Bétonnage du littoral, prolifération des installations, bases nautiques contestées, assainissement défaillant et colère des acteurs touristiques : à Saly, les témoignages recueillis par Dakaractu Mbour dressent un tableau accablant de la gestion de la station balnéaire. Autant de dysfonctionnements dénoncés qui interpellent directement le bilan du directeur général sortant de la SAPCO et de son équipe. Désormais aux commandes, Babacar Mbengue est attendu sur le terrain de la rupture et de la remise en ordre.
SALY — La facture d’une gestion contestée ?
À Saly, la plage est devenue le théâtre d’une colère qui ne cesse de monter. Ce qui devrait constituer l’un des principaux atouts de la capitale touristique du Sénégal ressemble, aux yeux de plusieurs professionnels et acteurs locaux interrogés par Dakaractu Mbour, à un espace où les installations se multiplient, où le béton gagne du terrain et où les règles d’occupation sont ouvertement questionnées.
Derrière ce constat, une question s’impose : comment la situation a-t-elle pu atteindre un tel niveau sous la responsabilité de l’ancienne direction de la SAPCO ?
Les témoignages recueillis sur le littoral mettent en cause des choix d’aménagement, un déficit présumé de contrôle et une concertation jugée insuffisante avec les professionnels comme avec les populations locales. Autant de sujets qui engagent le bilan de l’équipe sortante et appellent des explications précises.
Le béton sur la plage, symbole d’un aménagement contesté
Jason Louis, gérant d’Extreme Jet Sénégal, affirme avoir respecté, depuis son installation il y a cinq ans, des exigences imposant des structures démontables. Il déplore aujourd’hui l’apparition de dalles en béton sur plusieurs emplacements du littoral, alors que, selon lui, les contrats initiaux ne permettaient pas ce type de construction.
Son témoignage soulève une interrogation fondamentale : les règles étaient-elles les mêmes pour tous les opérateurs sous l’ancienne direction ?
Qui a autorisé ces installations ? Quels contrôles ont été effectués ? Les occupations et constructions observées étaient-elles conformes aux autorisations délivrées ?
Ces questions doivent être adressées à la SAPCO et aux services compétents. Car si des installations ont été réalisées en violation des prescriptions applicables sans intervention des responsables chargés du contrôle, c’est toute la chaîne de gestion et de surveillance du domaine concerné qui mérite d’être examinée.
Des installations qui se multiplient, un contrôle qui interroge
Le constat est également sévère chez Jules Fall, qui se présente comme agent de la SAPCO. Il dénonce une multiplication des restaurants, buvettes et bases nautiques, ainsi que des occupations qu’il qualifie de sauvages.
Il décrit un climat de mécontentement qui toucherait les investisseurs, les acteurs touristiques, les populations et même des agents de la société.
Ce témoignage donne une dimension supplémentaire au dossier : le malaise ne viendrait pas uniquement des opérateurs installés sur la plage, mais toucherait également des personnes qui connaissent le fonctionnement de la société d’aménagement.
Si ces alertes se confirment, elles posent la question de l’efficacité du dispositif de contrôle sous la direction précédente. Car une station balnéaire ne peut être aménagée durablement si les autorisations, les distances réglementaires, les normes de construction et les obligations des exploitants ne sont pas effectivement contrôlées.
L’assainissement, l’autre bombe à retardement
Plus inquiétant encore, des témoignages font état de refoulements d’eaux usées sur la plage lors des pluies, avec des déchets sanitaires qui se retrouveraient sur le sable et, potentiellement, dans le milieu marin.
Si ces faits sont confirmés par les services techniques et environnementaux, ils constitueraient une alerte sanitaire et écologique majeure.
Comment des installations touristiques peuvent-elles fonctionner dans de telles conditions ? Le réseau a-t-il été correctement conçu, réalisé et entretenu ? Qui assure son suivi et son contrôle ?
Là encore, le sujet dépasse le simple incident technique. Il appelle un audit de l’assainissement du littoral, des équipements réalisés et des responsabilités respectives des intervenants.
La précédente direction ne peut être exonérée de toute question sur le suivi des aménagements réalisés pendant son mandat. Pour autant, l'établissement des responsabilités suppose de vérifier les dates des travaux, les marchés concernés, les réceptions techniques et les rapports de contrôle.
Les populations locales dénoncent le manque de concertation
À Saly Niakh Niakhal, Ibrahima Diagne, président du comité de gestion des plages, exprime lui aussi son incompréhension devant certaines installations réalisées sans concertation suffisante, selon lui, avec les représentants locaux.
Son propos est clair : les populations ne réclament pas l'arrêt de l'activité touristique. Elles veulent que les opportunités économiques profitent également aux habitants, dans un cadre organisé et sécurisé.
