Sénégal : Le communiqué du Conseil des ministres du 18 Mai 2012


Le Conseil des ministres s’est réuni le vendredi 18 mai 2012, à 10h, au Palais de la République sous la présidence de son Excellence, Monsieur Macky SALL, président de la République.



Dans sa communication, le chef de l’État a tout d’abord rappelé sa volonté de restructurer et de rationnaliser les services de l’État en vue d’atteindre l’efficience administrative et de réaliser ainsi des économies budgétaires. A ce propos, il souligne que la réflexion poursuivie au sein des services a permis de porter, à ce jour, le nombre de structures supprimées de 45 à 59.



Le président de la République a ensuite demandé au Premier ministre d’instruire le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur pour qu’il mène une réflexion en vue de réduire et de rationaliser le nombre et la taille des représentations diplomatiques à l’étranger, tant au niveau des ambassades que des consulats.



Le chef de l’État a rappelé par ailleurs l’importance qu’il accorde à l’autosuffisance alimentaire. Concernant plus précisément la filière de l’oignon, il considère que le Sénégal pourrait atteindre voire dépasser ses besoins annuels estimés entre 230 000 et 240 000 tonnes. Aussi, a-t-il demandé la mise en place d’une organisation du marché qui s’appuie sur la clause de sauvegarde spéciale pour l’agriculture définie par l’OMC. Il a également demandé, dans le même cadre, la mise en œuvre d’une gestion saisonnière efficace pour mieux protéger notre production nationale. Il a également requis de vulgariser auprès des producteurs des techniques appropriées de conservation.



Abordant la question des finances publiques, le chef de l’État a constaté que le niveau de déficit budgétaire reste élevé et qu’il importe de réduire les dépenses publiques, tant au niveau central qu’au niveau des différentes structures relevant des départements ministériels. A ce propos, il a fait observer qu’il est indispensable de mettre fin à la spirale dangereuse de croissance de la dette publique qui représente 38,6% du PIB en 2011 contre 20,7% en 2006.



En matière de fiscalité, le président de la République demande la réduction, de manière drastique, des mesures dérogatoires qui ont conduit à l’érosion de l’assiette fiscale. A ce titre, il préconise la poursuite de la modernisation de l’administration des Impôts, des Domaines et des Douanes.



Le président de la République a mis l’accent sur l’importance de l’élevage pour notre pays. Il a, en conséquence, demandé l’organisation de tournées interministérielles dans la zone sylvopastorale en vue d’y mener des actions vigoureuses, notamment par la construction de forages et puits à vocation pastorale, le désenclavement et l’électrification.



Poursuivant sa communication, le chef de l’Etat a instruit le Ministre de l’Énergie et des Mines de préparer, d’ici la fin du mois de juin 2012, une présentation exhaustive des grands projets miniers et énergétiques.



Pour terminer sa communication, le président de la République a demandé qu’une assistance et un soutien appropriés soient apportés à la communauté catholique à l’occasion du Pèlerinage Marial national prévu du 26 au 28 mai 2012. Il a, enfin, fait part du message de félicitations que Madame Julia GILLARD, Premier ministre d’Australie, lui a fait parvenir ; il s’est réjoui en outre de la décision de ce pays d’ouvrir, en 2013, une ambassade au Sénégal ; ce qui constituerait une première pour un pays africain francophone.



Dans sa communication, le Premier ministre a tout d’abord salué l’initiative prise par le chef de l’État de rendre un vibrant hommage à Jules François Bertrand BOCANDE, considéré comme un exemple à offrir à la jeunesse sénégalaise et qui a contribué, sa vie durant, au rayonnement de notre pays sur la scène internationale.



Le Premier ministre a ensuite porté à la connaissance du Conseil qu’il a engagé des concertations avec les organisations patronales, en tenant des réunions techniques les 11 et 14 mai 2012, avec respectivement les membres de la Confédération nationale des Employeurs du Sénégal et ceux du Conseil national du Patronat. Au cours des ces rencontres, des questions essentielles ont été évoquées, notamment celles du patriotisme économique, de l’amélioration du climat des affaires, de la formation et de l’emploi des jeunes et de la préservation des ressources halieutiques et environnementales.



