Somone : « Des statistiques montrent qu’on a, chaque année, des milliers d’enfants qui ne sont pas déclarés » (Osiwa)


À la Somone, ce lundi 28 et mardi 29 juin 2021, des acteurs de la société civile, des représentants de l’État et des partenaires se sont retrouvés dans le cadre d’un atelier de formation. Un atelier financé par la fondation Osiwa et mis en œuvre par la Direction de la justice de proximité et de la promotion de l'accès au droit (Djppas).
 
À cette rencontre de 48 heures dont le thème porte sur la nécessité de ‘’renforcer les capacités des acteurs sur l'état civil au Sénégal et promouvoir l'adoption d’une approche pluridisciplinaire de prise en charge de la problématique de l'état civil", Mme Awa Ba, la directrice pays de Osiwa Sénégal était de la partie. ‘’L’état civil est un élément important dans la vie de tout citoyen. Donc, promouvoir, accompagner les populations pour les sensibiliser sur l’importance de déclarer les enfants à la naissance, cela est important. On ne le fera jamais assez parce que nous avons des statistiques qui montrent qu’on a toujours, chaque année, des milliers d’enfants qui ne sont pas déclarés''. Et pour les populations, elle plaide pour l’implication effective des Maisons de justice pour mieux les sensibiliser sur la nécessité de toujours procéder aux déclarations à l’état civil. Il s’agit, selon Mme Ba, de disposer pleinement ce dispositif-là pour accompagner les populations; les autres acteurs de la chaine, à savoir les officiers d’état civil ; les magistrats, mais aussi toutes ces personnes qui sont dans la communauté et qui peuvent servir de pont entre l’état et les citoyens. Ce sont, selon elle, ‘’les Bajanu Gox, les imams, les délégués de quartiers, entre autres, pour que tous ensemble, on puisse vraiment lutter contre la non-déclaration des naissances’’. 
 
Pour Awa Ba, la directrice pays de Osiwa Sénégal, il est aussi important "de promouvoir, d’une manière générale, la citoyenneté plus active, grâce à tout ce que l’on doit faire comme, entre autres, déclarer les naissances, les décès, les mariages, pour avoir des statistiques fiables", dira-t-elle. 
 
Cette dernière de relever l’absence d’étude pouvant montrer comment évoluent les statistiques. Toutefois, elle note une récurrence des non-inscriptions des enfants à la naissance. ‘’Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a une persistance de la non-déclaration des naissances. Je devrais dire que, normalement on a des améliorations, mais cela doit être très lent. Ce qui veut dire qu’il y a encore un travail à faire pour rapprocher les populations des structures de déclaration, pour les conscientiser. Mais aussi pour outiller les autres acteurs comme les agents des centres de santé pour qu’ils aient le réflexe d’amener les populations surtout les mamans et les papas de déclarer automatiquement les enfants à la naissance. Et quand ce n’est pas le fait aussi, de mettre à leur disposition, des espaces de rattrapage. Par exemple avec l’organisation d’audiences foraines qui sont encadrées’’. 
 
Mme Ba, dans ses propos, de lever un coin du voile sur ce projet qui a réuni tous ces acteurs là pour deux jours. ‘’Un autre travail que fait ce projet-là, la direction de la justice de proximité avec les Maisons de justice, c’est de voir comment travailler de manière rapprochée avec les inspections d’académie par exemple pour recenser les enfants qui doivent passer des examens et qui n’ont pas de pièce d’identité pour organiser des audiences foraines ciblées et les aider à acquérir ces pièces-là. Parce que nous savons aussi qu’il y a un souci avec les audiences foraines. Et pour justement travailler de manière beaucoup plus efficace, et de manière beaucoup plus ciblée, ce projet-là encadre tous les acteurs de manière organisée avec une approche pluridisciplinaire pour être beaucoup plus efficient. On ne va pas justement organiser des audiences foraines pour les organiser. Mais, on les organise parce qu’on sait qu’on a tout un noyau, une population qui est ciblée, qui est là, qui a besoin de pièces d’identité. Et pour lesquelles on crée des cadres pour l’acquisition de ces documents d’identité’’, a déclaré la patronne de Osiwa Sénégal.
Lundi 28 Juin 2021
Dakaractu



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