Saint Louis : Plaidoyer en faveur de la revalorisation du typha, plante dite nuisible et envahissante (acteurs)


Décrite comme une plante envahissante et nuisible, le typha est loin de l’étiquette qui lui est collée. C’est du moins ce qu’a tenté d’expliquer Mamadou Mbaye, un des exploitants de cette plante, à Dakhar Bango. Ladite plante, un roseau à croissance rapide dont la prolifération dans certains cours d’eau au Sénégal s’est fortement accélérée qui est perçue par plus d’un comme un fléau. Une perception que ne partage pas M. Mbaye qui dit avoir hérité de ses parents, comment valoriser le typha.


‘’Le typha est une fibre qui, sous l’effet du vent, est disséminé dans l’espace. Une fois en contact avec de l’eau stagnante il peut facilement s’y adapter et entamer son développement. C’est donc le vent qui l’a conduit à Dakar et dans certaines localités du pays, mais c’est une plante qui ne trouve pas ses origines dans la capitale sénégalaise’’, a déclaré Mamadou Mbaye qui expliquait la présence massive de ces roseaux dans les bassins de rétention dans la Capitale. 

Une abondance de ces plantes qu’il assimile à une aubaine, une source de revenu à valoriser. ‘’Il nous faut, aujourd’hui, aller vers la valorisation du typha. Dans la localité où j’habite, l’on peut dénombrer plus d’une centaine de familles qui vit des retombées du typha. On l’utilise souvent dans nos champs ou dans nos demeures pour le remblaiement. On peut l’utiliser dans les zones où les terres sont salinisées pour y cultiver la terre, sans aucun problème. C’est dire donc que le typha est loin d’être cette plante nuisible et envahissante dont on parle. Elle est très utile. On peut l’utiliser, après l’avoir broyé en le transformant en aliment de bétail ou pour nourrir les poissons dans les piscicultures’’, a-t-il indiqué, ce mercredi 2 mars 2022, lors d’une rencontre qui portait sur la valorisation de ladite plante.


Partie prenante de cette rencontre, Massamba Gaye, chargé de projet services essentiels locaux énergie biomasse au Gret, était aux côtés d’autres acteurs du Sénégal et de la Mauritanie dans le cadre d’un autre atelier. C’était pour répondre à la problématique du Typha. ‘’L’idée est de voir comment contribuer à la transition énergétique et aussi à la lutte contre le changement climatique à travers la valorisation du ‘typha australis’ qui est, jusque-là, vu comme une plante invasive qui ne cesse d’envahir la vallée du Fleuve Sénégal’’.


Une valorisation qui s’appuie sur deux axes, a déclaré M. Gaye : ‘’D’abord la valorisation du typha en biocombustible et en matériau de construction. Donc, un biocombustible alternatif par rapport au charbon de bois et en matériau de construction pour promouvoir des bâtiments écologiques qui répondrait un peu à la question des changements climatiques’’.


Cette valorisation fait face à ces obstacles, a-t-il reconnu. D’où la volonté de ses collaborateurs et lui de faire en sorte ‘’que tout le monde comprenne l’importance du typha comme ressource à valoriser et tendre vers son utilisation. Comme biocombustible, le typha permet de réduire tout ce qui est gaz à effet de serre, monoxyde de carbone et impacte in fine sur la santé des usagers. Il y a aussi l’enjeu économique, parce que le biocombustible typha permet la création d’emplois, favorise le développement économique local’’.

Représentant du Medd à cette rencontre, Ernest Dione, dit avoir noté des avancées dans leur recherche consacrée au typha. ‘’Nous avons eu des avancées parce que, à ce jour, nous avons pu développer, un certain nombre de matériaux de construction qui ont abouti et qui sont en train d’être mis en œuvre dans un certain nombre de bâtiments construits au Sénégal et ailleurs. Cela est un premier résultat et nous poursuivons dans l’amélioration de la production de ces matériaux dans les bâtiments. Des bâtiments qu’on considère comme durables’’, indique-t-il.
Mercredi 2 Mars 2022
Dakaractu



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