Sécurité, crise, IA … : « L’Afrique doit reprendre la maitrise de son destin » (Général Jean Diemé)


Face à la multiplication des crises sécuritaires, aux fragilités institutionnelles, aux dérèglements climatiques et aux bouleversements technologiques, le Centre des Hautes Études de Défense et de Sécurité (CHEDS) appelle à repenser en profondeur la résilience du continent. 

À l’ouverture de son 4e Colloque international, placé sous le thème « Repenser la résilience en Afrique : sécurité, gouvernance et développement durable », le directeur général du CHEDS, Jean Diémé met en garde contre des réponses trop sectorielles face à des menaces désormais étroitement liées.

 

Le constat est sans détour : l’insécurité, les fragilités économiques et sociales, les dérèglements climatiques et les vulnérabilités institutionnelles se renforcent mutuellement. Pour le CHEDS, il ne suffit plus à l’Afrique de « résister » aux crises. Elle doit désormais être capable de les anticiper, d’en limiter les effets et surtout de maîtriser les transformations qui s’imposent à elle. Une urgence d’autant plus forte que la révolution numérique et l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles perspectives tout en faisant émerger de nouveaux risques en matière de souveraineté.

 

Au cœur de cette bataille figure également la question de l’autonomie intellectuelle du continent. Le CHEDS estime que la résilience africaine ne peut être pensée uniquement à partir de modèles conçus ailleurs. Expériences institutionnelles, solidarités communautaires, mécanismes sociaux de régulation et savoirs produits en Afrique doivent, selon l’institution, être davantage mobilisés pour construire des réponses adaptées aux réalités du continent. Le Centre plaide ainsi pour le renforcement de la recherche, de la prospective et de la production de données utiles à la décision.

 

Au-delà du diagnostic, le message du CHEDS se veut stratégique, l’Afrique doit construire une résilience qui lui soit propre et renforcer sa capacité à décider de son avenir. Pendant deux jours, responsables publics, militaires, chercheurs, acteurs économiques et représentants de la société sont appelés à croiser leurs analyses pour identifier les moyens de mieux anticiper les mutations susceptibles d’affecter la sécurité et le développement du continent.

 
Mercredi 7 Octobre 2026
Dakaractu