Secrétariat général de l’OIF : « Michaëlle Jean a déjà reçu l’appui d’Ottawa et du Québec! »

Le vendredi 13 juin 2014, ICI Radio-Canada, la chaine publique du Canada, a annoncé que « Mme Jean a déjà reçu l'appui d'Ottawa, Christian Paradis, ministre du Développement international et de la Francophonie, voit en elle la représentante d'une Francophonie moderne, multiculturelle et ouverte ».

Elle a ajouté que « Michaëlle Jean a également le soutien du Québec et du Nouveau-Brunswick, dont les gouvernements siègent à l'OIF ».


CONTRIBUTION : Informer correctement et objectivement le public
 

Suite à un article, mis en ligne le mardi 9 septembre 2014 portant le titre « « Poste de SG de la Francophonie : les chances d’une candidature unique pour l’Afrique » signé par M. Siré SY  DG Africa WorldWide Group géostratégie & géoéconomie Dakar- Casablanca, j’aimerais apporter quelques rectificatifs majeurs au sujet des informations erronées qui ont été publiées malheureusement, dans Dakaractu.
 

À moins de trois mois du sommet de la Francophonie à Dakar, qui va élire le nouveau secrétaire général, nous pouvons comprendre que tout le monde essaye de promouvoir le candidat de son choix. Mais, cela doit se faire en toute honnêteté intellectuelle.
 

À la lecture de l’article de M. Siré SY, je me fais donc le plaisir de vous donner quelques sources d’informations nécessaires pour informer correctement et objectivement votre public.
 

Primo : l’auteur de cet article allègue qu’« à ce jour, la seule candidature officielle et non africaine à se déclarer, est la Canadienne Michaëlle Jean. Sa candidature quoiqu’officielle, n’est pas soutenue par son pays le Canada, pour la bonne et simple raison que l’actuel Administrateur général de la Francophonie, Clément Duhaime, qui a vu son mandat renouvelé jusqu’en 2018, est un Canadien (Québécois). Et ce serait un peu incommode de voir l’Administrateur général et le SG de l’OIF soient tous du même pays ».
 

Je vous informe que le 27 juin 2014, la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, était à Paris pour soutenir la candidature de Michaëlle Jean, à la tête de l'OIF.
 

Pour ceux qui ne savent pas la procédure de mise en candidature à l’OIF, ce sont les États et gouvernements membres qui présentent leurs candidats.
 

Secundo : « Le poste de SG de l’OIF a été créé en 1999. Depuis sa création jusqu’à cette année 2014, le poste n’a été occupé que par des Africains, d’abord par l’Égyptien Boutros Boutros Ghali puis par le Sénégalais Abdou Diouf. De plus en plus, des voix se lèvent pour demander que le prochain SG de l’OIF soit issu d’une autre région, pour justement respecter les équilibres régionaux ».
 

Je tiens à vous rappeler que la Francophonie est une organisation internationale composée de 77 États et gouvernements membres, associés et observateurs issus de cinq continents. Tous ont les mêmes droits et devoirs envers l’OIF.
 

Le choix du secrétaire général n'est pas une compétition entre les continents. L’OIF recherche une personnalité qui sera en mesure de relever les défis importants qui préoccupent les États et gouvernements membres.
 

Le fait que ce poste soit occupé par les Africains, depuis sa création, ne veut pas dire que c’est une chasse gardée d’un seul continent. Les dispositions légales relatives à l’élection du secrétaire général sont libellées dans la Charte de la Francophonie, adoptée le 23 novembre 2005 à Antananarivo, en ses articles 3 et 9. Généralement, l’élection se fait par consensus, en privilégiant l’esprit de dialogue et d’alternance.
 

Tertio : « Toutefois, c’est l’Afrique qui a le plus besoin de cet instrument qui est la Francophonie, qui a déjà 44 ans, regroupant 77 États et Gouvernements et dont ses locuteurs (220 millions de personnes) sont répartis sur les cinq (5) continents [...]. Parce que pour les européens (France, Belgique, Suisse), +leur combat+ avec cet instrument qu’est la Francophonie est davantage axé sur la question de diversité linguistique et de diversité culturelle à travers le monde ».
 

Sans faire beaucoup de détails, je vous dirai simplement que tous les États et gouvernements membres et associés de l’OIF ont besoin de cette organisation, si non, ils n’accepteront pas de siéger dans une organisation où ils n’ont aucun intérêt et doivent contribuer financièrement.
 

Quarto: « Pour les Américains (le Québec), +leur bataille+ avec cet instrument qu’est la Francophonie est davantage axé sur la question de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle d’une part et d’autre part, la question environnementale et écologique ».
 

Je vous convie à parcourir le site Internet de « L’Office québécois de la langue française » (http://www.oqlf.gouv.qc.ca/ ), vous saurez à quel point il est important de promouvoir la langue française au Québec.
 

À la lumière de ces quelques éléments de clarification, j’ose espérer que l’auteur de cet article, honnêteté intellectuelle oblige, prendra soin d’apporter le plus rapidement possible les rectifications nécessaires pour ne pas induire l’opinion publique en erreur.
 

Pour votre information, Michaëlle Jean a rendu publique sa vision pour la Francophonie du XXIe siècle. Ceux qui veulent en savoir davantage, trouveront tous les détails dans le lien suivant : http://www.michaellejean.ca/

Isidore Kwandja Ngembo, Politologue

 
Vendredi 12 Septembre 2014
Daddy Diop