Longtemps suspendu en raison du gel des relations avec le FMI, le Programme spécial de désenclavement (PSD) – chantier routier du Sénégal – amorce un retour possible.
Tandis que le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a mené des pourparlers à Dubaï cette semaine, le nouveau pouvoir y voit un levier politique de premier plan.
Mais ce réveil s’accompagne d’un angle mort explosif : un passif de crimes économiques présumés, documenté par les corps de contrôle et ciblant un réseau d'hommes d'affaires.
Révélations sur un dossier à double face. C’est un dossier qui circulait sous les manteaux et dans les silences de l’administration. Longtemps à l'arrêt total dans la foulée de la suspension des opérations et des audits entre l’État sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI), le PSD – le méga-projet de construction de routes censé désenclaver les territoires – pourrait retrouver des couleurs.
Le déplacement de Déthié Fall à Dubaï cette semaine marque un retour possible.
Pour le régime en place, tenaillé par l'obligation de livrer des réalisations concrètes, relancer ce chantier représente le carburant politique idéal pour marquer des points.
Parier aveuglément sur le retour du PSD, c’est toutefois faire abstraction d’un passif toxique. L’infrastructure ne se résume plus seulement à des linéaires de goudron : elle traîne la valise encombrante de rapports accablants émanant de plusieurs corps de contrôle de l’État.
Et le ministre Déthié Fall ne peut pas faire abstraction des graves manquements que l'Ageroute avait signalés par courrier adressé à Paul Woodman, directeur général d'ASGC UK.
Le contenu du courrier de l'Ageroute à Paul Woodman
Les investigations menées pointent vers ce qui pourrait être qualifié de crime économique caractérisé, orchestré par des hommes d’affaires sénégalais aujourd’hui dans le collimateur de la justice.
Selon les éléments documentés par Dakaractu, la mécanique ne relevait pas de la simple surévaluation de marché, mais d’une architecture d’exfiltration sophistiquée.
Des entités ad hoc ont été essaimées entre l’île Maurice, Dubaï, les Seychelles et la place financière de Londres. Un maillage offshore étanche pensé pour aspirer, compartimenter et dissimuler des flux financiers et des commissions se chiffrant en centaines de milliards de francs CFA.
Entre l’urgence d’offrir des routes aux populations et l’impératif de vérité judiciaire, l’exécutif marche sur une ligne de crête. Relancer le chantier sans vider l'abcès de ces montages offshore revient à valider par l'acte ce que la justice tente de pénaliser sur le papier.
Tandis que le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a mené des pourparlers à Dubaï cette semaine, le nouveau pouvoir y voit un levier politique de premier plan.
Mais ce réveil s’accompagne d’un angle mort explosif : un passif de crimes économiques présumés, documenté par les corps de contrôle et ciblant un réseau d'hommes d'affaires.
Révélations sur un dossier à double face. C’est un dossier qui circulait sous les manteaux et dans les silences de l’administration. Longtemps à l'arrêt total dans la foulée de la suspension des opérations et des audits entre l’État sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI), le PSD – le méga-projet de construction de routes censé désenclaver les territoires – pourrait retrouver des couleurs.
Le déplacement de Déthié Fall à Dubaï cette semaine marque un retour possible.
Pour le régime en place, tenaillé par l'obligation de livrer des réalisations concrètes, relancer ce chantier représente le carburant politique idéal pour marquer des points.
Parier aveuglément sur le retour du PSD, c’est toutefois faire abstraction d’un passif toxique. L’infrastructure ne se résume plus seulement à des linéaires de goudron : elle traîne la valise encombrante de rapports accablants émanant de plusieurs corps de contrôle de l’État.
Et le ministre Déthié Fall ne peut pas faire abstraction des graves manquements que l'Ageroute avait signalés par courrier adressé à Paul Woodman, directeur général d'ASGC UK.
Le contenu du courrier de l'Ageroute à Paul Woodman
"Objet : Paiements à ASGC UK Limited sans certification de services faits
Monsieur le Directeur général,
Il m'a été donné de relever que, dans le cadre du contrat nº TA3/1030/AGR relatif à la mise en œuvre du PSD, des paiements respectifs de 16 336 429 euros et 17 705 589 euros ont été faits à l'entreprise de gestion (ASGC UK Limited), en violation des dispositions de l'article 4.1.2 du contrat qui nous lie.
En effet, ces paiements effectués en juin 2022 et janvier 2024 pour un total de 34 042 018 euros n'ont pas fait l'objet de certification par les services du Maître d'ouvrage délégué (Ageroute).De plus, les garanties de restitution d'avance et de bonne exécution n'ont jusqu'ici pas été constituées.
Je souligne également que les instructions de paiement n'auraient dû être soumises à la signature du FERA qu'après certification de la demande de paiement par l'Ageroute.
En conséquence, je vous indique que les dispositions contractuelles relatives à ces aspects seront appliquées dans toute leur rigueur.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur général, l'expression de ma considération distinguée."
Les investigations menées pointent vers ce qui pourrait être qualifié de crime économique caractérisé, orchestré par des hommes d’affaires sénégalais aujourd’hui dans le collimateur de la justice.
Selon les éléments documentés par Dakaractu, la mécanique ne relevait pas de la simple surévaluation de marché, mais d’une architecture d’exfiltration sophistiquée.
Des entités ad hoc ont été essaimées entre l’île Maurice, Dubaï, les Seychelles et la place financière de Londres. Un maillage offshore étanche pensé pour aspirer, compartimenter et dissimuler des flux financiers et des commissions se chiffrant en centaines de milliards de francs CFA.
Entre l’urgence d’offrir des routes aux populations et l’impératif de vérité judiciaire, l’exécutif marche sur une ligne de crête. Relancer le chantier sans vider l'abcès de ces montages offshore revient à valider par l'acte ce que la justice tente de pénaliser sur le papier.
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