Entre Ousmane Ndiaye, qui revendique ouvertement une ambition municipale et se réclame de l’esprit du projet, et Mamadou Diallo, coordonnateur communal de Pastef Saly, qui affirme ne pas le reconnaître comme responsable du parti, le malaise est désormais exposé au grand jour.
À Saly, la bataille politique prend une nouvelle tournure. Deux discours diamétralement opposés se font désormais face, avec en toile de fond une question centrale : qui peut réellement parler au nom de Pastef dans la commune ?
Dans une déclaration adressée à l’opinion, Mamadou Diallo, présenté comme coordonnateur communal de Pastef Saly, est catégorique. Selon lui, Ousmane Ndiaye ne ferait partie ni des responsables des cellules de base, ni du bureau exécutif communal du parti.
Plus loin, il affirme que le nom d’Ousmane Ndiaye ne figurerait pas, à ce jour, sur les fichiers de vente des cartes de membres de Pastef à Saly et que celui-ci ne participerait pas aux activités de la formation politique dans la commune.
Une mise au point qui ressemble à un véritable coup de balai politique.
« À l'heure que j'écris ces mots, M. Ousmane Ndiaye n'est pas responsable de Pastef Saly pour prétendre être candidat au nom de Pastef Saly », soutient Mamadou Diallo.
En face, Ousmane Ndiaye affiche une tout autre posture
Dans une intervention consacrée notamment à ses activités sociales à travers son mouvement NCO, Ousmane Ndiaye revendique une opération de financement destinée, selon ses propos, à accompagner les femmes et les jeunes.
Il évoque 10 000 femmes issues de 142 villages des îles du Saloum, avec un financement annoncé de départ de 500 millions de FCFA, tout en affichant l'ambition d'atteindre plusieurs milliards.
Mais c'est lorsqu'il est interrogé sur ses ambitions politiques à Saly que le ton change.
À la question de savoir s'il nourrit une ambition pour la mairie, sa réponse est sans détour : « La mairie-là m'appartient déjà. »
Ousmane Ndiaye revendique ainsi une ambition municipale assumée et développe un discours fondé sur le renouvellement politique, l'ouverture et le dépassement des appartenances communautaires.
« Saly appartient à tout le monde. Le Sénégal appartient à tout le monde », affirme-t-il notamment.
Le véritable point de friction : Pastef
C'est précisément là que le contraste devient saisissant.
D'un côté, Ousmane Ndiaye tient un discours politique et affirme clairement son ambition pour Saly.
De l'autre, Mamadou Diallo affirme publiquement que Pastef Saly ne le reconnaît pas comme responsable du parti et qu'il ne pourrait donc pas prétendre porter la candidature de la formation au niveau communal.
Le parti lui-même rappelle, dans ses communications nationales récentes, l'importance de ses structures militantes et de la formation de ses responsables.
Dès lors, une interrogation s'impose : Ousmane Ndiaye parle-t-il en son nom propre, au nom de son mouvement NCO, ou entend-il également porter une légitimité Pastef à Saly ?
Pour l'heure, les deux déclarations ne racontent manifestement pas la même histoire.
Un rififi qui risque de peser sur la bataille municipale
À mesure que les ambitions municipales se précisent à Saly, cette controverse pourrait devenir un sujet politique majeur.
Car au-delà de la personne d'Ousmane Ndiaye, c'est la question de la légitimité politique, de l'investiture et de la représentativité locale qui se retrouve posée.
Mamadou Diallo brandit la structuration interne de Pastef Saly comme élément de légitimité.
Ousmane Ndiaye, lui, met en avant son action sociale, son mouvement NCO, ses financements annoncés et surtout une ambition municipale qu'il assume publiquement .
Deux récits. Deux légitimités revendiquées. Une seule commune.
Et au milieu, une question qui pourrait rapidement devenir incontournable dans la perspective des prochaines échéances locales : qui portera réellement les couleurs de Pastef à Saly ?
Pour l'instant, une chose est certaine : le débat est lancé, et il risque d'être électrique.