L'Observateur national des lieux de privation de liberté apporte son soutien à la récente circulaire du ministre de la Justice, Me Moussa SARR, destinée à mieux encadrer le recours à la détention. Lors de la présentation des rapports annuels 2024 et 2025, son président, Madiaw Diaw, a estimé que cette circulaire était « la bienvenue », rappelant que l'ONLPL demande depuis plusieurs années aux différents ministres de la Justice de réactiver ces directives. Il a souligné que des mesures similaires, mises en œuvre pendant la pandémie de Covid-19, avaient permis de réduire la pression sur les établissements pénitentiaires et d'éviter une aggravation des conditions de détention.
Tout en saluant cette initiative, Madiaw Diaw a invité à nuancer certaines affirmations selon lesquelles le mandat de dépôt serait devenu systématique. S'appuyant sur son expérience de magistrat, il a rappelé que tous les dossiers transmis aux procureurs ne débouchent pas automatiquement sur une incarcération et que les gardes à vue ne conduisent pas systématiquement à un placement en détention. Pour le président de l'ONLPL, la circulaire constitue avant tout un rappel de textes déjà existants dont l'application rigoureuse peut contribuer à lutter contre la surpopulation carcérale.
Au delà de cette circulaire, l'Observateur national appelle à une réforme structurelle de la justice pénale. Contrairement aux recommandations préconisant la création d'un juge des libertés et de la détention, Madiaw Diaw estime que la priorité devrait être accordée au renforcement des juges d'application des peines, chargés du suivi des conditions de détention et des alternatives à l'incarcération. Selon lui, ces magistrats, souvent accaparés par d'autres missions, doivent disposer des moyens nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans l'amélioration durable du système pénitentiaire sénégalais.