Serigne Abdou Al Amine, deux ans après, et ce contexte qui attise notre regret.


Louange à Allah (SWT) Qui, lorsqu’Il a décidé de notre création, a créé une Lumière-source, celle de Seydina Mouhammad (PSL). Prières et salut sur ce prodigieux prophète, porteur jusqu’à la fin des temps du message tout complet, souverain de tous les messages des prophètes précédents.
Seydi Elhadji Malick SY (RTA) a ainsi écrit dans ses ouvrages, que Mouhammad (PSL) constitue cette lueur sans laquelle l’humanité serait inexorablement et sempiternellement enfoncée dans l’obscurantisme. Un grand merci à cet érudit hors pair, tout aussi indispensable qu’incontournable, dont le combat et la stratégie stoïques et résilients dévoilés à l’encontre du colon ont largement contribué à éviter au peuple sénégalais la déperdition spirituelle évitée à l’humanité par le prophète Mouhammad (PSL). Seydi Elhadji Malick (RTA) (ou Maodo) a ainsi accompli une œuvre indispensable de réhabilitation des valeurs spirituelles africaines, qui ont été agressées, sabordées, profanées et occultées durant près de dix siècles d’envahissement. La charte du Mandé promulguée en 1222 offrait déjà un cadre approprié de coexistence démocratique et sociale, bien avant la déclaration universelle des droits de l’homme élaborée plus sept siècles après. Il est largement reconnu que la plupart des rois et des empereurs africains de l’époque, dont Soundiata Keita, étaient déjà islamisés. Les peuples africains ont par la suite vécu sept longs siècles de léthargie et d’errements spirituels impulsés par l’envahisseur occidental qui a alors eu tout le temps requis pour ternir, abaisser et dévoyer ce noble héritage.

Dans la période coloniale, l’ultime offensive de démolition des valeurs religieuses, antérieurement léguées par nos ancêtres, était le mot d’ordre de l’envahisseur occidental, par le biais d’une chasse aux sorcières à l’encontre de tous les dignitaires islamiques. Cette offensive, faite d’agression, de discrédit et d’occultations des croyances spirituelles africaines, devait nécessairement passer une stratégie de destruction du patrimoine historique africain, afin de justifier et de légitimer le sale dessein de l’esclavagisme à compter des années 1510, puis de la colonisation amorcée vers les années 1770. Après tout cet immense travail multi-centenaire de sapes, de sabordages et d’agressions des valeurs spirituelles africaines, le colon n’aurait cependant jamais pu imaginer le havre de pratique islamique qu’est maintenant devenu le Sénégal de la période post-indépendance. Seydi Elhadji Malick SY a joué un rôle de premier plan dans la prééminence actuelle de l’Islam et de la Tidianya dans l’axe Sénégal/Gambie/Guinée/Mali, là où beaucoup d’autres pays africains ont enregistré un taux assez élevé de pratiques autres que l’Islam.

Si le blanc avait réussi, comme ce fut le cas pour plusieurs dignitaires islamiques d’envergure de l’époque, à emprisonner, assigner à résidence ou faire exiler Seydi Elhadji Malick SY (RTA), son immense travail de propagation de l’Islam et de la Tidianya aurait été compromis à jamais. Par une stratégie appropriée, empreinte de mystique, de détermination et de pragmatisme, Elhadji Malick SY a su asseoir sa personnalité et mettre en pratique sa fermeté à l’égard du colon pour une coexistence basée sur le respect mutuel, notamment sur les plans confessionnels et scientifiques. Donc, ce que certains esprits bornés et tordus, interprètent comme de la collaboration, s’est révélé être une stratégie victorieuse d’une efficacité indubitable au service de l’Islam et de la Tidianya. Dans la sourate 3, verset 28, Allah (SWT) a mentionné cette possibilité de proximité avec l’ennemi si c’est pour se protéger des réseaux pernicieux de la mécréance. Au début de l’Islam, les musulmans ont suivi une phase de pratique secrète avant de se dévoiler. Et Seydi Elhadji Malick SY (RTA) savait mieux que quiconque qu’une confrontation de son réseau, en construction, avec le puissant système colonial risquait de faire échouer ce grand travail qu’il a accompli pour l’Islam et la Tidianya et dont nous jouissons aisément des fruits actuellement. Il faut donc être un égaré, une brebis galeuse, un détraqué schizophrène pour oser s’attaquer à cette œuvre salutaire de Seydi Elhadji Malick SY.  

Par sa méthode et sa stratégie payantes qui lui ont permis d’asseoir fermement sa spiritualité en mettant le blanc hors état de pouvoir lui nuire, Seydi Elhadji Malick n’a pas lésiné sur ses capacités de déploiement dans le pays. Sa présence, sa détermination et son abnégation lui ont permis de développer les tentacules de l’Islam et de la Tidianya au Sénégal, en Afrique et hors de l’Afrique. Il a ainsi marqué son époque par un leadership envahissant, ayant substantiellement éclipsé les autres velléités simultanées de déploiement islamique et surtout dans la Tidianya. 

