Somone : Bajanu Gox, magistrats et délégués de quartier, en conclave pour venir à bout de la non-déclaration des faits d’état civil.


La non-déclaration de naissance, décès ou mariage constitue un problème que l’État veut prendre à bras le corps pour avoir des statistiques fiables pour l'élaboration de ses politiques.

Pour ce faire, l’essentiel des acteurs concernés  se sont retrouvés dans le cadre d’un atelier de formation. Un atelier financé par la Fondation Osiwa et mis en œuvre par la Direction de la Justice de proximité et de la promotion de l'accès au droit (Djppas).

Cette rencontre de 48 heures se veut une occasion pour les autorités de "renforcer les capacités des acteurs sur l'état-civil au Sénégal et promouvoir l'adoption d’une approche pluridisciplinaire de prise en charge de la problématique de l'état-civil."
 
"L’atelier c’est un projet que nous avons dans lequel on est accompagné par la Fondation Osiwa donc qui est relatif à l’état-civil. Cela entre dans les missions de la Djppas dont l’une des missions c’est, justement, de faire ce que nous appelons l'accès au droit. C’est-à-dire vraiment de la vulgarisation. Ici, la thématique c’est l’état-civil.  Et tout le monde connaît l'importance donc de l’état-civil, ne serait-ce que par rapport à la citoyenneté. Donc, ce projet-là vise d’abord à sensibiliser les populations sur l'importance de l’état-civil mais aussi à organiser des séances de formation pour, surtout, les acteurs qui interviennent à la base. Je veux parler par là des Bajanu Gox, des officiers d’état civil, mais également les magistrats qui interviennent dans le processus, c'est pourquoi ici vous avez un public où on a des présidents de tribunaux d'instance qui sont les juridictions qui surveillent  l’état civil. On a également des procureurs qui sont là, les coordonnateurs des maisons de justice et les officiers d’état civil", a déclaré Mademba Guèye, le directeur de la Justice de proximité et de la promotion de l’accès aux droits, au micro de Dakaractu.
 
Ce dernier a relevé qu’au Sénégal, l’accès à l’état civil reste un problème. C’est le cas, selon lui, ‘’surtout chez les enfants qui sont en âge d’aller à l’école. Et c’est toute l’importance de ce projet dont l’objectif premier, c’est justement de lutter contre la non déclaration des faits d’état civil par les personnes assujetties qui doivent faire ces déclarations-là. C’est donc effectivement un problème."
 
"Nous estimons que le problème est surtout un problème de compréhension de l’importance que l’état-civil a par rapport au vécu, à l’avenir de ces enfants. Et même pour l’État. Parce que l'état-civil également, comme l’a dit tantôt le directeur de cabinet du secrétaire d’État aux droits humains qui a ouvert l’atelier, c’est également pour l’État un outil qui lui permet donc de faire des prévisions donc dans tous les domaines, sur le plan économique, sanitaire, sur le plan des infrastructures scolaires etc. Donc c’est vraiment un point très important et c’est pourquoi nous travaillons avec Osiwa pour le ministère de la Justice. Ce pour sensibiliser davantage les populations à aller déclarer les faits d’état civil", a-t-il confié. 
 
Sur le nombre d’enfants au Sénégal qui ne sont pas encore déclarés à l’état civil, il dit préférer jouer la carte de la prudence pour ne pas donner de faux chiffres. ‘’Je ne peux pas, là, donner des chiffres exacts. Mais, ce qui est clair, cette année-ci, on a parlé de milliers d’enfants qui devaient faire des examens et qui n'avaient pas d’état civil’’. Cela est relatif aux informations relayées, il y a quelques jours, dans la presse qui ont fait état de près de 300 000 élèves qui n’avaient pas d’acte d’état-civil qui doivent faire des examens de Cfee. Une situation que l’État veut corriger. ‘’Les autorités y travaillent en premier, surtout en ce qui concerne le ministère de la justice dans le cadre des audiences foraines, comme par exemple on essaie d’apporter des solutions vraiment ponctuelles pour que ces enfants-là puissent disposer d’actes d’état civil en lien avec les mairies pour que les concernés puissent disposer d’actes de naissance’’, a confié Mademba Guèye, le directeur de la Justice de proximité et de la promotion de l’accès aux droits. 
Lundi 28 Juin 2021
Dakaractu




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