Le président de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a prononcé ce samedi à Diamniadio son discours de clôture du premier Congrès ordinaire du parti, devant des délégués venus des 553 communes du Sénégal et de la diaspora. Reconduit à la tête du mouvement, il a déroulé à la fois son bilan, formulé un avertissement interne et décliné sa feuille de route idéologique.
12 ans après la fondation de Pastef en 2014, Ousmane Sonko a retracé le chemin parcouru : « les débuts marginalisés, l’entrée à l’Assemblée nationale en 2017, la percée présidentielle de 2019, puis les années de répression, de dissolution, d’emprisonnement et avec plus de 80 morts lors des manifestations selon des organisations de défense des droits humains ». « On peut dissoudre un parti sur le papier, mais on ne dissout pas une espérance devenue collective », a-t-il déclaré.
Le leader du Pastef Les patriotes a ensuite posé ce qu’il présente comme la question centrale de ce nouveau cycle : non plus conquérir le pouvoir, mais l’exercer dans la fidélité aux engagements. « Les révolutions peuvent être détournées, absorbées ou vidées de leur contenu lorsqu’elles ne se dotent ni d’une doctrine claire ni d’une organisation capable d’inscrire le changement dans la durée », a-t-il averti, dans un passage lu par beaucoup comme un message adressé à ceux qui, « au sommet même de l’État », seraient tentés de prendre leurs distances avec la dynamique populaire.
Abordant l’aspect idéologique, l’ancien premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la matrice du parti : « un panafricanisme souverainiste de transformation démocratique », dans la lignée de Cheikh Anta Diop, Amílcar Cabral et Kwame Nkrumah. Il a articulé trois piliers indissociables, la souveraineté politique, économique et panafricaine en rejetant aussi bien « le réformisme tiède » que « le volontarisme autoritaire ».
Au chapitre du bilan gouvernemental, le président de Pastef a défendu les orientations prises depuis l’accession aux responsabilités avec la révélation de l’état réel des finances publiques, la renégociation des contrats miniers et pétroliers, le refus des ajustements imposés de l’extérieur, la priorité aux secteurs stratégiques plutôt qu’aux « investissements de prestige ». Il a cependant admis des insuffisances, évoquant des « sabotages internes dictés par des calculs politiciens ».