de travaux sur le crime organisé, a obtenu une mention «Très bien», de la part d’un jury de haut niveau, constituée des professeurs d’université Babacar Diallo, Directeur du CEDS, Oumar Ndongo, Directeur académique du CEDS et Timoté Amoussou, Directeur du Développement et de la Programmation du CEDS.
Très engagé dans la recherche documentaire, particulièrement sur le renseignement diplomatique, M. Bane a orienté ses travaux dans le développement du crime organisé dans le Sahel. Aussi, dans la première partie de sa thèse, s’est-il penché sur la nature des crimes, retraçant la typologie des crimes organisés dans l’espace du Sahel et l’hybridation des menaces transfrontalières. La seconde partie de ses travaux est réservée au numérique, notamment «le crime organisé version 4G» (chapitre 1), «les innovations numériques au service de la cybercriminalité» (chapitre 2) et, dans le chapitre 3, «le mobile banking dans les transactions criminelles».
 
Mécanismes de prévention
Notre confrère, qui semble s’être spécialisé dans la recherche sur le terrorisme et le crime organisé en Afrique, s’est également appesanti sur les politiques de prévention contre le crime organisé. Ainsi, peut-on découvrir, dans sa thèse, une analyse froide et objective de l’élaboration d’une politique sécuritaire commune, les mécanismes de prévention, leur efficacité et la mise en œuvre des décisions contre les crimes organisés.
«Dans le Sahel, tous les groupes exclus ou oubliés par le système étatique s’organisent pour survivre, à tout prix, quels que soient les moyens et les conséquences», fait remarquer le candidat au Master en EDS, qui souligne qu’il «existe des groupes ethniques, religieux, qui plongent dans le crime organisé parce que victimes d’ostracisme dans la gestion et dans le fonctionnement de leur propre Etat». Ceux-ci, selon Mouth Bane, «sont marginalisés dans leur propre pays. Or, tout groupe qui se sent exclu s’organise pour survivre en dehors de l’organisation sociale commune». Cet état de fait, dit-il, «est à l’origine de certaines ruptures sociales de la plupart des acteurs criminels qui s’adonnent aux trafics d’armes, d’êtres humains, de terrorisme et d’autres commerces illicites».
En remontant le temps, le candidat a rappelé que «depuis toujours, les organisations criminelles cherchent à contrôler des portions de territoires dans les pays instables pour mener librement leurs activités. Au Nord Mali, les islamistes avaient annexé un vaste territoire couvrant le triangle : Kidal, Gao, Tombouctou». Ensuite, dira-t-il, «la déliquescence de l’Etat en Guinée Bissau offrait une immense opportunité aux cartels de la drogue qui avaient réussi à infiltrer le système politique national jusqu’au sommet de l’Etat». Aussi, note-t-il pour le déplorer, «conscients de leur pouvoir, de leur puissance financière et de leur force d’influence, les groupes criminels ont changé d’approche en s’alliant aux réseaux politico-économiques allant jusqu’à concurrencer les Etats trop démunis».
 
Un jury émerveillé
Dans cette soutenance, qui prend les allures d’un ouvrage sur le crime organisé, le journaliste n’a pas manqué de suggérer des vies qui pourraient mener à l’extinction de cette activité meurtrière, qui fait des ravages dans certains pays du Sahel et qui continue d’être une menace pressante pour les nations non encore touchées. Notre confrère s’est appuyé sur des faits précis, des résultats d’enquêtes internationales, mais aussi sur son expérience de journaliste qui a eu l’opportunité de discuter avec d’éminentes chercheurs.
A la fin de sa soutenance, les membres du jury, émerveillés par le travail abattu, ont décerné à Mamadou Mouth Bane une mention «Très bien». Un document que les chercheurs devront avoir dans leur bibliothèque, afin de cerner tous les aspects du crime organisé, à une période charnière où les Etats, acculés de toutes parts par les forces du mal, s’organisent pour apporter la riposte appropriée.
Toutes nos félicitations à notre jeune confrère, qui a osé aborder un sujet aussi sensible et qui s’en est sorti avec brio, comme en atteste la mention accordée par d’éminents professeurs d’universités. Une fierté pour la presse sénégalaise, dans son ensemble, à l’heure de la cybercriminalité.
Lundi 20 Novembre 2017
Dakaractu



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