Risque d’implosion du Pds autour du Plan B : Macky Sall met la pression sur Me Wade


Ainsi, la Direction générale des élections a rejeté l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales. Elle a convoqué l'article L31 du code électoral qui dispose que ne doivent pas s’inscrire sur les listes les individus condamnés pour crime, ceux condamnés à une peine d'emprisonnement sans suris ou à une peine avec sursis d'une durée supérieure à un mois assortie d'une amende pour l'un des délits : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiant, détournement et soustraction, commis par les agents publics, corruption, et trafic de stupéfiants, contrefaçon et pour les délits supérieurs à une peine d'emprisonnement de cinq ans.  
La principale implication que postule la nouvelle donne est qu’au Parti démocratique sénégalais, le débat afférent à la désignation d’un plan B, en cas d’empêchement de Karim Wade, risque de refaire surface dans les tout prochains jours. Le cas échéant, il ne sera pas facile pour le parti sopiste de vider cette question. Cela peut même brusquer l’imposition du Pds avant le retour de Wade-fils, avec la vive polémique, à ce sujet, qui a secoué la dernière rencontre du comité directeur, la semaine passée.  Déjà, lors de la dernière édition du Grand Magal de Touba, le fait que Me Wade eût désigné Me Madické Niang « numéro 2 » avait charrié un vent de contestation avec la sortie de Babacar Gaye.

A moins que la géopolitique, avec l’implication du Qatar dans ce dossier, ne parvienne à désamorcer la bombe entre l’Apr et le principal parti d’opposition au Sénégal, Me Abdoulaye Wade peut porter son choix sur une personnalité non-encartée Pds et jusque-là politiquement neutre, pour incarner ce « plan B », tout comme il peut opérer un rapprochement avec d’autres leaders de la famille libérale, élargie à Idrissa Seck et à Pape Diop (deux autres candidats déclarés). Cette dernière hypothèse déboucherait difficile sur du concret, compte tenu du passé agité entre Idy et Karim autour du projet supposé de dévolution monarchique du pouvoir. Qui plus est, le fils de Wade ne serait pas prêt à faire confiance en l’ex-président du Sénat qui a contribué à l’éclatement du Pds juste après la perte du pouvoir avec la création de la coalition Bokk Gis Gis, devenu parti politique aujourd’hui.

La menace n’est pas écartée pour autant. Pour mémoire, même avec un pape du Sopi absent des listes, la coalition conduite par le Parti démocratique sénégalais s’était classée deuxième aux dernières législatives. Ce qui veut dire, en définitive, que le candidat qui obtiendra la bénédiction de Abdoulaye Wade en 2019 aura toutes les chances d’affronter Macky Sall en cas de second tour.

 
Lundi 2 Juillet 2018
Dakaractu



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