Sandiara : L’installation illégale d’une commission d’inscription sur le fichier divise deux membres de Benno Bokk Yakaar qui finissent devant le juge


Sandiara : L’installation illégale d’une commission d’inscription sur le fichier divise deux membres de Benno Bokk Yakaar qui finissent devant le juge
La barre du tribunal de Mbour a été ce mardi 24 août 2021, le théâtre de confrontations de deux responsables politiques membres du groupe Benno Bokk Yakaar. Il s’agit de Latyr Gningue, coordonnateur départemental du parti Model et du secrétaire municipal de la mairie de Sandiara, Mamadou Dione, un militant de l’Apr. Ces deux derniers ont été convoqués devant le juge pour vider leurs contentieux nés d’une commission d’inscription sur les fichiers électoraux que le premier nommé a jugé illégale. 

Il ressort des débats d’audience que tout est parti d’une volonté du sieur Dieng, de vouloir s’inscrire dans ledit fichier, au niveau de Sokhem. 

Dans cette localité du département de Mbour, sise à Sandiara, où il dit être originaire, le sieur Latyr Dieng dit avoir noté la présence de jeunes membres du Meer (Mouvement des élèves et étudiants républicains) qui procédaient aux inscriptions de populations sans respecter les formes. Un fait qui l’a poussé à contacter l’adjoint du préfet de Mbour pour vérifier de la légalité de cette commission mise en place qui ne comptait que des jeunes et un agent de l’état-civil, tous engagés par la mairie de Sandiara. Conforté par les propos de son interlocuteur qui, dit-il, lui a souligné le caractère illégal de cette pseudo commission d’inscription, il dit avoir pris le soin d’aviser les populations ainsi que le chef de village avant de rebrousser chemin, sur invitation de ce dernier. 

Et c’est sur ces entrefaites qu’il a pris le chemin du retour à bord du véhicule qui le transportait avec 2 autres. Sur les sentiers, en direction de Mbour, leur véhicule a été arrêté par le sieur Mamadou Dione. 

Du récit fait par un des deux témoins entendus devant le juge, il ressort que c’est le sieur Dione qui, avec son véhicule, leur a coupé la route avant d’attaquer violemment le sieur Latyr qui est prévenu dans cette affaire. Attaque au cours de laquelle, non seulement, il a insulté et menacé son vis-à-vis qu’il reproche d’avoir perturbé les inscriptions, mais c’est aussi lui qui a déclenché les hostilités. Un coup de poing manqué qui a poussé son adversaire (Latyr) à lui porter la réplique violemment. 

La suite de cette confrontation s’est tenue à la brigade de gendarmerie. Selon le témoin, c’est après les échanges de coups que le sieur Dione, partie civile dans ce procès, a dégagé son véhicule du passage et a reculé de quelques mètres avant d’appeler le commandant de la gendarmerie à la rescousse. Celui-ci, arrivé, a convoqué les deux parties à la brigade. 

Sur les lieux, notification a été faite de l’arrestation du sieur Latyr suite à la plainte de M. Dione pour Coup et blessures volontaires (Cbv) ayant entraîné une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 15 jours et destruction de biens appartenant à l’État. Il lui était reproché d’avoir, caillassé le véhicule de la mairie, avec l’aide de certains jeunes. Des jeunes qui n’ont pas été identifiés, jusqu’à ce jour. Un fait que le mis en cause a contesté en soulignant avoir agi en légitime défense sans jamais causer un quelconque dommage au véhicule. 

Le témoin a confirmé les propos du prévenu, dans sa déposition, devant le juge. Parent du plaignant, il a expliqué au juge que la partie civile a attaqué, menacé et accusé faussement le prévenu L. Gning. Et que ce dernier n’a eu comme tort que de relever avec exactitude le caractère illégal de cette commission d’inscription dans cette localité située dans la commune de Sandiara avant de quitter les lieux.

L’avocat du plaignant, dans sa plaidoirie a réclamé, pour toutes causes de préjudice confondues, la somme de 1,5 million de francs. Pour lui, les blessures constatées et l’avis médical suffisent pour prouver la culpabilité du mis en cause. 

Des propos que l’avocat de la défense a voulu écarter d’un revers de la main. À l’en croire, le ministère public aurait dû s’autosaisir pour tirer au clair cette affaire de commission d’inscription illégale. Ce fut pour la défense l'occasion de dénoncer l'attitude de certaines autorités judiciaires qui doivent traiter de manière équitable deux parties qui sont en conflit. Pour lui, le certificat médical qui parle d’Itt de 15 jours, joint dans le dossier ‘’est de complaisance’’. "Nous n’avons vu aucun signe qui atteste cette incapacité. Je dénonce ces certificats médicaux de complaisance. Qu’il plaise au tribunal de le renvoyer des fins de la poursuite sans peine ni dépens."

Son collègue de la défense n’en dira pas moins. Enfonçant le clou, il a condamné l’attude du plaignant. ‘’En allant intercepter Latyr, il aurait dû appeler le commandant de la gendarmerie. Mais non, il s'est érigé en donneur de leçon et voulait corriger mon client. Celui-ci s’est défendu. Donc c’est pratiquement de la légitime défense. Je sollicite la relaxe pour ces faits qui lui sont reprochés.

Jugement a été rendu, il est finalement relaxé pour complicité de destruction de biens publics, mais a été reconnu coupable de Cbv et condamné à une peine de 15 jours assortie de sursis et 50 000 francs à payer au sieur Dione, à titre de dommage et intérêt.
Mardi 24 Août 2021
Dakaractu



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