Suppression de la ville : « Il est constaté que la ville aujourd'hui n'est pas pertinente … Il ne faut pas verser dans le sentimentalisme » (Mamadou Albé Ndoye, maire de Rufisque-Est)


Depuis la sortie, devenue très célèbre, du ministre des collectivités territoriales, du développement et de l’aménagement du territoire, sur la possible suppression de la ville dans l’architecture des collectivités territoriales, le débat fait rage dans la vieille ville.

En effet, trois camps s’opposent. Si pour certains, il est hors de question de supprimer la ville, pour d’autres ce sont les trois communes de Rufisque Est, Rufisque Nord et Rufisque Ouest qui doivent disparaitre pour avoir une ville plus forte. Tout le contraire d’un troisième camp qui estime que la ville dans son fonctionnement actuel, n’a pas sa raison d’être et doit être reconsidérée.  

Parmi ces derniers, le maire de Rufisque Est, M. Mamadou Albé Ndoye, qui comme le président du Conseil départemental de Rufisque est « totalement en phase avec le chef de l’État. »

En effet, dira-t-il, « il est constaté et c'est unanime que la ville aujourd'hui n'a pas une pertinence pour le développement de Rufisque. Depuis 2002, les trois maires qui se sont succédés à la tête de la ville, ont eu à exécuter plus de 80 milliards, mais n'ont pas pu faire un investissement équivalent à 4 milliards à Rufisque.  Ce n’est pas une telle institution qui peut donc porter le développement de Rufisque », a dit M. Ndoye qui défie quiconque de prouver le contraire.

Ainsi, invite-il les uns et les autres à ne pas verser dans la manipulation et « qu’il ne faut pas qu'on trompe les gens sur des sentiments. Je préfère avoir un village qui réponde à toutes les préoccupations de développement que d'être dans une ville qui est en déclin tous les jours », a ajouté l’édile de Rufisque Est.

Pour toutes ces raisons, le conseiller municipal à la ville de Rufisque, estime « qu’il est donc normal qu'on revoie le mode de fonctionnement et de répartir les ressources de la ville aux communes. Il faut pas verser dans le sentimentalisme, la ville en tant qu’entité géographique ne disparaitra jamais. Mais dans le cadre du fonctionnement il va falloir corriger et ce qu'a dit le chef de l'État et nous sommes en phase », a ajouté M. Ndoye.

Cependant, même s’il considère qu’il faut renforcer les communes, pour répondre aux préoccupations des populations, Albé Ndoye considère qu’il faut tout de même « une institution qui va coordonner les activités des communes dans le domaine de la voirie, de l'assainissement, de l'éclairage public, du ramassage des ordures, oui la ville pourrait être pertinente pour jouer ce rôle. C'est notre avis », a-t-il conclu.  

Il faut dire que la commune de Rufisque-Est est la commune la plus délaissée et qui paie le prix le plus fort de l’existence de la ville. En effet, c’est cette commune qui abrite la cimenterie de la SOCOCIM et ne bénéficie pas pour autant des taxes et autres patentes de l’usine qui verse directement à la ville.
 
Samedi 9 Janvier 2021
Dakaractu




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