Service universel : le FDSUT dénonce le non-versement intégral des fonds destinés aux zones blanches


Dix. C’est en effet, le nombre dérisoire de nouveaux sites de télécommunications réalisés l’an dernier par le Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), une structure qui existe pourtant depuis près de vingt ans. Derrière ce chiffre accablant se cache une réalité que le délégué syndical de l’institution, Amadou Sylla Bâ, ne veut plus taire : des milliards de francs CFA collectés auprès des opérateurs télécoms n’atteignent jamais leur destination.

 

Le mécanisme est pourtant bien encadré par les textes. Le décret n°593/2019 impose que 0,75 % des sommes recouvrées auprès des opérateurs soient reversées au FDSUT, dont la mission est d’assurer la couverture des zones les plus reculées et les moins rentables du territoire sénégalais. Mais entre le cadre juridique et la réalité des comptes, il y a un gouffre. Les fonds transitent d’abord par le Trésor public, qui procède à ses propres arbitrages avant d’allouer au fonds des montants systématiquement inférieurs aux prélèvements effectués. « Nous n’avons jamais perçu la totalité des prélèvements effectués », dénonce Ahmadou Sylla Bâ, qui qualifie sans détour ces sommes non reversées de « dette » de l’État envers le FDSUT une dette accumulée sous différents régimes successifs.

 

 

Près de deux décennies après sa création, le FDSUT peine à remplir son mandat. Des citoyens sont encore contraints, selon le délégué syndical, de « monter sur des arbres pour capter un signal ou passer un appel ». Une image saisissante qui illustre l’ampleur du retard à combler en matière d’équité territoriale.

 

La controverse récente autour de l’arrivée de Starlink au Sénégal a ravivé le débat sur la couverture des zones blanches, mais le FDSUT affirme en avoir été tenu à l’écart. « Nous découvrons certaines annonces dans la presse, alors même que la mission de service universel relève directement de notre mandat », s’indigne Ahmadou Sylla Bâ. Une mise à l’écart qui interroge sur la cohérence de la stratégie nationale en matière de connectivité.

 

En conséquence, le délégué syndical invite l’État à reverser intégralement au FDSUT les ressources qu’il collecte en son nom. « Le service universel n’est pas un slogan. C’est un engagement envers les populations les plus reculées du pays. Et cet engagement doit être respecté », souligne t-il. 

Jeudi 19 Février 2026
Dakaractu