Séminaire de mise en œuvre du Code du tourisme : Le syndicat du patronat s'explique sur la non implication de certains segments du secteur à ce stade de la procédure.


L’élaboration du code touristique initiée par le ministère commence à faire grincer des dents. Réuni à Saly cette semaine avec des acteurs, le ministère du tourisme semble être en conclave avec seulement une partie des acteurs du tourisme. 

Parmi les "oubliés", Pape Béranger Ngom, président de l’association des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration (APHOR), responsable du syndicat des travailleurs du tourisme au Sénégal. « Non, le ministère ne nous a pas consultés. Ils ont fait leur séminaire sans le syndicat qui défend les intérêts des travailleurs », prévient-il bout du fil.

Un autre acteur mis à la touche et écarté dans la collecte des suggestions et recommandations pour l’élaboration dudit projet, c’est le président des guides touristiques de la Casamance. Joint par téléphone, Lamine Diop regrette la non implication de la base dans ce projet.

« Je n’ai pas été consulté encore moins invité à participer au séminaire. C’est par hasard que j’ai appelé un collègue, Séni Lô, qui m’a dit qu'il rentrait sur Saint-Louis parce qu'il était en séminaire à Mbour. "Je te reviendrai pour te faire l’économie de ce qui a été dit à Saly." Il dit représenter le bureau national qui n’a même pas été consulté. Ils se sont levés et l’ont désigné alors que le préalable, c’était de consulter la base, recueillir les recommandations et suggestions des représentants des différentes régions dans un document et le présenter le jour du séminaire. Vous n’êtes pas sans savoir que chaque région a ses spécificités et ses réalités. Même si l’inspecteur régional participe. Il ne peut dire à notre place ce que nous pensons et ce que nous vivons. J’attends toutefois de voir le document. Je précise que je n’ai pas été contacté, ni saisi, ni informé de ce projet d'instauration d’un code touristique », regrette-t-il.  

Par contre, le patronat a été bien représenté. Le représentant souligne que « c'est à la suite d'une demande du secteur privé. On confectionne un document qui n’est pas finalisé. Il faut préciser que les parties discutent dans le cadre de l’UEMOA. Il faut harmoniser dans le cadre de l’UEMOA un Code du tourisme », précise Mr Sabaly, le PCA du Cluster du tourisme.

Toutefois il ajoute que, « les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration sont représentés par le syndicat du patronat qui porte la revendication. Il appartient maintenant au syndicat de partager le document à chaque étape des travaux. La preuve lorsqu’on a rencontré l’État pour discuter du financement pour la relance du tourisme handicapé par la pandémie qui a permis à l’État de décaisser les 50 milliards, il y a eu plusieurs demandes y compris les professionnels de l’hôtellerie et pourtant ils n’ont pas été consultés », rappelle-t-il.

Cependant, il précise que « cette concertation est du domaine technique et juridique. On a fait appel à des ressources humaines techniques d’un certain niveau et ensuite, on fait appel à des juristes. C’est surtout l’habillage juridique qui est important. Il s’agit d’une loi », tient-il à clarifier pour mettre fin à la polémique qui enfle, avant de rassurer tous les acteurs.

« Le document sera porté à l'appréciation de tout le monde pour voir s'il y a omission ou pas. En ce moment, on le fait en mailing pour l'envoyer à tout le monde avant toute validation. À préciser que toute validation sera soumise à l'appréciation de l'UEMOA... »
Dimanche 18 Juillet 2021
Dakaractu




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