SAINT-LOUIS / Accidents et Naufrages en haute mer : Les pêcheurs de Saint-Louis se remettent en cause et invitent l’État à une réflexion sur la situation


SAINT-LOUIS / Accidents et Naufrages en haute mer : Les pêcheurs de Saint-Louis se remettent en cause et invitent l’État à une réflexion sur la situation
Un tour effectué dans Guet Ndar, un quartier situé dans la langue de barbarie, nous a permis de constater que les pêcheurs sont très préoccupés par la récurrence des accidents en haute mer. Un constat qui inquiète et indispose à la fois toutes les communautés de pêcheurs. De Guet-Ndar à Santhiaba  *en passant par Goxu-Mbathie,  Hydrobase et Gandiole, les chavirements de pirogue et disparitions de jeunes pêcheurs  alimentent les débats. Des corps échoués sur les berges ou du matériel de pêche ramassés après naufrage d’une ou de plusieurs embarcations, le dernier drame est survenu au large des côtes de Ziguinchor où  une dizaine  de ces jeunes pêcheurs a disparu ; une situation qui est devenue fréquente   dans ce secteur d’activités  et c’est pourquoi  les acteurs pensent que cela mérite une très grande  réflexion et des solutions immédiates. C’est dans ce contexte que prenant du bon temps sous des tentes de fortune dressées le long de la berge du petit bras du fleuve , les  pêcheurs de la Langue de Barbarie, adultes et adolescents analysent diversement les causes de ces chavirements de pirogue et autres accidents en mer enregistrés dans les zones de pêche du sud de la Casamance et dans le nord du pays.

À en croire Moustapha Dieng, Secretaire Général  du syndicat des pêcheurs artisanaux du Sénégal (SYNAPS), cette situation  est un phénomène cyclique, une période au cours de laquelle  on enregistre beaucoup de tourbillon au niveau des eaux maritimes de  la Casamance. Mr Dieng a aussi déploré que dans cette partie du pays, les professionnels de la pêche utilisent de petites embarcations communément appelées Diakartas , des pirogues   très rapides,  ce qui peut provoquer souvent des accidents mortels si toutefois  le vent souffle à  une grande vitesse .

Toujours dans cette atmosphère de détente  et de causerie quotidienne entre parents pêcheurs, d’autres ressortissants de la Langue de Barbarie  n’ont pas manqué de relever certaines  insuffisances au niveau de la fabrication des embarcations de type nouveau. Certes le design et les dimensions requises pour une pirogue normale sont présents, mais la stabilité adéquate et le temps de résistance aux fortes vagues restent encore à renforcer.

Selon Baye Dièye, pêcheur en activité en République Islamique de Mauritanie, les charpentiers utilisent maintenant du bois rouge pour la fabrication des pirogues et cette matière ne favorise pas une bonne navigation en cas de trouble en haute mer.

Dans le même ordre d’idées, Banda Kairé a aussi évoqué  le non respect des consignes météorologiques. Selon lui, jusqu’à présent certains pêcheurs n’accordent aucune importance au bulletin météo et optent d’affronter les vagues à leur risque et péril.

C’est pourquoi a-t-il ajouté, l’État doit sévir contre les auteurs de ces actes irresponsables.

Il faut souligner que les pêcheurs de Saint-Louis payent un lourd tribut dans ces accidents de la mer car plus de 300 d’entre eux ont péri en traversant le canal de délestage creusé au niveau de l’hydrobase à hauteur du village de Mouit dans la commune de Ndiébène Gandiol.  
Jeudi 13 Septembre 2018
Dakaractu



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