Sonko, la peur au ventre !


N’est pas lui, Ousmane Sonko, leader de Pastef qui appelait de tous ses vœux à un procès dans le cadre de l’affaire Sweet Beauty ? N’est ce pas lui qui disait être convaincu de sa non-culpabilité face aux accusations de la masseuse? N’est ce pas lui également qui, dans ce dossier, clamait haut et fort que jamais il ne pourrait être condamné ? Ce n’était qu’un leurre !

Ces multiples sorties cachaient une toute autre réalité. Ousmane Sonko a peur d’aller en prison. Ce qui, d’ailleurs, justifie amplement son appel à la résistance. Son souhait que les Sénégalais se posent en bouclier pour le tirer des griffes de la justice, traduit le manque de sérénité, de courage mais surtout une volonté de se dérober face à ses responsabilités. Il ne veut plus rien assumer. Et pourtant, même si seul un procès peut déterminer son degré de culpabilité dans l’affaire Sweet Beauté, il demeure constant que le patron de Pastef a joué avec la confiance de ses militants, le soutien de Sénégalais ayant cru à son projet politique. Il a suivi ses propres pulsions au détriment de la raison, en bravant l’interdit lié au couvre-feu. 

Aujourd’hui, le moins qu’on puisse attendre de lui, est qu’il assume son acte. Qu’il lave sa souillure, si bien évidemment, tel est le cas. Au lieu d’en appeler au soulèvement et à la révolte, pour préserver ses propres intérêts. Il ne peut y avoir pire manque de respect aux Sénégalais que de commettre des bêtises et ensuite dire qu’on a été piégé, qu’on est victime de complot. 

Son discours du jeudi 19 janvier 2023 décèle sa peur, son anxiété et ses inquiétudes quant à une issue défavorable dans cette affaire de mœurs. «Mon destin est entre les mains du Tout Puissant. Je me remets à Lui, et j’accepterais mon sort». Cette déclaration, à elle seule, suffisait comme discours à servir au public. Et nul n’aurait à redire sur son comportement, son attitude et ses velléités de déstabilisation du pays. La suite de son assertion visant à jeter le discrédit sur le Juge d’Instruction Oumar Maham Diallo qui, pour lui, est disqualifié, puisqu’ayant des accointances, des liens de parenté avec des pontes de la République dont Abdoulaye Daouda Diallo, renseigne davantage sur son état psychologique. 

Surement conscient de son imprudence et même de sa faute, M. Sonko anticipe sur le verdict du procès en déclarant : «On ne lui (Maham Diallo) pardonnera jamais notre condamnation dans le cadre de cette affaire de viol présumé. Le Juge Diallo est une marionnette, un pantin à la solde du pouvoir en place. Il est le bras armé de l’Exécutif». En construisant son argumentaire de la sorte, Ousmane Sonko met en évidence une approche perverse et dangereuse contre laquelle toutes les forces vives de la Nation, doivent être vigilantes et sans aucune concession. Car son ambition est de déconstruire tout ce qui a servi jusqu’ici de socle à notre pays pour ainsi semer définitivement le désordre et le chaos. C’est à cela qu’il faille véritablement constituer un bouclier. En réalité, le leader de Pastef présuppose la naïveté et l’ignorance de l’opinion pour produire des effets auprès de certains citoyens. Malheureusement, d’aucuns acceptent ainsi de renoncer à l’usage de la raison critique. 

Dans ce sens, il conforte son argumentaire en appelant les magistrats, donc les collègues du juge Diallo, à prendre leurs responsabilités, s’ils désirent vraiment une indépendance. «La justice est le dernier rempart d’un Etat, d’une démocratie. Le seul adversaire de l’opposition politique, de la société civile et du peuple Sénégalais est la justice. Ce qu’elle a pu faire à Khalifa Sall et à Karim Wade ne m’arrivera pas. J’invoque mon droit à la résistance. Je tomberais, s’il le faut, en gardant toute ma dignité. Je sais que le peuple me soutiendra dans ce combat. Il fera face à l’injustice, en empêchant que je sois sacrifié. Ce qui s’est passé dernièrement (émeutes de Mars) n’est pas à exclure cette fois encore. Aucun Juge ne pourra me condamner à 5 ans d’emprisonnement dans ce dossier» indique-t-il. Pour ceux qui ne le savent pas, une peine de 5 ans reviendrait à le rendre inéligible, puisqu’il perdrait ses droits civiques. La question à se poser est de savoir pourquoi Sonko n’a pas récusé le Juge d’Instruction ? Après tous les griefs soulevés contre le magistrat, il parait même incohérent, de sa part, pour ne pas dire contradictoire d’accepter de se soumettre à son interrogatoire, sans jamais initier une action tendant à le sortir de la procédure.

Un autre fait marquant du long discours de M. Sonko, traduisant davantage son état de peur-panique reste le fait qu’il sollicite l’intervention des guides religieux pour le tirer d’affaire, en mettant définitivement un terme au dossier viol présumé qui, selon lui, pourrait embraser le Sénégal. Il oublie tout simplement que les fondements de notre Etat-Nation, que nos aînés ont mis du temps à bâtir avec des ressorts solides, au prix d’immenses sacrifices, ne peuvent être sapés et sacrifiés à l’autel d’un pouvoirisme outrancier et au profit d’une seule personne au détriment de tout le peuple. 

Alioune Badara COULIBALY (Journaliste)
Vendredi 20 Janvier 2023
Dakaractu



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