Sommet extraordinaire sur la crise malienne : « Le temps presse et les risques sont grands » (Mahamadou Issouffou)


Au sortir des élections législatives maliennes de mars et avril 2020, une coalition hétéroclite regroupant chefs religieux, partis politiques et mouvements de la société civile  a vu le jour et réclame la démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta.
 
Les contestataires réclament également la dissolution de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle. Trois rassemblements ont à cet effet été organisés à la place de l’Indépendance de Bamako. Mais le troisième a dégénéré et a donné lieu à des violences qui ont occasionné la mort d’au moins 11 manifestants.
 
Face à cette impasse, la CEDEAO s’est investie pour une sortie de crise. Mais ces différentes missions dont celle de jeudi dernier conduite exclusivement par des chefs d’État n’ont pas encore connu le succès attendu. Pour autant, la CEDEAO ne cède pas.
 
Ce lundi, les chefs d’Etat sont conviés à un sommet extraordinaire par visioconférence pour trouver une solution à cette crise qui risque d’embraser toute la sous-région. C’est la crainte du président nigérien qui préside la rencontre de ce matin.
 
« Le temps presse et les risques sont grands. N’oublions pas de tirer les leçons du passé. N’oublions pas que l’effondrement des institutions maliennes en 2012 a failli ouvrir la voie au contrôle du pays par des organisations terroristes. N’oublions pas que le Mali, comme les autres pays du Sahel et du Bassin du Lac Tchad, est en guerre, guerre qui est une des conséquences de la crise de 2012, prouvant ainsi que l’effondrement d’un État dans un pays, n’en fait pas payer les frais seulement à ce pays mais à tous ses voisins et même au-delà. Cette vérité est bien illustrée par la crise libyenne suivie de la crise malienne qui, toutes les deux, ont permis au terrorisme de prendre pied dans le Sahel », alerte le président nigérien pour qui « le terrorisme et la pauvreté » sont les principaux ennemis du peuple malien.
 
Mais le mouvement du 05 juin semble intraitable sur la démission du président malien. Une « ligne rouge » pour la CEDEAO, comme l’a rappelé d’ailleurs le président sénégalais, lors de la rencontre des chefs d’Etat avec le M5 à l'hôtel Sheraton. « On n’est pas là pour négocier la démission d’IBK », avait rappelé Macky Sall. 
 
À l'occasion d’une Assemblée générale tenue le samedi 25 juillet, les jeunesses du M5 promettent de poursuivre les manifestations après la Tabaski, avec l’assentiment de leurs leaders dont le premier, l’Imam Mahmoud Dicko est annoncé ce lundi auprès des familles des victimes des manifestations des 10, 11 et 12 juillet.
Lundi 27 Juillet 2020
Dakaractu




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