Sénégal : Quand la Démocratie pollue le climat social, désacralise les Institutions, plombe le Développement !


Sénégal : Quand la Démocratie pollue le climat social, désacralise les Institutions, plombe le Développement !
Il est établi que la santé de tout organisme vivant est tributaire de l’état de ses constituants. La Démocratie n’échappe pas à la règle et sa vitalité est bien fonction de la posture, du comportement citoyen ou non  de ses acteurs attitrés que sont les partis politiques, la société civile et « last but not least » la Presse  avec  leurs animateurs.  Sous  ce rapport,  le bilan clinique de notre Démocratie est  alarmant et est facile à faire. L’examen des différents Acteurs révèle à souhait qu’ils souffrent tous de pathologie graves , allant de  crises identitaires ou de légitimité sociale et/ou  d’une méprise  inquiétante du sens de leur  Responsabilité sociétale, à l’immaturité politique et socio-culturelle déconcertante  et/ou un amateurisme dangereux  et  suicidaire parce que attentatoire à la paix et à la cohésion sociale. 

La Démocratie ou opportunité donnée à tous de pouvoir s’exprimer mais aussi contrainte faite à chacun de se soumettre à la volonté de la majorité, est pour toute société humaine, ce que l’oxygène est pour l’être humain. Dans une République elle  reste à  la fois la source idéale des lois et règlements et donc le fondement de l’ordre public, de l’l’ordre social, autrement dit l’ordre Républicain d’un pays. IL  ne fait alors aucun doute,  qu’il ne peut y avoir de progrès économique et social,  de vie communautaire juste et durable,  qui ne s’appuie pas sur ce socle. Ce socle doit donc être robuste et préservé des intempéries, sous deux conditions : un Développement économique et social inclusif et soutenu,  fruit d’une mise au Travail de tous et de chacun, ensuite une prise de conscience responsable et  un engagement  citoyen  des  Acteurs attirés de la Démocratie que sont  les Partis politiques, les Organisations de la Société civile et la Presse. Ces  deux paradigmes fondent une Démocratie viable et prospère mais constituent la substance même du contrat social entre les trois Acteurs dédiés et la Société dans laquelle ils évoluent.
Au demeurant, en passant une loupe sur les trois Acteurs et leurs comportements ou attitudes  face à ces deux  enjeux et défis  majeurs d’une Démocratie viable( Développement et responsabilité), l’on ne peut pas manquer de se faire de gros soucis pour la santé et l’avenir de celle-ci.    

Il est fâcheux de constater que pour bon nombre d’acteurs politiques et de la Société civile (Droits de l’homme) et pour la quasi-totalité de la Presse audio-visuelle, la Démocratie se résume au respect  des libertés (d’expression et de marche) mais surtout celles attentatoires( délation, diffamation, médisance, calomnies  etc…) et que toute tentative de régulation est perçue comme sacrilège. Ce faisant ils font rimer Démocratie et Anarchie, démocratie et permissivité,  Démocratie et libertinage.

Du reste, les Partis politiques qui poussent en fonction des prévisions de la météo politique du pays, à l’image d’herbes sauvages,  empêchent la lisibilité du champ politique et affectent sérieusement la qualité du jeu Démocratique, de la représentativité mais surtout de la légitimité sociale, colonne vertébrale de toute Démocratie. Ce sont souvent des partis sans programme alternatif,  sans perspectives politiques autres que les ambitions personnelles du leadeur- Fondateur. L’espérance de vie de ces Partis dépasse rarement  la carrière politique du leader. La surface sociale de ce type de Parti et de son leader  se réduit le plus souvent  à la Famille et aux amis du Leader ou tout au plus  à la localité. Alors comme seul moyen de se valoriser, l’opposition aveugle, le sarcasme dans le discours, les diatribes, la critique  facile, le nihilisme contre tout ce qui vient de l’Etat et des Autorités  qui ont  la chance ou la malchance d’être à l’œuvre et confrontés à la réalité.  Ces  politiciens professionnels, le plus souvent oisifs se défendent de pouvoir faire mieux mais refusent de dire comment pour disent ils « ne pas ajouter de l’eau au moulin de l’autre» Basta ! Où est le civisme, le patriotisme? L’on pousse parfois le cynisme pour affaiblir ou détruire l’autre, jusqu’à agiter des questions taboues , attentatoires à la cohésion sociale.
Quand à la  Société civile,  elle souffre d’un manque d’indépendance économique et d’autonomie de pensée ce qui fait que  politiquement  elle joue au clair obscur et entretient une confusion de rôle parfois assez troublante