Le Premier ministre a rendu compte de la tenue, le vendredi 11 mai 2012, d’un Conseil interministériel sur la gestion des déchets solides, conseil qui a permis de mettre le doigt sur les dysfonctionnements actuels.



Au titre du pèlerinage à la Mecque, le Premier ministre indique qu’il a présidé, le mercredi 16 mai 2012, un Conseil interministériel en présence des membres du Gouvernement, de responsables de la Banque islamique de Développement et d’associations de défense des intérêts des pèlerins. Ce conseil a été l’occasion de faire le bilan de l’édition 2011 et de mettre en exergue des problèmes liés à la non maîtrise du budget à cause de la pléthore de pèlerins missionnaires, de l’accumulation de dettes auprès des logeurs, de la gestion non optimale de l’hébergement et des conditions de transport.



A la suite de la communication du Premier ministre et des informations complémentaires apportées par les ministres interpelés ou en charge des questions soulevées, le président de la République a tiré les conclusions de la séance.



En ce qui concerne les rencontres évoquées avec le Patronat, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une forte convergence des efforts de l’État et du secteur privé à travers un partenariat renforcé, structuré autour d’une concertation permanente et féconde, en vue de favoriser l’émergence d’un secteur privé national plus compétitif, à même de constituer un socle pour une croissance économique forte et durable.



A ce titre, le chef de l’Etat a informé que des discussions seront engagées, sans délai, avec les administrations compétentes dans le cadre du Conseil présidentiel de l’Investissement, en vue d’identifier des réponses concrètes à l’amélioration de l’environnement des affaires. Il a, en outre, prescrit la création d’un cadre de suivi et d’évaluation avec la tenue, sous la présidence du Premier ministre, de réunions trimestrielles avec l’ensemble des organisations patronales.



Abordant la question du pèlerinage à la Mecque, le président de la République a insisté sur la nécessité d’opérer une rupture dans l’organisation de l’édition 2012. Il a ainsi instruit le Gouvernement de réduire les effectifs de la mission d’encadrement qui pourrait, en cas de nécessité avérée, faire recours à des guides sénégalais établis en Arabie Saoudite. Il a aussi insisté sur les critères de choix des membres de la mission.



Pour clore ce chapitre, le chef de l’Etat a demandé la réduction du coût du package pour le pèlerin à travers la négociation à la baisse du coût du billet d’avion et de l’assurance complémentaire par un recours à des appels d’offres ainsi que l’adoption de nouvelles conditions et formules d’hébergement plus confortables et moins onéreuses ; il a enfin instruit le Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur et le Commissariat général au Pèlerinage d’assurer un suivi rigoureux de ces mesures et de faire des rapports périodiques sur l’état de leur exécution.



Revenant sur la gestion des déchets solides, le chef de l’État a demandé qu’une réflexion globale soit menée sur la question, en particulier sur les sources de financement du secteur et la répartition des ressources, l’identification de nouvelles zones de traitement et d’enfouissement des déchets, l’instauration d’une taxe compensatoire au profit des zones abritant les décharges et centres d’enfouissement de déchets. Il a également préconisé que les conditions d’appui aux collectivités locales pour l’acquisition d’équipements et de matériels de collecte soient examinées.



Au titre des textes législatifs et réglementaires, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n° 2011-652 du 26 mai 2011 instituant une redevance de sécurité pour l’exploitation d’un système intégré de contrôle de l’immigration. Le projet de décret adopté vise à apporter des corrections au dispositif de collecte de la redevance de sécurité qui était, jusque-là, directement perçue par une société privée étrangère. Le projet de décret adopté a pour objet de transférer le recouvrement de cette redevance au Trésor public.
Samedi 19 Mai 2012