Santé : L’appel de la Dlm pour éradiquer l’hydrocèle (xuxaan) et l’éléphantiasis (taanku niaay)


Toutes les attentions sont tournées vers la Covid-19. Mais au même moment, d’autres maladies continuent de gagner du terrain et terrorisent la population. C’est le cas avec les Maladies tropicales négligées (Mtn) qui ne cristallisent pas encore l’attention nécessaire sur elles. Concernant la filariose lymphatique qui est une des 13 maladies endémiques au Sénégal intégrées parmi les Mtn, les estimations initialement établies par l’Oms dans le monde, font état d’au moins 25 millions d’hommes atteints d’hydrocèle. Une pathologie appelée communément ‘’xuxaan’’ qui, au cours de ces deux dernières années a été détectée sur 149 hommes, au cours d’une campagne de masse.
 
Ce samedi 30 janvier 2021 marquant la célébration de la première Journée mondiale de lutte contre les Maladies tropicales négligées, la Direction de la lutte contre la maladie (Dlm) a brisé le silence. ‘’C’est une première au Sénégal. Elle sera célébrée ce samedi au King Fahd Palace. Ce sera à travers un panel avec les chefs d’entreprise du secteur privé et une batterie d’activités’’, a indiqué Oumar Khouma son Point focal communication, qui a lancé un appel à l’endroit des autorités étatiques mais aussi au secteur privé. Un plaidoyer pour doter le programme en charge des Mtn d’assez de ressources domestiques.
 
‘’Concernant la filariose lymphatique et ses conséquences, nous n’avons pas de données de routine. Lors des campagnes de masse, on recense, en même temps, les cas de morbidité de la filariose lymphatique. C’est ainsi qu’au cours de la campagne de 2018, 2019 et 2020, le cumul a montré 149 cas d’hydrocèle (xuxaan) contre 143 cas d’éléphantiasis (tankou niay). Ce sont deux conséquences fréquentes au sein de la population qui sont causées par la filariose lymphatique et qui se manifestent sous ces deux formes d’hydrocèle, appelée xuxaan ou taank niaaye’’, a-t-il confié, en marge d’un point de presse. 
 
‘’Ce sont des maladies stigmatisantes, malheureusement. Non seulement les gens stigmatisent celles qui sont victimes de ces maux, mais ces dernières ont des problèmes pour mener des activités économiques. Le danger de cette maladie est qu’elle avance sans aucune manifestation clinique. Et que c’est au bout de 10 ans ou plus que ses effets apparaissent. Et c’est cela la difficulté par rapport à tout ce qui se fait autour de cette lutte. Les populations doivent être conscientes que les Mtn existent. Nous les invitons tous à participer aux campagnes de masse parce que c’est cela qui pourra les aider à éviter ces genres de pathologie’’, a déclaré M. Khouma. 
 
Celui-ci a signalé que ‘’les campagnes de masse, sont annuelles’’ avant de plaider pour l’octroi de ressources financières. ‘’Il faut des moyens financiers pour accompagner le programme dans la lutte contre les Mtn. C’est pour cette raison d’ailleurs, pour le thème de cette année, où la Journée mondiale de lutte contre les Mtn est prévue ce samedi janvier 2021, on a retenu : ‘’Tous pour la mobilisation des ressources en vue de la durabilité de la lutte contre les Mtn’’. Et le secteur privé est convié à un panel. Rencontre au cours de laquelle il leur sera expliqué les tenants et les aboutissants par rapport à la lutte contre ces maladies afin de les amener à s’engager à financer et à accompagner le programme pour l’élimination de ces Mtn au Sénégal. 
 
Il faut noter que la filariose lymphatique atteint le système lymphatique et peut entraîner une augmentation anormale du volume de certaines parties du corps, à l’origine de douleurs, de handicaps sévères et de stigmatisation sociale. À l’échelle mondiale, 893 millions de personnes dans 49 pays sont exposées à un risque de filariose lymphatique et nécessitent une chimioprévention en vue d’endiguer la propagation de cette parasitose.
Samedi 30 Janvier 2021
Dakaractu




Dans la même rubrique :