Situation économique et sanitaire / Thierno Alassane Sall alerte : « Le Sénégal file tout droit vers une catastrophe économique d’ici la fin du second et dernier mandat de Macky Sall »

Dans un communiqué rendu public, Thierno Alassane Sall et les cellules économiques et les cadres de la République des Valeurs alertent sur des lendemains incertains que pourront vivre les populations sénégalaises avec une situation économique confuse liée à "la mauvaise gouvernance des affaires publiques".
Dakaractu vous propose in extenso le communiqué publié par la cellule économiques du parti.


Situation économique et sanitaire / Thierno Alassane Sall alerte : « Le Sénégal file tout droit vers une catastrophe économique d’ici la fin du second et dernier mandat de Macky Sall »
 

"Le gouvernement du Président Macky Sall et ses relais de communication ont claironné sur tous les toits les « prouesses économiques du gouvernement en dépit du contexte pandémique » lorsque le Fonds monétaire international (FMI) a sorti un communiqué, le 12 janvier 2021, déclarant que les résultats obtenus au terme de la deuxième revue du programme de l’Instrument de Coordination de la Politique Économique (ICPE) étaient « globalement satisfaisants ».

 

Deux semaines après, soit le 26 janvier 2021, le FMI publie le rapport complet (86 pages) d’évaluation (téléchargeable sur le site du FMI : https://www.imf.org/en/Publications/CR/Issues/2021/01/19/Senegal-Second-Review-Under-the-Policy-Coordination-Instrument-and-Request-for-Modification-50026). Ce qu’on y apprend, par une lecture complète et approfondie, est déroutant et sème des inquiétudes légitimes pour quiconque se préoccupe de l’avenir économique du Sénégal. 

 

Contrairement aux affirmations, qui se voudraient rassurantes, distillées à profusion et de façon insidieuse par le gouvernement, le Sénégal file tout droit vers une catastrophe économique d’ici la fin du second et dernier mandat de Macky Sall en 2024. La publication de ce rapport nous donne l’opportunité d’alerter à nouveau sur des sujets que nous avons traités à plusieurs reprises devant la stratégie de déni du gouvernement : l’inadéquation et l’insoutenabilité de la stratégie de croissance de Macky Sall et le surendettement de notre pays.

 

Le ralentissement des moteurs de la croissance 

 

La matrice d’évaluation des risques (page 30) présentée dans le rapport, qui identifie les événements ou situations susceptibles de modifier sensiblement les prévisions économiques du gouvernement, révèle, qu’en plus des changements inattendus provoqués par la pandémie de la Covid-19, le Sénégal est exposé à des risques liés au 

« mécontentement social généralisé et à l’instabilité politique ». Que le FMI en vienne à s’inquiéter des risques de « mécontentement social généralisé » en dit long sur les performances économiques du régime dont les capacités d’analyse sont infectées par une corruption contagieuse.

 

Selon le FMI, « la réponse de la politique budgétaire est insuffisante dans un contexte de diminution de la marge de manœuvre politique et des préoccupations concernant la viabilité de la dette ». En effet, le FMI parle de « perspective assombrie », car les scénarii du gouvernement reposent sur une reprise économique robuste (taux de croissance de 5,2% du PIB en 2021, 6% en 2022 et 11,9% en 2023), alors que « la trajectoire de croissance future de l’économie sénégalaise est très incertaine ». 

 

C’est ainsi que le FMI a développé des scénarios qui voient sérieusement les prétentions du gouvernement à la baisse en considérant plus réalistes des taux de croissance de 3% en 2021, 5% en 2022 et en 2023 (page 35). Le réalisme du FMI se justifierait notamment par le ralentissement de la demande intérieure, la réduction du volume des transferts monétaires effectués par les sénégalais de la diaspora, mais surtout par les retards enregistrés dans la mise en œuvre des projets d’hydrocarbures dont la production pourrait ne pas démarrer avant 2025. Ce ralentissement de la croissance risque d'accroître la pauvreté et l’insécurité alimentaire, le manque d’emplois et une situation sociale délétère.

 

L’approfondissement du surendettement 

 

Ce ralentissement des activités économiques serait également de nature à réduire les recettes fiscales et entraînerait des déficits budgétaires plus élevés.

 

Dans ce contexte, le FMI considère que le Sénégal « manque de marge de manœuvre pour un soutien budgétaire supplémentaire afin de stimuler la demande compte tenu de son niveau d’endettement très élevé ». Selon l’institution de Bretton Woods, la dette publique dépassera 11,000 milliards de F CFA à la fin 2023 même dans le scénario le plus optimiste alors qu’elle n’était que de 2760 milliards de F CFA en 2012 lorsque Macky Sall arrivait au pouvoir. Aussi la dette publique du Sénégal dépasserait le critère de convergence de l’UEMOA en 2023, lequel limite le niveau d’endettement des États membres à 70 % de leur PIB.

 

Le faux alibi de la COVID-19

 

Cette situation sombre, qui n’augure rien de bon pour les populations laborieuses, ne résulte pas, exclusivement, de la situation pandémique que traverse le pays. Bien avant l’apparition de la Covid-19, la situation économique du pays était peu reluisante, voire frôlait la banqueroute. En effet, le montant total de la dette publique nominale du Sénégal s’élevait, en décembre 2019, à 9 114 milliards FCFA soit 63% du PIB. Ce niveau d’endettement très élevé avait valu au Sénégal, au début de l’année 2020, un avertissement du FMI qui enjoignait le gouvernement de ne pas contracter une dette supplémentaire supérieure à 449 milliards FCFA d’ici à la fin de l’année (2020). Face à cette situation, plus que difficile, la pandémie du coronavirus s’est révélée comme une aubaine pour Macky Sall et son Gouvernement pour faire sauter les verrous de l’endettement.

 

La situation économique et financière tendue dans laquelle vivait le Sénégal avant l’apparition de la Covid-19 résultait, en grande partie, de la progression alarmante de la mauvaise gouvernance et de la corruption mais aussi surtout aux mauvais choix opérés par Macky Sall et son gouvernement : des investissements non prioritaires et productifs tels que le train express régional (TER), la construction d’un nouveau stade pour accueillir les Jeux Olympiques de la jeunesse, l’érection de Diamniadio comme pôle administratif et centre d’affaires doté de plusieurs et coûteuses infrastructures (centre de conférence international, Dakar Arena, etc.). De plus, tous ces mauvais choix d’investissements sont concentrés dans la région de Dakar qui représente moins de 0,3% (547 km2) de la surface totale du pays.

 

À beau « mackyller », le vernis finit par craquer de partout sous le poids de la réalité. Devant ces questions stratégiques pour l’avenir de notre pays, le Président Macky Sall et son gouvernement ont adopté une stratégie de la sourde oreille et de déni des faits. Notre pays a plutôt besoin d’assises économiques pour débattre de manière transparente et sereine de ces questions et imaginer des solutions pour tirer le Sénégal de l’avenir économique sombre vers lequel la mauvaise vision de Macky Sall le dirige.

 

La cellule économie de la République des Valeurs".

Lundi 1 Février 2021
Dakaractu



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