Sénégal : Silence, le gouvernement est en vacances !

Le gouvernement issu de l’élection présidentielle de mars 2012 qui a pris fonction après le 04 avril dernier, sera à partir de ce vendredi 03 août 2012 déjà en vacances. Autrement dit, le gouvernement de Macky Sall prend congé après 4 mois seulement de fonction. Or à l’entendement général, vacances signifient, ni plus ni moins, un congé administratif dont jouit tout travailleur après 11 mois de travail. Vu sous cet angle, la décision du gouvernement d’aller déjà en vacances, après 120jours de travail, durant tout le mois d’août, inquiète voire révolte plus d’un sénégalais.


Ces derniers trouvent non seulement que c’est trop tôt pour le gouvernement de parler de vacances mais encore, que les urgences à régler sont si nombreux qu’il ne devrait même pas y penser pour le moment. En parlant d’urgences, la plupart des Sénégalais font surtout références aux principaux graves problèmes auxquels est confronté le pays : la crise de l’électricité, les inondations, la crise de l’école et celle de l’université. Des problèmes qui souffriraient d’attendre encore trop longtemps sans solution. La preuve, confient certains Dakarois, le «khouye Kamac», c’est-à-dire les coupures répétitives risquent d’ici peu d’envoyer, comme dans le passé, des foules dans la rue.

Au même moment, la crise scolaire qui connaissait une petite accalmie, resurgit avec les résultats catastrophiques enregistrés à l’issue des épreuves du premier tour du BFEM. Les syndicats qui balaient du revers de la main leurs responsabilités par rapport à la situation, pensent que le gouvernement ne cherche pas trop à trouver des solutions à la crise de l’école. Pour preuve, avancent-ils, après quelques séances de négociations avec la partie gouvernementale, rien n’avance encore dans le dossier de leurs revendications. «Et si dans ces conditions le gouvernement se permet d’aller en vacances cela signifie qu’il est peu préoccupé par la crise de l’école», déclare Mamadou Mbodji, patron du Cusems.

Ce dernier estime que si même les commissions continuent à travailler sur le dossier, elles ne peuvent rien faire en l’absence des ministres concernés, du Premier ministre et du chef de l’Etat. C’est le même sentiment qui habite le médiateur de l’Université Cheikh Anta Diop qui se dit surpris d’entendre parler de vacances pour une équipe gouvernementale qui n’a que trois mois d’existence et qui a en face d’elle plusieurs dossiers brûlants. «C’est quand même choquant», dit-il avant d’ajouter, «le gouvernement doit faire beaucoup attention parce que les étudiants suivent de près leurs activités et sont prompts à relever sa moindre erreur».

Pour sa part, le leader du syndicat de l’enseignement supérieur estime que le gouvernement se trompe s’il pense avoir tout régler avec la livraison des infrastructures pédagogiques au mois d’octobre et celles relevant du social au mois novembre. Car selon lui, les problèmes qui sont à l’origine de la crise à l’université ne se limitent pas à la question des infrastructures. C’est encore beaucoup plus complexe que cela. Il pense que le gouvernement doit s’atteler tout de suite et maintenant à résoudre tous les problèmes sinon après le mois d’août, c’est déjà la rentrée. Et ce sera trop tard !

Les ministres se tapent 30 jours de vacances

Après les cents jours passés dans les cabinets ministériels, leurs occupants (les ministres) prennent des congés. Ils prennent une pause de trente jours, le retour dans les ministères est prévu en septembre. Le président de la République qui l’a officialisé hier, lors du dernier conseil des ministres a toutefois souligné « l’impérieuse nécessité d’assurer la continuité du service public pendant cette période, continuité qui demeure un principe sacré, ne devant souffrir d’aucune dérogation, d’aucun infléchissement », précise le communiqué du Conseil des ministres.

Le Conseil des ministres d’hier, jeudi 2 août, est le dernier « avant la pause qui verra la suspension, pendant trente jours, des réunions hebdomadaires », a informé le chef de l’Etat, Macky Sall. Mais ces vacances ne signifient pas que les activités s’arrêtent au niveau des cabinets ministériels. Selon le communiqué du Conseil des ministres, le président de la République : « Il a souligné, avec force, l’impérieuse nécessité d’assurer la continuité du service public pendant cette période, continuité qui demeure un principe sacré, ne devant souffrir d’aucune dérogation, d’aucun infléchissement ».

