Sanctions économiques contre le Mali : Le Sénégal moins radical que la Cote d’Ivoire.


Le président Macky Sall a participé au sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré au Mali. Macky Sall, qui était entouré de ses collaborateurs, a été pour une fermeté de l’organisation ouest africaine face à ce coup de force aux antipodes au Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de 2001. 

Cependant, le chef de l’Etat sénégalais n’a pas voulu être un jusqu’au-boutiste. Macky Sall a proposé à ses pairs d'envoyer un émissaire au Mali pour une mission de médiation qui devrait être conduite par l'ancien président nigérian, Goodluck Jonathan. 

Dans la même dynamique, le président Macky Sall a demandé à ce que la CEDEAO réapprécie les sanctions pour tenir compte des impératifs humanitaires. Ainsi, le Mali pourra souffler et être approvisionné en denrées alimentaires, en produits pétroliers et en produits pharmaceutiques. 

Cette proposition du président sénégalais a été acceptée par ses homologues et elle sera intégrée dans le communiqué final sanctionnant la rencontre. 

Il faut dire que cette position du Sénégal va à l'encontre de celle d’un pays comme la Côte d’Ivoire. Ce mercredi 19 août, le ministère ivoirien de l’Economie et des Finances a sorti un communiqué pour annoncer la suspension de toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. 

Une décision dont les retombées pourraient être préjudiciables aussi bien pour le Mali que pour la Côte d’Ivoire, dans un contexte de Covid-19 déjà difficile pour les économies africaines. 

Le président Macky Sall a sans doute tenu compte des implications qu’une sanction économique contre le Mali pourrait entraîner pour les Etats membres de la CEDEAO. Et compte tenu du poids des échanges commerciaux entre les deux pays, le Sénégal ne pouvait se permettre un tel suicide. 

Heureusement, la raison a prévalu sur l’émotion. 
Jeudi 20 Août 2020
Dakaractu




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