Scrutin du 25 mars : La peur qui habite Macky


Le candidat Macky Sall qui se dit confiant pour ce qui est de sa victoire au second tour craint cependant des lendemains électoraux émaillés de violence. Le candidat de Bennoo Bokk Yaakaar, interrogé par le site 24h.fr d’affirmer au conditionnel, que des milices privées auraient été recrutées pour agresser et cela lui paraît inquiétant.

Le candidat de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar soutenu par les 12 candidats malheureux à la présidentielle est bien positionné pour remporter le second tour. Il en est d’ailleurs conscient. ’Je suis confiant en ce qui concerne ma victoire dans les urnes’, a répondu Macky Sall aux journalistes du site 24h.fr. Mais, s’empresse d’ajouter l’adversaire de Wade au second tour du 25 mars prochain, ‘je suis préoccupé par la volonté du pouvoir de créer des contre-feux violents. Des milices privées auraient été recrutées pour agresser et cela me paraît inquiétant’.
Des préoccupations qui rejoignent celle de son directoire de campagne qui, dès le lendemain de la proclamation des résultats officiels, a affirmé craindre pour la vie de son candidat. Car, accuse-t-il, des pratiques peu orthodoxes sont en train d’être peaufinées par le camp de Wade pour perturber le second tour. ‘On n'exclut pas une tentative d’assassinat du candidat Macky Sall et le recrutement de nervis pour troubler le vote dans les localités où l’ancien Premier ministre a gagné’, affirmait le directoire de campagne de Macky Sall.

Interpellé par Wal Fadjri sur ces accusations, le coordonnateur de la commission de communication des Fal2012 parlera de fausses accusations. ‘Il n’y a rien de plus faux que ces propos sortis de l’imagination de Macky Sall et de son camp qui veulent rééditer la stratégie du premier tour. C’est-à-dire installer le pays dans la psychose de la violence et de la manipulation’. En faisant de telles affirmations, Me El Hadji Amadou Sall estime que la coalition Macky2012 ‘est tout simplement en train de préparer l’opinion à sa défaite prochaine. Macky Sall sent que le sol est en train de se dérober sous ses pieds et tente de manipuler l’opinion. Notre coalition n’a jamais cautionné la violence. Les Sénégalais sont mûrs et ont voté dans le calme au premier tour, ils en feront de même pour le second tour. Macky Sall va perdre car les Sénégalais ont décidé de voter massivement pour Wade’, affirme le coordonnateur de la commission communication du candidat des Fal 2012.

Quoi qu’il en soit, Macky Sall dit craindre des lendemains électoraux émaillés de violence : ‘Bien sûr, si le résultat des urnes n’est pas accepté il risque d’y avoir des violences. Si Abdoulaye Wade ne reconnaît pas la légitimité du scrutin et refuse de quitter le pouvoir nous entrerons en résistance légitime’. Se faisant plus précis, Macky Sall laisse entendre que ‘quand on finance et distribue des gourdins et des armes blanches, il ne faut pas s’étonner que le camp d’en face réagisse. Nous ne serons pas responsables de la violence, mais nous y répondrons’.

Le sort que Macky Sall veut réserver à Wade

Quant au sort qu’il réservera au président Wade au cas où ce dernier serait défait au second tour, Macky Sall fait dans la nuance. ’Il devra se reposer. Mais il doit avant tout accepter le verdict des urnes. Si le peuple décide de désigner Macky Sall président de la République, il doit l’accepter. Evidemment, j’ai de l’affection pour lui, mais il s’est engagé dans le combat de trop. Il avait la possibilité de sortir par la grande porte, là, il risque de devoir sortir par la fenêtre…’

Répondant à ceux qui disent ‘Macky Sall et Abdoulaye Wade, c’est bonnet blanc et blanc bonnet’ le candidat de Bennoo Bokk Yaakaar est formel : ‘C’est un slogan, mais ce n’est pas la vérité. Tout homme politique se construit son destin. Mon chemin a croisé celui d’Abdoulaye Wade vers qui je suis venu lorsque j’avais 27 ans et auprès de qui j’ai commencé et construit ma vie politique durant dix-sept ans. Mais on s’est séparé du fait de positions inconciliables (en 2008, en tant que président de l’Assemblée nationale, il a convoqué Karim Wade pour audit de sa gestion à l’Anoci. Ce qui a créé la rupture avec Abdoulaye Wade, Ndlr). Et, aujourd’hui, on n’a clairement pas la même vision des priorités’. Et s’il est élu à la tête du Sénégal, Macky Sall promet de conserver ce que Wade a fait de bien. ‘Mais pour le reste on mettra de l’ordre dans de nombreux dossiers… ’, prévient l’ancien président de l’Assemblée nationale sans entrer dans les détails.

L’adversaire de Wade au second tour a également balayé d’un revers de main ces critiques faisant de lui le candidat de la France et/ou de l’industriel Bolloré. ‘Ce sont des accusations fausses et malhonnêtes, alimentées par le camp d’Abdoulaye Wade. Je n’ai aucun lien avec Bolloré que je ne connais même pas et je ne suis pas le candidat de la France’. Macky Sall souligne que cela fait quatre ans, depuis la création de l’Alliance pour la République (Apr), ‘que je sillonne le pays de long en large, car j’ai compris que ce sont les citoyens de ce pays qui ont le pouvoir et qu’il faut les convaincre de nous le déléguer, ce ne sont donc pas des soutiens étrangers qui me porteront au pouvoir le 25 mars prochain’


Mercredi 21 Mars 2012
Georges Nesta DIOP -Walf