SÉNÉGALAIS DEBOUT ! EST – IL PERTINENT DE DÉCELÈRER LA CADENCE ?


SÉNÉGALAIS DEBOUT ! EST – IL PERTINENT DE DÉCELÈRER LA CADENCE ?
Le discours tant attendu du président de la république de ce lundi 11 mai 2019, a, entre autres, suscité une problématique qui triture les méninges de plus d’un citoyen. En cette pandémie de COVID 19, il est, somme toute vrai, que nous devons apprendre à vivre avec le virus, mais cela devrait – il être le levain de la levée partielle de toutes cette batterie de mesures qui, quelque part, apeurent, si peu que l’on réfléchisse sur le comportement des sénégalais, qui, quelquefois, est si apeurant dès lors qu’on suive l’évolution de la courbe de progression de la maladie. 
Nombreux sont nos concitoyens qui, malgré la gravité de l’heure, n’en ont cure. Cette indiscipline caractérisée portée en bandoulière, doublée d’une inconscience propre aux ignares, voire aux fadas, arrimée à un égoïsme spécifique, épithètes de bon nombre de nos concitoyens, sont autant de vecteurs, malheureusement, propices à l’installation sûre et progressive de ce malheur qui hante les nuits de l’humanité.   

L’heure est grave ! dit l’imagerie populaire. Je dirais même : « gravissime ». Cette gravité de la situation sanitaire que nous vivons, au regard des chiffres de la nette croissance des personnes atteintes au jour le jour, laisse penser – nous ne le souhaitons pas – à une porte ouverte aux dérapages. À cette date du 11 mai 2020, la progression des cas positifs et la propagation des cas communautaires sur le territoire national sont réelles : 1886 cas déclarés positifs, 8 cas communautaires, 19 décédés ; au 10 mai, 1709 cas positifs, 05 cas communautaires et 18 décédés ; le 09 mai, on a noté 1634 positifs, 14 cas communautaires et 15 décédés. Du coup, qu’il me soit permis de livrer quelques remarques.
 
L’analyse de l’évolution des cas communautaires, équations paramétriques à plusieurs inconnues, parce que sujets à des ramifications difficilement mesurables, pourraient -  que dis – je ? – être la source des dysfonctionnements qui annihileraient  tant d’efforts fournis par les vaillants Sénégalais restés debout dans leur secteurs d’activités dès les premiers signes d’apparition de l’ennemi ; je parle des autorités, du citoyen lambda chevillé sur les consignes officielles, des étudiants qui se subliment par une série de découvertes scientifiques, du personnel médical sénégalais dans toutes ses composantes et tutti quanti. Efforts consentis au prix d’un chapelet de sacrifices de ces ressources humaines résultant d’une synergie de volonté, d’ardeur au travail, et de recherches quant à la prophylaxie et à la prévention du COVID 19.   

Nous sommes apeurés par autant de comportements grossiers en porte – à –faux avec la lutte pour l’éradication de ce fléau. Comportements impertinents que seules des décisions étatiques fermes, dissuasives et porteuses de sanctions sévères, peuvent dissiper. Il n’est point acceptable que leurs auteurs qui bravent les interdits ne soient pas sévèrement punis conformément à la loi. La santé de notre communauté vaut plus que l’or du monde. 
Or donc, l’État, symbolisé par son Excellence Monsieur le président de la République, ne devait nullement fléchir dans sa charge de garant de la sécurité, de l’éducation et de la santé publiques, quelles que soient les formes de pressions subies. La divergence de position étant consubstantielle à la marche de toute collectivité. 

La réouverture des lieux de cultes, bien qu’assortie de conditions, pose problème. Sommes - nous si disciplinés pour respecter à la lettre les mesure – barrières utiles pour faire face, ou est-ce que la logistique inhérente à la prévention du COVID 19 serait suffisamment garantie. La distanciation sociale pourrait – elle être respectée ? Ma crainte afférente à cette règle est plus que jamais fondée dans la mesure où, nombreux sont ces fidèles qui répugnent à s’aligner correctement dans les rangées pour peu qu’on leur fasse ce bref rappel avant la prière dans la mosquée. Alors que la discipline et l’humilité doivent régir la conduite du musulman, à fortiori durant la prière. Le prophète de l’islam qui a vécu une période de pandémie a appliqué le confinement et la mise en quarantaine chez ses contemporains atteints pour venir à bout de l’épidémie ; un exemple aussi édifiant qui pourrait nous servir de modèle. L’Arabie Saoudite, berceau de l’islam, a même interdit le pèlerinage cette année ; le Maroc (plus de 30 millions de musulmans), la Turquie (plus de 60 millions de musulmans) ; l’Iran (environ 80 millions de musulmans), pour ne citer que ceux – là n’en ont pas moins fermé leurs mosquées. J’avoue qu’à ce niveau, je suis dubitatif par rapport l’atteinte de notre objectif.

