Saly / Environnement : "Les fonds existent mais les pays africains se plaignent toujours quant à leur accès!"(El Hadj Mbaye Diagne, ministère de l'environnement)


Un atelier sur l'initiative sous nationale de financement climatique en Afrique et le renforcement des capacités pour des propositions de projets d'investissement, a réuni plusieurs acteurs. Ces deux thèmes ont été développés pour chercher des solutions face aux difficultés des pays en voie de développement dans la lutte contre les changements climatiques et les effets de gaz.
 
Face à la presse, Nana Touré Sy, directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Uicn de souligner :
"Le Fonds sous-national est un fonds d’assistance technique pour mobiliser le secteur privé sur les questions climatiques et environnementales. En mettant en avant la nature transversale de la question environnementale et climatique, mais aussi en amenant les pays au niveau local, au niveau national et au niveau du secteur privé, à travailler ensemble pour mobiliser la question environnementale sur les questions de développement durable.
Au niveau continental, le projet cible l’Amérique Latine et les Caraïbes, l’Asie, 18 pays d’Afrique et la région Méditerranéenne. C’est des pays qui ont déjà souscrit au Fonds Climat vert et qui peuvent également bénéficier de ce Fonds d’Assistance technique qui est cogéré par l’Uicn et le R20 pour l’Assistance technique aux pays. Laquelle a pour objet de ramener les projets d’investissement à niveau pour mobiliser le secteur privé à investir dans les projets nationaux. Il s’agit donc de renforcer les capacités des pays à formuler des projets nationaux. 
L’objectif du Fonds est d’apporter une assistance technique aux porteurs de projets qui peuvent mobiliser le secteur privé."
 
Present sur les lieux, Oumar Bâ, président de l’Ams est  revenu sur les conséquences des changements climatiques et leurs difficultés à faire face ...
"Les conséquences des changements climatiques se lisent essentiellement au niveau des territoires. C’est pour cette raison que les initiatives contre les changements climatiques et pour le développement durable doivent se construire à partir de ces territoires. Si nous avons des territoires résilients, nous aurons un Sénégal résilient. Et pour construire ces solutions de résilience, nous avons besoin de moyens en dehors de nos budgets traditionnels. Mais il faut dire que les modalités d’accès à ces financements sont très difficiles et ne sont pas souvent à la portée des collectivités. C’est pourquoi cette initiative est importante ; elle met en présence les responsables de l’État, les partenaires financiers, les collectivités territoriales pour qu’on puisse échanger sur les voies et moyens qui permettraient aux Ct de pouvoir accéder aux financements et de construire leurs projets de résilience et de souveraineté alimentaire. Nous sommes là pour faire entendre la voix des collectivités territoriales et définir les modalités que nous proposons et qui seraient plus simplifiées pour nous permettre de construire des solutions de résilience et de souveraineté alimentaire."
 
Cependant le représentant du ministère de l'environnement de souligner les difficultés des pays africains à accéder aux financements qui sont d'ordre multiple.

" On est en train de parler de financements, plus particulièrement de financements innovants en faveur du secteur privé et des collectivités territoriales notamment dans les domaines liés aux Cc que sont l’adaptation aux effets néfastes du Cc ainsi que la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Quand on parle de cela, le nerf de la guerre en ce qui concerne les pays en développement, c’est le financement qui fait que nos populations ont des difficultés à faire face aux effets néfastes des changements climatiques. Mais aussi, à participer efficacement à l’effort global de la communauté internationale. Le financement est au cœur de la lutte contre le changement climatique pour d’une part, aider les populations à faire face à ces événements. Et d’autre part, à participer à l’effort global de la communauté.

L’assistance technique,

les fonds existent et sont de plusieurs nature ; il y a le Fonds vert Climat, le Fonds pour l’Environnement mondial, le Fonds d’Adaptation ainsi que plusieurs autres fonds. Mais les pays en développement et plus particulièrement, les pays africains, se plaignent toujours des difficultés d’accès à ces fonds. Ce qui est vrai parce que préparer un projet et justifier que la situation est le résultat du changement climatique et que le projet permettra de faire face à ses effets et régler le problème, est assez difficile. Parce qu’il faut des données scientifiques sûres et des données évidentes, des faits pour justifier le financement de tels projets. Parce qu’aussi, tous ceux qui financent les changements climatiques voudraient qu’une fois le projet mis en œuvre, qu’il y ait un réel impact sur les populations les plus vulnérables. Et on doit s’assurer dans la préparation de ce projet que tous ces faits sont justifiés et correctement documentés. C’est tout cela qui fait que c’est difficile. D’une part, on a des difficultés de disponibilité d’informations, on a des problèmes de données. Aussi, on a une absence d’expertise pour la préparation de ces projets ; chaque fois que des projets de cette nature doivent être menés, souvent c’est des consultants extérieurs qui viennent le réaliser. Et ils coûtent cher ! Ce qui fait qu’une petite Ong, une petite association n’a pas les moyens de payer ces consultants. Maintenant, préparer les collectivités locales, les développeurs de projets locaux ou encore, le secteur privé local à développer ce type de projets, à justifier tous les événements et toutes les requêtes exigées par les bailleurs dans le cadre de la préparation de ces dossiers permettra une plus large diffusion et une plus large participation des acteurs", a martelé El Hadj Mbaye Diagne... 
Mercredi 15 Mars 2023
Dakaractu