Scandale ASER / AEE Power - mystère des 36,7 milliards : la riposte des avocats de Saidou Kane


L’affaire Saidou Kane s’impose comme l’un des dossiers les plus sensibles du moment au Sénégal, mêlant grands projets publics, partenaires internationaux et accusations croisées. Ce mardi 5 mai 2026, les avocats de l’homme d’affaires ont pris la parole pour livrer leur version des faits, dénonçant une campagne médiatique qu’ils jugent « calomnieuse » et appelant à laisser la justice trancher. Au cœur de la controverse, des projets d’électrification rurale, d’équipements agricoles et informatiques impliquant plusieurs sociétés liées à Mr Saidou Kane.

 

Selon la défense, Saidou Kane, entrepreneur sénégalais basé en Espagne, est à l’origine d’un ambitieux programme d’électrification visant initialement 928 localités, puis étendu à 1600 villages dans plusieurs régions du pays. Ce projet, estimé à 140 millions d’euros, reposait sur un montage financier international impliquant notamment la banque espagnole Banco Santander. Dans ce cadre, un partenariat avait été conclu avec une société espagnole pour répondre aux exigences de financement.

 

Le point de rupture concerne une avance de démarrage autorisée le 22 mars 2024, d’un montant exact de 36 733 592 000 francs CFA. Selon les avocats, cette somme devait transiter par la société partenaire étrangère avant qu’une partie, environ 40 millions d’euros, ne soit reversée à AEE Power Sénégal. Ils affirment qu’après réception des fonds, le partenaire espagnol aurait cessé toute collaboration, entraînant une mise en demeure le 18 juin 2024, suivie d’une résiliation unilatérale trois jours plus tard.

 

La défense évoque alors une stratégie visant à évincer l’acteur sénégalais du projet et à se soustraire aux obligations contractuelles, tout en lançant une campagne de dénigrement. Elle insiste sur les difficultés ne résulteraient pas d’une défaillance de Saidou Kane, mais d’un différend contractuel avec le partenaire étranger, désormais au cœur du litige.

 

Concernant le dossier Intermaq, souvent cité dans les accusations publiques, les avocats apportent des précisions chiffrées. Le marché public N T0520-22, signé en mars 2022 pour un montant de 130 355 369 euros (environ 85,5 milliards de francs CFA), aurait été conclu exclusivement entre l’État du Sénégal et la société espagnole Intermaq 2012-SL. Ils soutiennent que Saidou Kane, bien qu’actionnaire majoritaire d’Intermaq Sénégal, n’est ni signataire du contrat ni bénéficiaire direct des paiements, ceux ci étant versés uniquement à la société étrangère après validation administrative.

 

Dans l’affaire dite « Passant », la défense affirme que Kane ne détient que 20 % du capital, sans rôle de gestion opérationnelle. Elle indique également qu’il aurait contribué personnellement à hauteur de 237 100 875 francs CFA pour soutenir l’activité. Les avocats dénoncent une confusion entre les différentes entités juridiques impliquées et concluent en appelant à un traitement judiciaire rigoureux du dossier, estimant que seule la justice permettra d’établir clairement les responsabilités dans ces affaires aux enjeux financiers considérables.

Mardi 5 Mai 2026
Dakaractu