L’ouverture des marchés – six jours sur sept - est aussi apeurant qu’en ce sens qu’au regard de leur environnement, rien ne présage ou garantit un frein à la propagation du virus. La configuration de ces milieux combinée aux comportements des travailleurs, l’hygiène plus ou moins douteuse qui y a toujours fait légion, - rien qu’un coup d’œil sur leurs édicules - suscitent crainte et interrogations multiples.  Bien que toutes les forces soient jointes pour vaincre l’ennemi, il est impératif que chacun y aille de sa propre responsabilité. Bien vrai que le « goorgoorlu » qui vit au jour le jour ne pouvant relever le défi de s’approvisionner hebdomadairement. Les marchés demeurent le creuset de tous les dangers. Beaucoup de choses sont à revoir à ce niveau. 

Abordant la question de l’éducation, il faut le reconnaitre, l’idée de l’année blanche est à bannir de notre subconscient. Des mesures de préparation psychologique, logistique, et organisationnelle s’imposent.  Cette nouvelle rentrée du 02 Juin 2020, dévolue aux élèves en classes d’examens, interpelle toutes les composantes de la famille éducative. Je dis : enseignants, élèves, parents d’élèves, partenaires sociaux et autorités de tutelle. 

Après ces vacances forcées, imposées par l’ennemi, la peur est dans le camp de tous. Comment y remédier ? Impossible de travailler dans l’angoisse et la crainte, par conséquent, il faut que tous les maillons de cette chaine travaillent en fast – track et en parfaite intelligence pour instaurer ce climat ambiant et naturel propice à l’épanouissement des apprenants. Avoir en ligne de mire que l’école est aussi le milieu de socialisation de l’élève qui y répand ses penchants psycho – affectifs, naturellement parmi ses pairs.  

Pour ma part, l’expérience des classes à double flux pourrait être revisitée lorsque la reprise totale sera effective, faute du nombre de salles appropriées. Faudrait – il aussi penser à réquisitionner tous les enseignants de l’élémentaire et éclater les effectifs des classes de CM 2, afin que les enseignements puissent dispenser les cours dans le strict respect des mesure - barrières. Et last but not least, que tout le monde veille à ce qu’ils soient qualitatifs ! Que l’État, dans sa politique de subvention à accorder à l’école, de manière générale, accélère cette procédure pour que ceux - ci, à fortiori ceux qui n’ont pas pu percevoir les 70 % de leur salaire, comme convenu, soient dans les conditions optimales d’exercice de leur métier.

Aussi, il convient de conjuguer les actions du service des Sapeurs-pompiers, du Service d’hygiène national, des collectivités territoriales dont leurs substantielles contributions devraient servir d’appuis – inputs – à ces corps de secours.

À l’endroit des psychologues, psycho – sociologues, et sociologues, je voudrais saisir l’opportunité que voici, pour leur lancer l’ appel du devoir, c’est-à-dire, les inviter à participer, entre autres, à cet effort de guerre, en descendant chacun en ce qui le concerne dans sa commune et accompagner aussi bien les élèves que les enseignants, par leur expertise dont l’éducation a plus que jamais besoin en ces temps de crise, dans un discours véridique, pour dissiper cette peur ambiante et installer la confiance chez tous. Vivement qu’ils se mettent volontairement au service des écoles de leurs localités. C’est l’humble avis du citoyen, président d’une association de parents d’élèves que je suis.
Au demeurant, le génie qui dort chez toute personne, campé sur les intelligences multiples spécifiques à l’être humain, est boosté par cette maladie à CORONAVIRUS, car c’est dans les épreuves, que naissent les signaux lumineux sous - jacents au déclic révolutionnaire propre à la sphère des sciences, je parle des indicateurs du développement. C’est cela aussi un des aspects de la fibre patriotique qui cimente notre COMMUN - VOULOIR - DE – VIE - COMMUNE.
Que Dieu, dans son infinie miséricorde, nous préserve, rebatte les cartes de l’équité, de la solidarité, dans un monde plus juste, où l’Humain retrouve sa prépondérance sur tout, et nous dote de l’arme fatale au COVID 1 !
Sénégalais debout !

Mame Abdoulaye TOUNKARA
Citoyen sénégalais
Mercredi 13 Mai 2020
Dakaractu



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