Cette revendication renvoie à une responsabilité essentielle de l'aménagement touristique : associer les communautés concernées aux décisions qui transforment leur cadre de vie.
L'ancienne direction de la SAPCO doit donc aussi être interpellée sur la place accordée aux populations dans la gestion du littoral. Les autorisations, les critères d'attribution des emplacements et les mécanismes de concertation méritent d'être clarifiés.
Babacar Mbengue face au passif de son prédécesseur
Aujourd'hui, la nomination de Babacar Mbengue à la tête de la SAPCO ouvre une nouvelle séquence. Mais le changement de directeur ne suffira pas à lui seul à régler les difficultés dénoncées sur le terrain.
Le nouveau patron hérite d'un dossier sensible : occupations du littoral contestées, interrogations sur les constructions en béton, inquiétudes autour de l'assainissement et défiance exprimée par plusieurs acteurs.
Son défi sera de rétablir la confiance, de faire vérifier la conformité des installations, de clarifier les autorisations et de restaurer une concertation crédible avec les professionnels et les populations.
Il lui faudra également faire la lumière sur les décisions prises sous l'ancienne direction, sans préjuger des responsabilités individuelles avant vérification.
Car la rupture promise ne peut se limiter à un changement de visage au sommet de la SAPCO : elle doit se traduire par des actes, des contrôles et des résultats visibles sur la plage.
Le bilan sortant face à ses questions
Le dossier de Saly pose finalement une question politique et administrative majeure : quel état des lieux la direction sortante laisse-t-elle derrière elle ?
Les témoignages recueillis par Dakaractu Mbour mettent en évidence des dysfonctionnements présumés qui méritent des réponses. Ils appellent notamment la publication ou la vérification des autorisations d'occupation, le contrôle des constructions, l'examen des réseaux d'assainissement et l'évaluation des mécanismes de surveillance du littoral.
La SAPCO, les services de l'État et les autres organismes compétents doivent pouvoir apporter leur version des faits et préciser les mesures prises ou envisagées.
À Saly, l'heure n'est plus aux discours de circonstance. Elle est à l'inventaire, à la vérification et à la remise en ordre.
Le DG sortant et son équipe doivent répondre aux interrogations soulevées par leur gestion. Le nouveau directeur, lui, est attendu sur sa capacité à corriger ce qui doit l'être.
Car la plage de Saly n'appartient ni à une direction, ni à quelques exploitants, ni à des intérêts particuliers. Elle constitue un patrimoine touristique, économique et environnemental dont dépend une partie de l'avenir de la station balnéaire.
Si la gestion passée a laissé des failles, le devoir de la nouvelle direction est désormais de les identifier, de les corriger et de garantir que les mêmes dérives ne se reproduisent plus.
SALY — La facture d’une gestion contestée ?
À Saly, la plage est devenue le théâtre d’une colère qui ne cesse de monter. Ce qui devrait constituer l’un des principaux atouts de la capitale touristique du Sénégal ressemble, aux yeux de plusieurs professionnels et acteurs locaux interrogés par Dakaractu Mbour, à un espace où les installations se multiplient, où le béton gagne du terrain et où les règles d’occupation sont ouvertement questionnées.
Derrière ce constat, une question s’impose : comment la situation a-t-elle pu atteindre un tel niveau sous la responsabilité de l’ancienne direction de la SAPCO ?
Les témoignages recueillis sur le littoral mettent en cause des choix d’aménagement, un déficit présumé de contrôle et une concertation jugée insuffisante avec les professionnels comme avec les populations locales. Autant de sujets qui engagent le bilan de l’équipe sortante et appellent des explications précises.
Le béton sur la plage, symbole d’un aménagement contesté
Jason Louis, gérant d’Extreme Jet Sénégal, affirme avoir respecté, depuis son installation il y a cinq ans, des exigences imposant des structures démontables. Il déplore aujourd’hui l’apparition de dalles en béton sur plusieurs emplacements du littoral, alors que, selon lui, les contrats initiaux ne permettaient pas ce type de construction.
Son témoignage soulève une interrogation fondamentale : les règles étaient-elles les mêmes pour tous les opérateurs sous l’ancienne direction ?
Qui a autorisé ces installations ? Quels contrôles ont été effectués ? Les occupations et constructions observées étaient-elles conformes aux autorisations délivrées ?
Ces questions doivent être adressées à la SAPCO et aux services compétents. Car si des installations ont été réalisées en violation des prescriptions applicables sans intervention des responsables chargés du contrôle, c’est toute la chaîne de gestion et de surveillance du domaine concerné qui mérite d’être examinée.
Des installations qui se multiplient, un contrôle qui interroge
Le constat est également sévère chez Jules Fall, qui se présente comme agent de la SAPCO. Il dénonce une multiplication des restaurants, buvettes et bases nautiques, ainsi que des occupations qu’il qualifie de sauvages.