Il est tout de même compréhensible que des jalousies aient pu être en gestation dans le cœur de certains descendants d’autres dignitaires en quête d’existence, de renommés et d’attributs tant proclamés. Mais comme dit un adage allemand : « il y a des choses qui ne deviennent épouvantables qu’une fois qu’on les prononce ». Certaines réactions, après la sortie de l’ouvrage « Histoire générale du Sénégal », ressemblent au dévoilement d’une haine et d’une jalousie longtemps incubées et qui n’attendaient que cette occasion pour se faire éclore.

En continuité de l’œuvre de Cheikh Omar Foutiyou TALL (RTA), d’affirmation, de manifestation et de concrétisation de la victoire spirituelle sur le blanc, Seydi Elhadji Malick SY a dû âprement lutter contre tout vide potentiel pouvant être laissé du fait de la stratégie va-t’en guerre du colon. Il a ainsi formé plus de 200 Moukhadams, déployés partout au Sénégal et dans plusieurs pays africains en vue de l’implantation d’écoles coraniques et de Zawiyas vibrant à jamais au nom de l’Islam et de la Tidianya. Seydi Elhadji Malick SY a ratissé très large et son œuvre s’inscrit en complémentarité dans les actions salutaires des autres dignitaires islamiques que comptes le pays. Loin de nous l’idée d’occulter le travail colossal accompli dans l’Islam et dans la Tidianya par les autres érudits de l’Islam et de la Tidianya, tout aussi méritants que lui.        

Cependant la plus grande gangrène de l’Islam sénégalais est l’utilisation de la religion comme fonds de commerce et comme instrument d’asservissement et d’exploitation d’innocentes personnes. Des gourous spirituellement vides et vendant des illusions à leurs talibés, aux lutteurs qui marchent sur le Coran pour leur gloire sportive, en passant par les politiciens rentiers de la religion, les principes fondamentaux de l’Islam sont largement piétinés et profanés de l’intérieur. Serigne Cheikh Tidiane SY Al Maktoum (RTA) répétait souvent que la religion a glissé vers le folklore et que les écrits saints ont glissé vers la caricature. La Tidianya n’a pas pu échapper à cette folklorisation à outrance qui gagne de plus en plus de terrain. Elle souffre de ses ordres dispersés qui obstruent l’efficacité des réactions contre les attaques multiformes subies par les pratiquants du soufisme. 

Concernant Tivaouone, il faut noter, pour s’en lamenter, de la passivité et de l’incurie des disciples devant les attaques de plus en plus affirmées perpétrées à l’encontre de ce patrimoine islamique sublime légué par Elhadji Malick SY.
C’est ainsi que dans sa posture unanimement reconnue de sentinelle immuable de la Tidianya et de la Hadara de Seydi Elhadji Malick SY (RTA), Serigne Abdoul Aziz SY Al Amiine (RTA) n’a jamais manqué l’occasion d’avertir les disciples de Tivaouone. Durant toutes ces dernières années qui ont précédé sa disparition, la cérémonie du Maouloud lui a constamment servi de tribune pour avertir sur le programme de sabotage dont la Tidianya et la Hadara de Seydi Elhadji Malick SY sont les cibles imminentes. 

L’infiltration de la Tidianya, tant redoutée par Al Amiine, semble déjà être bien à l’œuvre, dès lors que ce sont des soi-disant disciples de la Tidianya qui s’attaquent à Tivaouone. Serigne Abdou Al Amiine s’est souvent inquiété de cette recrudescence de forces embusquées dont le seul objectif est de concrétiser le vœu d’antan du colon de diviser les musulmans, de disloquer les diverses familles de la Tidianya et de rendre inopérante la coexistence pacifique qui règne dans l’Islam et entre les confréries au Sénégal.

Il importe de signaler que les attaques actuelles, sous le prétexte de la publication de l’Histoire Générale du Sénégal, révèlent une certaine incurie et une frilosité de réactions des disciples dans la défense de la Hadara de Seydi Elhadji Malick SY. Néanmoins, la stratégie du silence a bien payé, puisque la vermine qui attaque ne mérite pas qu’on la réponde. Mais c’est dans la vulgarisation concernant l’école de Maodo, qu’il faut repenser et réorienter la communication.

Chaque disciple de la Hadara de Seydi Elhadji Malick SY reconnait, à son for intérieur, que Serigne Abdoul Aziz SY Al Amine (RTA) nous manque. Ils n’ont cependant qu’à déchanter, ceux-là qui pensent que la disparition de Al Maktoum et de Al Amiine, leur ouvre la porte pour accomplir leur sale dessein de sabotage de l’œuvre d’Elhadji Malick SY. Tivaouone a vécu bien pire à l’époque où Seydi Ababacar SY, à l’âge jeune de 37 ans, était devenu Khalife de Seydi Elhadji Malick SY. Mais « KOO TINGOOM MU SUT LA » : Seydi Elhadji Malick SY, Seydi Ababacar SY, Elhadji Mansour, Elhadji Abdoul Aziz Dabakh, Seydi Moustapha SY Djamil, Serigne Mansour SY Borom Daradji, Serigne Cheikh Al Maktoum, Serigne Abdoul Aziz Al Amiine et tous les grands défunts Moukhadames ont bien pris en califourchon leurs héritiers. Ce n’est qu’une question de délai, mais qui se frotte à Elhadji Malick SY s’y pique lourdement.  
 
Elhadji Mounuirou NDIAYE,
Economiste.
Samedi 21 Septembre 2019
Dakaractu



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