La Presse surtout audio-visuelle constitue le talon d’Achille de notre Démocratie pour plusieurs raisons : la concurrence sévère due à la pléthore d’organes,  pose de réels problèmes de rentabilité de ces derniers qui placent la plupart des Acteurs dans une précarité telle qu’il devient difficile de résister aux tentations, aux pressions et aux éventuels abus. Cette presse ne se prive de faire feu de tout bois sans se soucier des conséquences  de déflagration potentielle, de commenter des faits de manière parfois très tendancieuse pour ne pas dire subversive au lieu d’informer juste et vrai. La fonction d’Education n’est plus dans l’Agenda de beaucoup d’organes de presse et la troisième fonction, divertissement, est  souvent extravertie et aliénante
En outre au-delà de ces différentes tares  handicapantes  voir dangereuses pour notre Démocratie, qui collent à la peau des  différents acteurs, il s’y ajoute malheureusement qu’au Sénégal  beaucoup de gens   excellent  dans le  mimétisme et peu sont  capables de contextualisation  ou de conceptualisation,  ce qui donne  libre cours à des gourous  et marchands d’illusions qui n’hésitent pas à faire  feu de tous bois et  à recruter  des adeptes parmi les masses  peu averties, dans des organisations de toutes obédiences et de tout acabit sous le manteau de la Démocratie. Ainsi Démocratie rime avec pluralisme, libertinage, permissivité, défiance de l’Autorité et des Institutions, non respect  de l’ordre Républicain. Alors on se livre souvent à des transpositions  d’ idées, de valeurs, d’ expériences ayant fait époque ailleurs sur une réalité tout à fait  différente. Notre Démocratie ne saurait être  ni une reproduction de scenari, ni  une transposition de clichés ou un  rabattage permanent de slogans, de principes éprouvés ailleurs. 

Dans ce cadre l’erreur est vite faite en voulant  comparer notre Démocratie  à celles des pays Développés. Ainsi penser que la Démocratie est un produit fini ou une fin en soi, qu’elle précède nécessairement le Développement et qu’elle se résume au respect des seuls Droits politiques et civiques de l’individu et aux alternances politiques, revient à  faire fausse route, et le peuple avec dans une aventure sans issue aux dépens du  Travail qui seul affranchit. L’on ne se nourrit pas de Démocratie et l’histoire moderne des sociétés foisonne d’exemples illustrant que là où le Développement est vite advenu, la Démocratie n’était souvent pas au Rendez-vous, mais plutôt  la discipline, l’ordre (cf la chine, le japon, les Dragons de l’Est, l’URSS avec la dictature du Prolétariat, la Libye de KHadafi, la Tunisie de Ben Ali etc…).  Autrement dit il faut qu’on arrête les bavardages, les plaintes et complaintes  pour faire bouger notre Démocratie du macadam des villes vers les sillons de champs , du grenouillement dans les Télés et les ondes de Radios  vers le croassement des grenouilles dans les rizières, de la bataille exclusive pour les Droits politiques et civiques vers celle des Droits économiques , sociaux et culturels. Hélas IL faut le constater pour le déplorer, la Démocratie Sénégalaise reste une Démocratie de la Rhétorique, du verbiage où les Acteurs servis par une Presse à sensation, en mal de programmes, ne sont intéressés que par le Mouvement de chaises au banquet de l’Etat

Arrêtons de faire de la politique,  un métier. La finalité de l’activité  politique  doit  rester  l’atteinte du bien être social de la communauté, un bien-être qui  ne saurait être atteint que par le Travail et l’engagement de tous dans un contrat social partagé. Une Démocratie robuste ne saurait donc être qu’une cerise sur le Gâteau  qui  est avant tout le Développement. Une Démocratie assise sur  la pauvreté, l’oisiveté, le verbiage, le chantage, la calomnie, l’intimidation, les menaces, n’est que parodie et pire une bombe sociale.

Walmack Ndiaye Observateur politique 
Mercredi 20 Décembre 2017
Dakaractu




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