Le Président Macky Sall a donné des instructions pour que « le travail dans les départements ministériels ne soit pas affecté durant cette période sous quelque prétexte que ce soit. La célérité à apporter aux sollicitations des citoyens doit demeurer intacte », dit-il.
Le point sur les conseils des ministres…

Auparavant, le chef de l’Etat a demandé à son Premier ministre « de lui faire le point sur l’ensemble des directives issues des conseils des ministres et de lui rendre compte, en début septembre 2012, de leur niveau d’exécution afin d’établir un bilan d’étape et d’évaluer, constamment, les engagements pris et les actions menées ».
Autorisation préalable

Par ailleurs, Macky Sall a rappelé que, dans le cadre de la démarche de bonne gouvernance qu’il a définie, « les ministres, avant d’engager l’État dans des contrats, des emprunts ou des garanties, doivent obtenir son autorisation préalable ». Il a, à cet égard, donné des instructions au Ministre de l’Economie et des Finances de « n’autoriser aucune requête en dehors du cadre ainsi défini »
De l’ordre dans les passeports diplomatiques

S’agissant des passeports diplomatiques, le chef de l’Etat a « réaffirmé sa ferme volonté de rationaliser leurs conditions de délivrance et de détention afin de mettre un terme à leur banalisation et aux abus qui affectent négativement l’image de notre pays ; à ce sujet, il a demandé, en attendant que la règlementation en vigueur soit renforcée, que celle-ci soit rigoureusement appliquée ».
Senhuile-Senethanol revient

En effet, tirant les conclusions des débats, le chef de l’Etat a demandé, à propos du réexamen du projet Senhuile-Senethanol, que de « larges concertations soient entreprises avec les populations des trente-sept villages de Ndiaèle concernés sur les modalités et conditions de reprise du projet ».
Auto suffisance en riz

Le président de la République a ensuite souligné que le Programme national d’Autosuffisance en riz révisé doit apporter des correctifs dans les stratégies et les méthodes. Il doit, selon lui, « fournir également des réponses plus appropriées aux insuffisances constatées lors du précédent programme afin d’accélérer le processus d’atteinte de la sécurité alimentaire et d’aller vers l’autosuffisance en riz à l’horizon 2018 ». Dans ce cadre le Chef de l’Etat a demandé que soient pris en compte les intérêts des petits producteurs. Plus précisément, le chef de l’Etat a enfin, « demandé l’élaboration d’un plan d’actions détaillé avec un échéancier de réalisation, les coûts des interventions et l’identification des structures chargées de leur mise en œuvre ».
Pour le transport des pèlerins

Concernant le pèlerinage à la Mecque, Macky Sall a demandé « qu’en l’absence d’une confirmation de la disponibilité d’un second avion au niveau de Sénégal Airlines, des capacités de transport supplémentaires soient accordées aux compagnies assurant actuellement des vols réguliers à destination de l’Arabie Saoudite ».



Textes législatifs et réglementaires

Des textes législatifs et réglementaires ont été examinés et adoptés par le conseil des ministres du jeudi 2 août. Il s’agit :

- un projet de décret portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la Santé publique et de l’Action sociale des Collectivités locales ;
- un projet de décret portant statut particulier du cadre des fonctionnaires des travaux publics et des transports des collectivités locales ;
- un projet de décret fixant le régime de sécurité sociale des fonctionnaires des collectivités locales ;
- un projet de décret relatif aux commissions administratives paritaires et aux conseils de discipline des fonctionnaires des collectivités locales ;
- un projet de décret fixant le régime des congés, permissions et autorisations d’absence des fonctionnaires des collectivités locales ;
- un projet de décret portant réorganisation des services du Ministère de l’Économie et des Finances.


Les mesures individuelles prises en conseil des ministres :


Monsieur Thierno KA, Professeur titulaire des Universités, Directeur de Recherche à l’IFAN, est nommé Directeur de l’Institut Islamique de Dakar, en remplacement de Monsieur El Hadji Oumar GUEYE ;

Monsieur Lat DIOP, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 604 454/G, est nommé Directeur de l’Investissement au Ministère de l’Économie et des Finances ;

Monsieur Papa Omar NDIAYE, Ambassadeur, Conseiller des Affaires étrangères principal, matricule de solde n° 355 830/B, précédemment Directeur du Centre national d’Action Anti-mines, est nommé Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, en remplacement de Monsieur Ibou NDIAYE, admis à faire valoir ses droits à une pension à la retraite ;

Monsieur Jean Paul BAMPOKY, Ingénieur agronome est nommé Directeur régional du Développement rural (DRDR) de la Région de Fatick, en remplacement de Monsieur David DIATTA, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Vendredi 3 Aout 2012
Sudonline