Révélations sur les sources de revenus de l'État islamique


Révélations sur les sources de revenus de l'État islamique
Après la débâcle, l'Etat Islamique a abandonné des documents qui, récupérés, peuvent révéler un pan de la méthode dont les djihadistes ont pu conduire sous leur jour l'administration dans les villes qu'ils ont eu à occuper en Irak et en Syrie. Journaliste spécialiste des groupes djihadistes, Rukmini Callimachi qui travaille pour le géant New York Times a pu mettre la main sur certains de ces documents lors de voyages qu'elle a pu faire en Irak après la perte de la ville de Mossoul par Abou Bakr al-Baghdadi et ses sbires. Ce qu'elle a découvert relève de l'invraisemblable. Les documents révèlent que contrairement à ce qui a été dit par des "vérités toutes faites", à savoir l'État islamique tirait ses revenus de la contrebande de l'or noir, le groupe terroriste faisait tourner son "État" avec la fiscalité.
En effet, l'article de notre consœur qui s'est appuyé sur des documents émanant du défunt département de l'Agriculture de plusieurs villes naguère contrôlées par l'État islamique en Irak, démontre comment chaque parcelle de terre, chaque graine semée a servi à financer et la machine de guerre du groupe terroriste. "La branche fiscale de l'État islamique a touché toutes les facettes de la vie à Mossoul. Les ménages en Irak ont ​​été taxés 2 000 dinars par mois (moins de 2 dollars) pour la collecte des déchets, 10 000 dinars (environ 8 dollars) pour 10 ampères d'électricité et 10 000 autres pour l'eau municipale", nous apprend l'enquête de Rukmini Callimachi.  "Les entreprises souhaitant installer une ligne fixe ont payé des frais d'installation de 15 000 dinars (environ 12 dollars) au bureau de télécommunications du groupe, suivis de frais d'entretien mensuels de 5 000 dinars", fait elle constater. 
Mais la taxe la plus lucrative, relève notre consœur, était la zakat (l'aumône), le troisième pilier de l'Islam qui, dans les villes contrôlées par l'État islamique, était obligatoire. Ce, même si tout le monde ne remplit pas les critères évoqués par les livres de jurisprudence islamique. C'est dire que contrairement à ce qui a été avancé, les jihadistes de l'État islamique n'avaient pas misé exclusivement sur le pétrole pour alimenter leur régime de terreur...
Vendredi 6 Avril 2018
Dakaractu




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