Il décrit un climat de mécontentement qui toucherait les investisseurs, les acteurs touristiques, les populations et même des agents de la société.
Ce témoignage donne une dimension supplémentaire au dossier : le malaise ne viendrait pas uniquement des opérateurs installés sur la plage, mais toucherait également des personnes qui connaissent le fonctionnement de la société d’aménagement.
Si ces alertes se confirment, elles posent la question de l’efficacité du dispositif de contrôle sous la direction précédente. Car une station balnéaire ne peut être aménagée durablement si les autorisations, les distances réglementaires, les normes de construction et les obligations des exploitants ne sont pas effectivement contrôlées.
L’assainissement, l’autre bombe à retardement
Plus inquiétant encore, des témoignages font état de refoulements d’eaux usées sur la plage lors des pluies, avec des déchets sanitaires qui se retrouveraient sur le sable et, potentiellement, dans le milieu marin.
Si ces faits sont confirmés par les services techniques et environnementaux, ils constitueraient une alerte sanitaire et écologique majeure.
Comment des installations touristiques peuvent-elles fonctionner dans de telles conditions ? Le réseau a-t-il été correctement conçu, réalisé et entretenu ? Qui assure son suivi et son contrôle ?
Là encore, le sujet dépasse le simple incident technique. Il appelle un audit de l’assainissement du littoral, des équipements réalisés et des responsabilités respectives des intervenants.
La précédente direction ne peut être exonérée de toute question sur le suivi des aménagements réalisés pendant son mandat. Pour autant, l'établissement des responsabilités suppose de vérifier les dates des travaux, les marchés concernés, les réceptions techniques et les rapports de contrôle.
Les populations locales dénoncent le manque de concertation
À Saly Niakh Niakhal, Ibrahima Diagne, président du comité de gestion des plages, exprime lui aussi son incompréhension devant certaines installations réalisées sans concertation suffisante, selon lui, avec les représentants locaux.
Son propos est clair : les populations ne réclament pas l'arrêt de l'activité touristique. Elles veulent que les opportunités économiques profitent également aux habitants, dans un cadre organisé et sécurisé.
Cette revendication renvoie à une responsabilité essentielle de l'aménagement touristique : associer les communautés concernées aux décisions qui transforment leur cadre de vie.
L'ancienne direction de la SAPCO doit donc aussi être interpellée sur la place accordée aux populations dans la gestion du littoral. Les autorisations, les critères d'attribution des emplacements et les mécanismes de concertation méritent d'être clarifiés.
Babacar Mbengue face au passif de son prédécesseur
Aujourd'hui, la nomination de Babacar Mbengue à la tête de la SAPCO ouvre une nouvelle séquence. Mais le changement de directeur ne suffira pas à lui seul à régler les difficultés dénoncées sur le terrain.
Le nouveau patron hérite d'un dossier sensible : occupations du littoral contestées, interrogations sur les constructions en béton, inquiétudes autour de l'assainissement et défiance exprimée par plusieurs acteurs.
Son défi sera de rétablir la confiance, de faire vérifier la conformité des installations, de clarifier les autorisations et de restaurer une concertation crédible avec les professionnels et les populations.
Il lui faudra également faire la lumière sur les décisions prises sous l'ancienne direction, sans préjuger des responsabilités individuelles avant vérification.
Car la rupture promise ne peut se limiter à un changement de visage au sommet de la SAPCO : elle doit se traduire par des actes, des contrôles et des résultats visibles sur la plage.
Le bilan sortant face à ses questions
Le dossier de Saly pose finalement une question politique et administrative majeure : quel état des lieux la direction sortante laisse-t-elle derrière elle ?
Les témoignages recueillis par Dakaractu Mbour mettent en évidence des dysfonctionnements présumés qui méritent des réponses. Ils appellent notamment la publication ou la vérification des autorisations d'occupation, le contrôle des constructions, l'examen des réseaux d'assainissement et l'évaluation des mécanismes de surveillance du littoral.
La SAPCO, les services de l'État et les autres organismes compétents doivent pouvoir apporter leur version des faits et préciser les mesures prises ou envisagées.
À Saly, l'heure n'est plus aux discours de circonstance. Elle est à l'inventaire, à la vérification et à la remise en ordre.
Le DG sortant et son équipe doivent répondre aux interrogations soulevées par leur gestion. Le nouveau directeur, lui, est attendu sur sa capacité à corriger ce qui doit l'être.
Car la plage de Saly n'appartient ni à une direction, ni à quelques exploitants, ni à des intérêts particuliers. Elle constitue un patrimoine touristique, économique et environnemental dont dépend une partie de l'avenir de la station balnéaire.
Si la gestion passée a laissé des failles, le devoir de la nouvelle direction est désormais de les identifier, de les corriger et de garantir que les mêmes dérives ne se reproduisent plus.