Suite au deuxième coup d'État : Le Mali suspendu par l'Union Africaine, s'expose aux sanctions de l'institution.

Profondément préoccupé par l'évolution de la situation au Mali et son impact négatif sur les gains réalisés jusqu'à présent dans le processus dans le pays tout en rappelant également la décision prise lors du Sommet Extraordinaire de l'Autorité des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), tenu le 30 mai 2021, à Accra, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine a suspendu le Mali de toute participation à toutes les activités de l'Union africaine, de ses organes et institutions, jusqu'à ce que l'ordre constitutionnel normal soit rétabli dans le pays.


L'institution condamne avec la plus grande fermeté et rejette totalement les coups d'État et les changements anticonstitutionnels de gouvernement sur le continent, conformément aux dispositions de l'Article 4(p) de l'Acte constitutif de l'UA et exhorte vivement les militaires maliens à retourner d'urgence et sans condition dans leurs casernes et à s'abstenir de toute nouvelle ingérence dans les processus politiques au Mali, tout en appelant à la création de conditions propices à un retour sans entrave, transparent et rapide à la transition dirigée par des civils, sur la base de la feuille de route convenue pour la transition au Mali, faute de quoi le Conseil n'hésitera pas à imposer des sanctions ciblées et d'autres mesures punitives à l'encontre de tout trouble-fête de la transition actuelle.

 

L'UA demande aux forces de défense et de sécurité maliennes de lever immédiatement toutes les restrictions imposées à tous les acteurs politiques, y compris l'assignation à résidence de S.E. Bah N'Daw et de S.E. Moctar Ouane.

 

L'Union Africaine demande aux autorités de transition de respecter et de se conformer à la période de transition de 18 mois initialement prévue et, par conséquent, appelle à nouveau le peuple malien à placer les intérêts suprêmes du pays et de son peuple au-dessus de tout, à rester calme et à continuer à travailler ensemble dans le cadre de l'Accord de paix et de réconciliation pour le Mali de 2015, issu du processus d'Alger, avec la participation effective des femmes, des jeunes et des Maliens de la diaspora, pour résoudre la crise actuelle et organiser des élections démocratiques libres, justes et crédibles le 27 février 2022.

 

Elle exige également sans ambiguïté que les dirigeants actuels du processus de transition, y compris le chef de la transition, le vice-président et le premier ministre, ne soient en aucun cas candidats à la prochaine élection présidentielle au Mali et appelle les dirigeants militaires et tous les acteurs politiques à respecter pleinement et inconditionnellement la Charte de la Transition tout en demandant instamment la nomination immédiate d'un Premier ministre civil pour mener à bien le processus de transition et coordonner un processus de réconciliation nationale et de dialogue véritablement inclusif pour la stabilité du Mali.

 

L'institution africaine décide en outre de constituer une mission d'évaluation du CPS au Mali, afin de s'engager avec toutes les parties prenantes concernées et l'Envoyé spécial et Médiateur de la CEDEAO, en vue d'identifier les domaines dans lesquels l'UA pourrait apporter son soutien au Mali, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du programme de transition et la tenue des élections. 

Mercredi 2 Juin 2021
Dakaractu




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