Situation d’insécurité en Afrique de l’Ouest : « La menace est en train de s’aggraver… », selon le général Dagvin Anderson (AFRICOM)


En visioconférence avec des journalistes africains, ce mardi 3 février 2026, le général Dagvin Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM), s’est exprimé sur la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Interpellé par un confrère guinéen sur le niveau de la menace terroriste et de l’instabilité dans la sous-région, le haut gradé américain a dressé un tableau qu’il juge « préoccupant ».

« Oui, c’est une excellente question. Nous constatons clairement que la menace est en train de s’aggraver, aussi bien de la part de Daech que d’al-Qaida », a-t-il déclaré. Selon lui, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM) est « clairement affilié à al-Qaida au Sahel » et intensifie ses actions dans plusieurs zones sensibles.

 

Le général Anderson alerte sur une pression accrue exercée par ces groupes armés à travers le Sahel, avec des risques directs sur les capitales de la région et une possible extension de la menace vers d’autres pays, sans toutefois les nommer. « Nous les voyons accroître la pression, notamment à travers le Sahel, en menaçant les capitales et en débordant vers certains autres États », a-t-il précisé.

S’appuyant sur ses déplacements récents dans plusieurs pays du golfe de Guinée, le commandant de l’AFRICOM affirme percevoir des « préoccupations partagées » face à l’expansion continue de l’insécurité. Cette situation, selon lui, souligne l’importance de la conférence d’Aqaba tenue à Rome il y a quelques mois. « Le Premier ministre italien et le roi de Jordanie ont contribué à mobiliser l’attention internationale et à souligner l’urgence de faire face à cette menace », a-t-il rappelé.

Dagvin Anderson a réaffirmé l’engagement des États-Unis à poursuivre leur coopération avec les partenaires africains volontaires pour faire face à ce défi sécuritaire commun. À ce titre, il cite le Nigeria comme un exemple de partenariat efficace. « Notre coopération avec le Nigeria illustre ce que peut être un partenariat à la fois volontaire et capable », a-t-il souligné, évoquant l’appui américain en matière de renseignement, de surveillance, de reconnaissance (ISR) et de fusion du renseignement.

« En mettant ces capacités en commun, nous sommes beaucoup plus efficaces pour contrer ces menaces. Faire face ensemble à ces dangers est essentiel pour notre avenir », a conclu le commandant de l’AFRICOM, estimant que la coopération ciblée avec des partenaires engagés a déjà permis d’enregistrer des résultats positifs dans la lutte contre le terrorisme dans la région.

Mercredi 4 Février 2026
Dakaractu