Saly /Education: « La formation continue des enseignants est le pivot de la souveraineté cognitive de l’Afrique » , Moustapha Mamba Guirassy


Face aux partenaires techniques et financiers, aux acteurs éducatifs et aux représentants de plusieurs pays africains et européens, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a livré un message sans détour : la transformation du système éducatif africain passera inévitablement par ses enseignants.
 
« Les enseignants constituent le socle, le pivot à partir duquel la transformation de notre continent se fera », martèle le ministre au micro de Dakaractu. Une déclaration forte qui replace la formation continue au cœur des priorités publiques, bien au-delà des discours souvent convenus.
 
Dans un contexte où la quête de souveraineté s’impose dans tous les secteurs, Moustapha Mamba Guirassy insiste sur une dimension souvent négligée : la souveraineté cognitive. « Il ne s’agit pas seulement de former, mais de savoir pourquoi et comment former », souligne-t-il, appelant à aligner les contenus pédagogiques sur les aspirations profondes des populations africaines.
L’initiative IFADEM, au cœur des échanges, apparaît dès lors comme un levier stratégique. Grâce à une approche hybride mêlant numérique et supports traditionnels, elle permet d’atteindre les enseignants jusque dans les zones les plus enclavées, loin des capitales. Une avancée saluée unanimement.
 
Mais derrière cet enthousiasme, une exigence se dessine : celle de la cohérence. Intervenant en marge des travaux, Sophie Pham Holliday, en mission pour l’Assemblée parlementaire de la Francophonie depuis Bruxelles, met en garde : « Il faut une corrélation très proche entre les actions et le discours. »
 
Un rappel qui sonne comme un défi pour les États engagés dans cette dynamique régionale portée par la facilité RTIA, impliquant notamment le Sénégal, le Bénin et la République démocratique du Congo.
 
Forte de plus de 17 ans d’expérience en RDC, l’initiative affiche aujourd’hui une maturité suffisante pour passer à l’échelle supérieure. L’enjeu est désormais clair : capitaliser les acquis, mutualiser les bonnes pratiques et transformer les résultats en politiques publiques durables.
 
À Saly, le message est limpide : l’heure n’est plus aux expérimentations isolées, mais à une véritable industrialisation de la formation continue des enseignants. Car derrière chaque enseignant formé, c’est toute une génération qui se construit  et, avec elle, l’avenir du continent.
Mardi 21 Avril 2026
Dakaractu