Saly : Les vérités crues de la Cnts/Fc sur la hausse des prix des denrées et les licenciements pour motifs économiques.


La baisse du nombre de cas de Covid-19 au Sénégal donne de l’espoir à plus d’un. Mais cette tendance baissière qui cadre avec la flambée des prix des denrées de première nécessité a été une occasion pour la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/ Force du changement (Cntc/Fc) d’interpeller nos autorités étatiques sur la situation des travailleurs face à la cherté de la vie.

Abordé en marge d’une rencontre à Saly, Cheikh Diop, Secrétaire général de ladite confédération s’est insurgé  contre l’attitude de certaines entreprises cinquantenaires qui évoquent des raisons économiques pour réduire leurs effectifs, durant cette crise sanitaire. Et ce, après avoir fait, des décennies durant, des bénéfices énormes.

‘’Je pense que nous devions tirer tous les enseignements de cette pandémie. Nous devons considérer que le capital doit reconsidérer sa manière de gérer les entreprises. On ne peut pas comprendre qu’une entreprise qui a une cinquantaine d’années d’existence et qui a fait des bénéfices durant toute son existence, en arrive, au bout de 3 mois, à ne plus pouvoir payer ses employés et procède à des licenciements. Donc, les modes de gestion doivent être revus’’, a plaidé le syndicaliste qui rappelle que l’État avait montré le chemin.

‘’Au début de la pandémie, nous avions amené le chef de l’État à encadrer l’emploi par des textes qui autorisent certes le chômage technique mais encadré. Vous ne pouvez pas envoyer des travailleurs au chômage technique avec moins de 70% de leur salaire. Aujourd’hui, on constate qu’il y a des travailleurs qui sont en chômage technique et qui perçoivent moins de 70%. Ce sont des choses à redresser. On avait également accompagné les entreprises pour leur demander de ne pas licencier des travailleurs durant une certaine période’’, dira-t-il.

Pour lui, d’ailleurs, des leçons devraient être tirées de cette pandémie qui a mis à genou, partout dans le monde, les économies et les systèmes de santé. ‘’Nous pensons également que cette pandémie a prouvé que dans la gouvernance et dans l’élaboration des politiques publiques et même dans la gouvernance mondiale, il faudrait qu’on intègre des notions essentielles : La résilience, c’est-à-dire la notion de solidarité, la survie des classes moyennes et des classes démunies. Mais également la valeur du travail doit être reconsidérée. Au cours de la pandémie, on a constaté que la mondialisation avait grandement ouvert les frontières, le coronavirus, infiniment petit, a fermé les frontières, a empêché la circulation et ralenti l’activité économique au point que les Nations les plus puissantes avaient besoin d’aide et d’assistance. Donc, la leçon à tirer de cette situation et qu’aucune Nation, si forte soit elle, ne peut se passer de la solidarité. Aucune Nation, si faible soit-elle, ne démérite pas de la solidarité''.

''Donc, poursuit-il, ''intégrons la solidarité dans la gouvernance mondiale. Voilà la leçon principale que nous devons tirer de cette pandémie, en attendant.’’

Relativement à la hausse des prix dans une situation de crise alors qu’il n’a été enregistré aucune hausse de salaire, ledit syndicaliste d’inviter l’État du Sénégal à rectifier le tir concernant ses politiques d’allègement pour soulager les populations.

‘’L’État a pris des mesures pour la hausse des prix. Ces mesures sont sorties de la réunion du Comité national de la consommation, à l'issue de laquelle l’État a renoncé à un certain nombre de taxes et de droits douaniers qui remontent à 47 milliards. Cette approche n’est pas nouvelle, l’État a eu à le faire il y a une dizaine d’années, mais le but escompté n’était pas atteint. C’est la raison pour laquelle nous avons dit ‘’reconduire les mêmes erreurs pose problème. Il faudrait qu’on mette en place un dispositif de contrôle pour que les efforts de l’État soient sentis par le consommateur. Parce que cela n’a pas été le cas à l’époque. L’État avait fait des efforts. Mais, ces efforts sont tombés dans la poches d’autres acteurs. On s’est dit qu’il faudrait que, premièrement, le dispositif de contrôle et de mise en œuvre de cette décision soit efficace. Deuxièmement, il faudrait qu’on réfléchisse sur l’approche de la production'’, a dit Mr Cheikh Diop. 

Dans cet entretien accordé à Dakaractu, il dit penser avec ses camarades de la Cnts/Fc ‘’que subventionner la consommation n’est pas pertinente, et qu’il faut subventionner la production et créer les conditions de subventionner la production pour qu’il y ait des produits abondants et des récoltes abondantes. C’est ainsi qu’on peut avoir des prix abordables au niveau de la consommation. Réfléchissons donc sur cet axe de subvention de la production au lieu de subventionner la consommation’’, préconise le secrétaire général de la Cnts/Fc.

Il reconnait, cependant, l’urgence qui explique cette mesure prise par l’État. ‘’À l’heure actuelle, on ne peut pas attendre la mise en œuvre de cette politique de subventionner la production parce que l’urgence est là. On a renoncé à des taxes, mettons en place un dispositif de contrôle qui puisse permettre d’atteindre les objectifs visés par ce renoncement de taxes’’.
Lundi 4 Octobre 2021
Dakaractu



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