Saint Louis : La condition sine qua non pour un retour des élèves en classe (Cusems)

L’école fait face à des perturbations. Cette situation est le fait des syndicalistes de l’enseignement secondaire qui ont entrepris une série de débrayages et de grèves générales pour pousser l’État à respecter les accords signés il y a 4 ans au profit des enseignants.


Rencontré à l’issue d’une réunion des enseignants et de leurs représentants syndicaux, ce mardi, Abdoulaye Ndoye, le Secrétaire général national du Cadre unitaire syndical des enseignants du Moyen et du Secondaire (Cusems) a interpellé de vive voix le président Macky Sall. Pour lui, celui-ci, est le seul à même de régler définitivement ce problème. 
 
 
‘’Nous sommes en période de crise. Les enseignants sont restés 2 ans sans aller en grève, et sans perturbations. Nous avons signé le protocole depuis le 30 avril 2018. Cela fait donc près de 4 ans. Et le constat est unanime : le gouvernement du Sénégal n’a manifesté aucune volonté politique dans le sens de matérialiser tous les accords de ce protocole, notamment la question du système de rémunérations’’, a dit M. Ndoye.  
 
Une question qui, à ses yeux, date de 2007 et qui avait été à l’origine de l’initiation d’une étude. 
 
L’occasion a été mise à profit par le syndicaliste pour porter la réplique à la présidente du Haut conseil du dialogue social, Innocence Ntap Ndiaye. ‘’Ses propos ne sont pas conformes à la réalité parce que c’est le point 4 du protocole d’accord. (…) Si ce qu’elle a dit est juste pour plaire à monsieur le président de la République, vraiment, elle perd son temps. Il faut vraiment oser dire la vérité au gouvernement : les élèves sont angoissés, les parents sont inquiets. L’école est paralysée. Je crois qu’aujourd’hui, la solution doit venir du président de la République. Maintenant, si ce sont ces gens qui donnent des conseils au président, c’est sûr qu’on va directement vers le chaos. ’’.
 
À l’en croire, ces manifestations sont légitimes et sont engagées pour les générations futures mais aussi pour la revalorisation de la fonction d’enseignant. ‘’Le combat que nous menons aujourd'hui est un combat pour l’équité et la justice sociale. C’est l’injustice et le traitement différencié des agents de l’État qui sont à l’origine des perturbations que nous connaissons. Ils doivent être traités avec impartialité, justice et équité’’. 
 
Ce qui, selon lui, est écœurant, c'est qu’au moment où l’école fait face à des perturbations, le gouvernement du Sénégal est en train d’octroyer des indemnités de 300.000, 400.000 F à d’autres corps qui sont de la même hiérarchie’’, a dit le syndicaliste qui fustige l’inertie du gouvernement face à leurs vieilles doléances. ‘’Cela traduit que l’école n’est pas une priorité pour le gouvernement et qu’à la limite, il méprise les enseignants’’, peste le Sg national du Cusems qui assimile cette attitude des autorités à une ‘’injustice’’ que les enseignants disent ne plus pouvoir accepter. 
 
‘’Nous ne serons plus les laissés pour compte de la fonction publique. Et ce combat, nous allons le mener. Il y a aussi l’amélioration de l’environnement scolaire. Parce que les enseignements travaillent aujourd’hui dans des conditions difficiles, avec des abris provisoires, des classes pléthoriques, un déficit de tables-bancs et d’enseignants, des écoles sans blocs sanitaires.  Si aujourd’hui, nous sommes dans cette situation, le seul et unique responsable, c’est le gouvernement du Sénégal. Les enseignants, les élèves et les parents sont des victimes. Et la politique éducative du Sénégal, depuis 10 ans, a été conduite de manière désastreuse. Il y a une incompétence doublée d’une incapacité. Ces soldats du savoir méritent d'être traités de manière convenable’’, a dit Abdoulaye Ndoye.

Attendus autour de la table des négociation ce jeudi, les responsables du Cusems disent ne rien attendre de cette rencontre avec les autorités étatiques. ‘’On n’attend rien de cette rencontre. Parce que déjà, le gouvernement fait du dilatoire, de la désinformation et de l’intoxication. (…). Le combat que nous menons c’est pour revaloriser la fonction enseignant. S’il plaît à Dieu, nous serons à la rencontre, mais nous n’attendons rien de cette rencontre. Et les enseignants l’ont dit : ‘’Nous restons mobilisés et engagés dans le combat et si le gouvernement veut la paix, la stabilité, il doit aller dans le sens de corriger les iniquités révélées par l’étude mais également la matérialisation de tous les accords consignés dans le protocole. Ils nous ont convoqués pour chercher à faire du cinéma. Cela ne passera pas’’, prévient-il, alors qu’il était entouré de ses camarades, responsables syndicaux locaux, à l’image de Henry Diatta et Cie.
Jeudi 3 Février 2022
Dakaractu




Dans la même rubrique :